EuroMOMO (European Monitoring of Excess Mortality) est un réseau européen de surveillance harmonisée de la mortalité toutes causes et de la surmortalité pour environ environ 396 millions de personnes dans presque toute l'Union européenne. Il a été créé en 2009 est, depuis ses débuts, coordonné par le Statens Serum Institut du Danemark.

Il vise à détecter rapidement, via un suivi hebdomadaire, les variations anormales de mortalité, notamment liées aux épidémies, aux événements climatiques extrêmes ou à d'autres menaces sanitaires (ex : incidents chimiques ou biologiques), en Europe, pour une surveillance sanitaire plus réactive EuroMomo ; Work Package 7 ; Report : A European algorithm for a common monitoring of mortality across Europe | https://www.euromomo.eu/uploads/pdf/wp7_report.pdf.

En raison de la Guerre russo-ukrainienne déclarée par Vladimir Poutine à l'Ukraine, les analyses de surmortalité sanitaire ne peuvent plus être réalisées pour ce pays.

Historique Le réseau EuroMOMO est mis en place à la fin des années 2000 (après la canicule de 2003) afin de fournir un système de suivi statistique de la mortalité, plus proche du "temps réel" que les suivis alors existants et comparable entre pays européens (21 pays en 2026). Il est coordonné par l'Institut Statens Serum Institut, un organismes public danois chargé de la veille épidémiologique, de la recherche en santé publique et de la production de vaccins et sérums..

Ses premières tâches, réalisées dans le cadre d'un projet soutenu par la DG Sanco, de 2008 à 2011, ont été d'..

Le travail du réseau s'appuie sur des modèles informatique standardisés permettant de calculer la « mortalité attendue » et la « mortalité observée », et d'en déduire une éventuelle surmortalité.

Lors de la pandémie grippale (de grippe A, H1N1) en 2009‑2010, EuroMOMO a montré qu'un système harmonisé et rapide de surveillance de la mortalité renforçait la capacité européenne à évaluer l'impact sanitaire d'événements majeurs, tout en facilitant des analyses nationales approfondies, au profit d'une réaction plus adaptées et plus rapide des systèmes de santé.

Après la pandémie de Covid-19, une analyse des données de 26 pays du réseau EuroMOMO, publiée dans la Revue Natureref name=RevueNature2026/> a confirmé qu'il y a eu 4 grandes vagues de surmortalité, qui ont surtout touché chez les 65 ans et plus, mais avec des variations importantes selon les pays. La surmortalité toutes causes a été un indicateur plus robuste que la mortalité attribuée à une cause spécifique pour comparer les impacts sanitaires. Avant les mesures de contrôle (confinement...) et la vaccination, la surmortalité liée au COVID‑19 dépassait largement celle des saisons grippales habituelles, mais elle est devenue comparable à la grippe dans les phases ultérieures de la pandémie..

Depuis, le réseau publie chaque semaine des données de mortalité pour les pays participants (et a été soutenu de 2016 à 2022 par l'ECDC et le bureau européen de l'OMS). Depuis 2023, ses activités sont financées par un projet de l'ECDC dédié au suivi de la surmortalité liée aux maladies transmissibles, mais le réseau s'est aussi avéré précieux pour évaluer l'impact des canicules.

Objectifs EuroMOMO a pour objectifs : d'harmoniser, chaque semaine, les données de mortalité entre les pays participants ; de détecter rapidement les épisodes de surmortalité ; d'appuyer les autorités sanitaires dans l'évaluation de l'impact d'événements majeurs (épidémies, canicules, accidents collectifs) ; de fournir des analyses comparables à l'échelle européenne. ... afin de permettre une surveillance sanitaire plus réactive ..

Méthodologie Le réseau utilise un modèle statistique standardisé (time-series modelling) permettant d'estimer la mortalité attendue en fonction des tendances historiques, des variations saisonnières et d'autres facteurs.

Chaque semaine, les instituts nationaux appliquent un algorithme standardisé qui corrige les retards de déclaration, calcule une mortalité attendue via un modèle de type Serfling (un modèle statistique saisonnier utilisé pour estimer la mortalité attendue en l'absence d'événement exceptionnel, afin de détecter plus précisément les excès de mortalité, par exemple liés à des épidémies, un froid exceptionnel, ou des vagues de chaleur), détecte les excès de mortalité et standardise les résultats en z‑scores afin de permettre les comparaisons entre pays et groupes d'âge.

Les données sont ensuite transmises au centre de coordination EuroMOMO, compilées et publiées sur une plateforme dédiée, permettant la diffusion d'un bulletin européen hebdomadaire accessible aux partenaires nationaux et internationaux.

La différence entre mortalité observée et mortalité attendue est exprimée en z-score, facilitant la comparaison entre pays.

Les données sont transmises chaque semaine par les instituts nationaux de santé publique et agrégées par le Statens Serum Institut.

