Les médias au Burundi comprennent la presse écrite, la radio, la télévision et les médias numériques. Ils diffusent principalement en kirundi, en français, en swahili et en anglais.

La radio demeure le moyen d'information le plus accessible dans un pays à population majoritairement rurale. Le paysage médiatique associe des organismes publics, des entreprises privées, des médias communautaires et des rédactions établies à l'étranger.

La crise politique de 2015 entraîne la destruction de plusieurs radios indépendantes et le départ en exil de nombreux journalistes.

Histoire La Radio nationale commence à émettre en 1960, durant la période du Ruanda-Urundi. Elle devient ensuite l'un des services de la Radio-Télévision nationale du Burundi (RTNB). Les premières radios privées apparaissent au milieu des années 1990, parmi lesquelles CCIB FM+ et Radio Umwizero.

La Télévision nationale du Burundi commence ses émissions en 1984 avec l'appui de la coopération française.

Après la fin du régime de parti unique, la libéralisation politique des années 1990 favorise la création de journaux et de radios privées. Radio Bonesha, la Radio publique africaine et Radio Isanganiro occupent une place importante dans le traitement de l'actualité politique et sociale durant les années 2000.

En avril 2015, les autorités limitent les reportages en direct consacrés aux manifestations contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. La Radio publique africaine est fermée et les émissions de plusieurs radios privées en dehors de Bujumbura sont interrompues.

Après la tentative de coup d'État de mai 2015, les installations de la Radio publique africaine, de Radio Bonesha et de Radio-Télé Renaissance sont attaquées et détruites. Plus de cent journalistes quittent le pays au cours des années suivantes. Radio Bonesha reprend ses émissions au Burundi en février 2021.

Cadre juridique et régulation La liberté de la presse est encadrée et la loi s'applique à la presse écrite, à l'audiovisuel et aux médias en ligne. La réforme de 2024 supprime les peines d'emprisonnement pour certains délits de presse, dont l'injure et l'imputation dommageable commises de bonne foi. Les infractions restent passibles d'amendes et d'autres sanctions.

Le Conseil national de la communication (CNC) régule la presse écrite, audiovisuelle et électronique. Il accorde les autorisations, contrôle le contenu des médias et peut prononcer des avertissements ou des suspensions. Ses membres sont nommés par le président de la République. Reporters sans frontières considère que l'institution reste étroitement soumise au pouvoir exécutif.

L'Agence de régulation et de contrôle des télécommunications (ARCT) attribue les fréquences et les autorisations techniques aux radios, télévisions et distributeurs de signaux.

Presse écrite La presse publique comprend Le Renouveau du Burundi, dont la ligne éditoriale accompagne l'action gouvernementale, et les publications de l'Agence burundaise de presse.

La presse privée et associative comprend : Iwacu, journal généraliste fondé en 2008 et publié sur papier et en ligne ; Burundi Eco, consacré à l'économie ; Net Press ; Ndongozi, lié à l'Église catholique ; Ubumwe.

Les publications Iwacu, Burundi Eco, Net Press, Le Renouveau, Ubumwe, Ndongozi et ABP Infos figurent parmi les principaux titres de la presse burundaise au début des années 2020.

Radio

La radio constitue le principal média d'information au Burundi. Elle touche les populations rurales et diffuse une grande partie de ses programmes en kirundi.

La RTNB exploite deux chaînes radiophoniques publiques. Les principales radios privées, confessionnelles ou communautaires sont Radio Isanganiro, Bonesha FM, Rema FM, CCIB FM+, Radio Culture, Radio Maria Burundi, Radio scolaire Nderagakura, Radio Agakiza, Radio Buja FM, Radio Ijwi ry'Umukenyezi et Radio Izere FM.

Au , l'ARCT recense 51 stations de radiodiffusion sonore. La majorité est établie à Bujumbura, tandis que des radios locales émettent depuis Gitega, Ngozi, Rumonge, Rutana, Makamba, Kayanza, Muyinga, Cibitoke et Ruyigi.

Radio France internationale dispose d'une fréquence au Burundi. La BBC et la Voice of America ont fait l'objet de restrictions ou d'interdictions de diffusion à partir de 2018 et 2019.

Télévision La Radio-Télévision nationale du Burundi exploite la Télévision nationale, principal média audiovisuel public. Elle diffuse des journaux et des programmes en kirundi, français, swahili et anglais.

En 2020, l'ARCT recense huit chaînes de télévision : la Télévision nationale du Burundi ; Heritage TV ; Rema TV ; Télévision Salama ; Citizen TV, diffusée par satellite ; Best Entertainment Television ; Mashariki TV ; Burundi Bwiza.

La distribution de chaînes payantes est assurée par Télé 10, StarTimes et Azam Média.

Médias numériques Les journaux, radios et télévisions développent leur présence sur Internet et sur les réseaux sociaux. La RTNB diffuse des contenus audiovisuels sur son site et par l'intermédiaire de son service Infonet. Iwacu, Burundi Eco, Net Press, SOS Médias Burundi, Yaga Burundi, Jimbere Magazine et La Nova Burundi publient des informations en ligne.

Au , le Burundi compte à Internet, dont plus de utilisent les réseaux mobiles. Le taux de pénétration d'Internet atteint 22,9 %, contre 11 % en 2020.

L'accès au réseau est marqué par une différence entre Bujumbura et les régions rurales. À la fin de 2023, la 3G couvre 50,6 % de la population et la 4G 32,18 %.

Liberté de la presse Le pluralisme médiatique est limité par la dépendance économique des rédactions, la surveillance exercée par le CNC, les restrictions d'accès aux sources publiques et l'autocensure. Les médias publics consacrent une large part de leurs programmes aux activités des autorités.

En 2026, Reporters sans frontières classe le Burundi au sur 180 pays dans son classement mondial de la liberté de la presse. L'organisation relève la précarité économique des journalistes, les pressions politiques et les menaces liées au traitement de sujets sensibles.

La journaliste Sandra Muhoza, collaboratrice du média en ligne La Nova Burundi, est arrêtée en avril 2024 et condamnée en première instance. Elle retrouve sa liberté en avril 2026 après une décision de la cour d'appel de Ngozi.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Radio-Télévision nationale du Burundi Radio publique africaine Liste des stations de radio au Burundi Crise burundaise de 2015-2020

Liens externes

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