L'hypothèse de l'écart, du déficit ou du fossé des connaissances (de l'anglais ) est une hypothèse de la communication de masse postulée par trois chercheurs américains de l'Université du Minnesota en 1970. Elle repose sur la manière dont un membre de la société traite différemment l'information provenant des médias de masse en fonction de son et de son statut socio-économique. L'hypothèse affirme que les médias de masse amplifient l'écart de connaissances déjà présent entre les groupes sociaux au sein d'une population.

Historique L'hypothèse de l'écart des connaissances est implicite dans toute la littérature sur la communication de masse. Ainsi, dès les années 1920, des recherches commencent à examiner l'influence des caractéristiques individuelles sur les préférences des individus en matière de contenu médiatique.

En 1929, William S. Gray et Ruth Munroe, auteurs de , examinent les avantages de l'éducation des adultes et leur influence sur les habitudes de lecture. Ils constatent que le lecteur cultivé saisit plus rapidement le sujet des articles de journaux et passe à d'autres types de documents écrits correspondant à ses intérêts. Le lecteur le moins instruit passe plus de temps sur les mêmes articles de journaux parce qu'il lui faut plus de temps pour comprendre le sujet.

En 1940, Paul Lazarsfeld, directeur du Bureau de recherche sur la radio de l'Université Columbia, examine si (1) le temps total que les gens passent à écouter la radio et (2) le type de contenu qu'ils écoutent sont corrélés à leur statut socio-économique. Ses données indiquent non seulement que les personnes de statut socio-économique inférieur ont tendance à écouter davantage de programmes radiophoniques, mais qu'elles sont de plus moins susceptibles d'écouter des contenus radiophoniques « sérieux ».

En 1950, Shirley A. Star, professeure au département de sociologie de l'Université de Chicago, et Helen MacGill Hughes, sociologue à l'Université de Chicago, publient , un rapport sur l'influence d'une campagne éducative. Elles constatent que si cette campagne avait réussi à atteindre les personnes les plus instruites, elle avait pratiquement été ignorée par les personnes moins instruites. De plus, après avoir constaté que les personnes très instruites atteintes par la campagne avaient également tendance à être plus intéressées par le sujet, Star et Hughes ont suggéré que les connaissances, l'éducation et l'intérêt pouvaient être interdépendants.

En 1965, Philip Tichenor publie , une thèse de doctorat qui sert de source pour certaines des informations utilisées et analysées dans l'article ultérieur de l'équipe du Minnesota.

En 1970, Tichenor, George A. Donohue et Clarice N. Olien (plus tard connus sous le nom d'équipe du Minnesota) publient , qui propose l'hypothèse de l'écart des connaissances.

En 1983, Gaziano publie une revue de 58 études sur les inégalités de connaissances fondées sur le statut socio-économique, qui souligne comment les variations dans l'exposition aux médias, les définitions des connaissances et les différences de population contribuent à des résultats incohérents sur les lacunes en matière de connaissances.

Concepts théoriques L'équipe du Minnesota avance cinq facteurs pour expliquer l'existence de l'écart des connaissances :

Compétences en communication : . Par exemple, les personnes de statuts socio-économiques plus élevés ont généralement un niveau d’éducation plus élevé, ce qui améliore leurs compétences en lecture, en écriture et en compréhension. Quantité d'informations stockées : . Par exemple, les personnes mieux informées sont plus susceptibles de déjà connaître les actualités grâce à une exposition antérieure aux médias ou à une éducation formelle et peuvent conséquemment mieux contextualiser les nouvelles informations. Contacts sociaux pertinents : . Par exemple, les personnes de statut socio-économique plus élevé ont généralement un réseau social qui est plus susceptible d'avoir accès à plus d'informations sur les actualités et d'être plus compétentes pour effectuer des recherches sur les sujets. Exposition, acceptation et rétention sélectives de l'information : . Par exemple, le téléspectateur d’une émission d'information prêtera davantage attention à l’histoire qui l’intéresse. Nature du système médiatique de masse qui diffuse l'information. Chaque média a des marchés cibles spécifiques. Ainsi, par exemple, dans les années 1970, les médias imprimés étaient destinés à un public ayant un niveau d'éducation plus élevé.

Nouvelles technologies de communication Internet a changé la façon dont les gens interagissent avec les médias. L'écart des connaissances y est marqué par une fracture numérique, les médias en ligne étant accessibles par des appareils numériques et une connexion internet, dont l'accessibilité sont, encore une fois, dépendantes du statut socio-économique. Source d'espoir pour combler le fossé des connaissances, l'Internet a plutôt mis en lumière les inégalités d'accès, de motivation et des capacités cognitives.

Commentant un sondage du mené en 2021 auprès d'adultes américains, la chercheuse Emily Vogels écrit :

Notes et références

Citations originales

Références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Fracture numérique Malédiction de la connaissance

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