La pandémie de COVID‑19 a perturbé les schémas habituels de mortalité, obligeant à revoir les modèles d'estimation en Europe, avec de nouveaux critères pour une surveillance future (deux approches bayésiennes (GAM et GLM‑Serfling) ont été proposées, capables de s'adapter aux anomalies pandémiques ; ces deux modèles, appliqués à 19 pays européens et à des données américaines, se sont montrés bien calibrés, le GAM étant le plus stable. L'inclusion des données de la phase aiguë du COVID‑19 augmente surtout l'incertitude des projections, mais les méthodes restent adaptées pour compléter les systèmes de surveillance existants..

Bulletins hebdomadaires Ces bulletins présentent l'évolution de la mortalité toutes causes dans plus de vingt pays européens, indiquant si la surmortalité est faible, modérée ou élevée, en précisant les pays concernés, les groupes d'âge les plus touchés et les tendances récentes (hausse, stabilisation ou retour à la normale). Ils signalent aussi les épisodes particuliers pouvant expliquer les variations — vagues de chaleur, épidémies saisonnières, COVID‑19 résiduel — et rappellent que les données peuvent être révisées en raison des délais courts de notification.

Par exemple, dans le bulletin EuroMOMO de la semaine 29, 2026 (période caniculaire), EuroMOMO décrit une surmortalité substantielle en Europe durant les semaines 26 à 28 de 2026, principalement chez les plus de 45 ans et dans plusieurs pays participants. Le bulletin rappelle que les trois semaines les plus récentes doivent être interprétées avec prudence en raison des retards d'enregistrement, et que les calculs d'« expected mortality » ont été ajustés pour exclure les années 2020–2022, perturbées par la pandémie, ce qui modifie temporairement les estimations jusqu'en 2028. EuroMOMO signale également l'absence de données de l'Ukraine en raison de la guerre, et précise que le réseau ne peut pas diffuser les données nationales brutes, tout en restant ouvert à des collaborations scientifiques pour des analyses complémentaires..

Utilisation et impact EuroMOMO est devenu une référence pour l'analyse de la surmortalité en Europe. Ses données ont été largement utilisées : lors de la pandémie de COVID‑19 ; pour l'évaluation des impacts sanitaires des vagues de chaleur ; dans les travaux de recherche en épidémiologie et santé publique.

Les résultats hebdomadaires sont publiés en accès libre (mais copyrightés) sur le site du réseau.

Pays suivis + Couverture de la mortalité par pays dans EuroMOMO (au 12 décembre 2025) Pays / Région Pourcentage de mortalité couverte Autriche 100 % Belgique 100 % Chypre 100 % Danemark 100 % Estonie 100 % Finlande 100 % France 84 % Allemagne 100 % Grèce 100 % Hongrie 100 % Irlande 100 % Israël 100 % Italie Données provenant des villes de plus de 100 000 habitants Lettonie 100 % Luxembourg 100 % Malte 100 % Pays-Bas 100 % Norvège 100 % Portugal 100 % Slovénie 100 % Espagne 93 % Suède 100 % Suisse 100 % Royaume-Uni (Angleterre) 100 % Royaume-Uni (Irlande du Nord) 100 % Royaume-Uni (Écosse) 100 % Royaume-Uni (Pays de Galles) 100 %

Critiques et limites Certaines limites méthodologiques sont régulièrement discutées ; elles sont inhérentes aux facteurs suivants : hétérogénéité des systèmes nationaux d'enregistrement des décès ; délais variables de transmission des données ; absence de certains pays européens dans le réseau ; impossibilité d'attribuer directement les causes de la surmortalité ; hétérogénéité de la couverture de la mortalité : en 2026, l'Italie ne fournit des données que pour ses villes de plus de 100.000 habitants, en Espagne 98% de la mortalité est couverte, et 84% en France. Ailleurs la couverture est de 100% . ; des instabilité des z‑scores de mortalité (ex: entre 2018 et 2023) dues aux corrections après-coup de leurs statistiques par les Etats surviennent lors des pandémies (ex : 179 semaines avec des variations significatives, surtout en France, Allemagne et Royaume‑Uni, probablement liées aux vagues de COVID‑19 plutôt qu'à des changements méthodologiques). Ces chercheurs recommandent une publication complète des données et modèles pour mieux comprendre ces fluctuations. ; les données ne peuvent plus être récoltées ni exploitées en Ukraine à cause de la guerre russo-ukrainienne.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Taux de mortalité Surmortalité Santé publique Risque pandémique

Liens externes Site officiel d'EuroMOMO Graphiques et cartes produits par EuroMOMO

Rapports et publications Accès aux rapports et publications d'EuroMOMO

Bibliographie Fouillet, A. (2014). EuroMomo: la surveillance de la mortalité à l'échelle européenne. Bull Épidémiologique Hebdomadaire, 3, 81. | https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/rdd/document/37761_11921-ps.pdf

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