La famille de La Tour (von Turn/Turm) est une famille de barons valaisans entre les .
La famille pourrait descendre des barons de la Tour du Pin, originaires du Dauphiné. Plusieurs familles, notamment en valais, portent également ce patronyme.
Histoire Origines La famille de La Tour, dont on trouve les formes dans la documentation de Turre, de Türe, von dem Turne, vom Turn, von Turm, von Turn, von Thurn, vom Thurn, von Thurm, est une famille de dynaste, probablement issu des barons de la Tour du Pin originaires du Dauphiné, qui s'est établie en Valais au ... Ses membres possèdent la mayorie de Sion.
Les travaux anciens de Gremaud (publications 1875-1898)Jean Gremaud, Les sires de la Tour-Châtillon. Mscr. no 19 aux Archives de l'État de Fribourg. et de Charrière (publications 1868-1877) faisaient des La Tour une famille autochtone, dont le patronyme provenait de la possession de la tour de la Majorie de Sion. Au siècle précédent, l'historien suisse Jean de Müller considéraient quant à lui que la famille était originaire du Dauphiné, une hypothèse confirmée par les travaux de Segesser de Brunegg (1931) et Galbreath (1936), reposant notamment par l'usage de prénoms (Gerold/Girold, Jean, Antoine) ou d'armes communes aux barons de la Tour du Pin.
Premiers degrés En Valais, les barons de la Tour du Pin se manifestent au milieu du avec le chevalier Guillaume . Ce dernier pourrait être le fils de Raymond de Tore (Raimundus de Tors), mentionné comme témoin dans un acte de restitution par les Humbertiens au monastère de Saint-Maurice, en 1143..
Le chevalier Guillaume apparaît dans plusieurs actes au cours de la période 1150/74-1184/96 comme occupant des charges en Valais. Il est vidomne d'Ollon et Vouvry pour l'abbé de Saint-Maurice (1158), mayor de Sion pour l'évêque de Sion (1179). Il reçoit, vers 1179, de la part de cet évêque le fief de Châtillon(-le-Bas) (en allemand Niedergesteln). Il est par ailleurs un des barons du comte , et en possession de grands alleux et de nombreux fiefs mouvant de l'évêque de Sion, de l'abbé de St-Maurice, du comte en Maurienne (Savoie) ou encore de l'Empire, dans les régions du Chablais, du Bas-Valais romand, du Haut-Valais alémane (germanophone), de l'Oberland bernois et du territoire de Fribourg.
Son frère, Amédée de La Tour () monte sur la chaire épiscopale de Sion, en 1162.
En 1179, un traité est signé Guillaume de la Tour, major, et l'évêque Conon, permettant à la cité de se développer..
Apogée A cours des , les La Tour sont considérés comme les plus puissants seigneurs du Valais, en raison de leurs charges, de gardiens de Sion et son éveché ou de leurs possessions, leur permettant de contrôlé l'ensemble de la vallée du Rhône, en Valais, position que l'on retrouve notamment avec leurs alliances matirmoniales.
En 1217, les La Tour participent à la mise en place de la première charte de franchises de Sion.
Antoine () épouse en premières noces (vers 1198) Clémence de Bex, qui lui apporte un tiers de la seigneurie de Bex et le vidomnat d'Ollon (pays de Vaux), la coseigneurie d'Ayent-Hérens avec des droits à Mage et Hérémence. Leur fils, Pierre II, épouse Agnès l'héritière des seigneurs de Châtillon(-le-Bas), en Valais, d'où provient le titre porté de Châtillon. De son second mariage, avec Marguerite de Morestel, Antoine semble obtenir le vidomnat abbatial de Bagnes.
Pierre IV, seigneur de Châtillon, au service des Savoie, ligue les nobles du Valais contre l'évêque de Sion, Boniface de Challant. Soutenu par les communes, l'évêque soumet la noblesse à la suite de la défaite des nobles à Loèche, en 1294, au cours de laquelle Pierre IV est fait prisonnier, puis gracié. En 1299, Pierre IV fait la paix avec le prince-évêque, par égard pour l'Empereur .
Le chevalier Jean (), fils de Pierre, épouse Elisabeth de Waediswil, qui lui apporte la seigneurie de Frutigen et Gasteren, ainsi que les châteaux de Tellenbourg (1312) et Felsenbourg, les seigneuries de Miilenen et Rotenfluh, avec le fond de la vallée de Lauterbrunnen, des droits dans le Kiental et le Simmental, à Aeschi, Grindelwald, Balm. Il fait installer des colons venus de Loetschen, les Loetscher, dans cette région. Jean, partisan de l'Empereur, est fait vicaire impérial de Côme 1310, il reçu ensuite la charge de bailli du Valais (1315-18), puis le gouvernorat de Milan (1322).
Son frère, Aymon de La Tour (), accède en 1323 à la chaire épiscopale de Sion (1323-1338).. Ce dernier réussit à maintenir les droits de son Église face aux comtes de Savoie..
L'arrivée en 1342 sur le siège de Sion de Guichard Tavelli, un évêque prosavoyard, entraîne des tensions avec le chapitre cathédral, mais aussi la cité épiscopale et les dizains valaisans.. À la suite de ces oppositions, une tension éclate entre les La Tour et les Tavelli/Tavel qui débouche sur une guerre civile en Valais. En 1352, le chevalier Pierre V, fils de Jean , unifie les nobles de la région, les Compey, Gruyère, Rarogne ainsi que les barons de l'Oberland bernois contre l'évêque et menace de s'emparer de la cité épiscopale. La même année, la ville est prise, incendiée et pillée par une armée de chevaliers savoyards.
Fin de l'influence en Valais Pierre V met en gage la ville et le de Mülenen à l'Italien Otto Lampart, bourgeois de Berne.. En 1331, il tente de lui reprendre, aux côtés des Fribourgeois, des Gruyère et des Weissenbourg, mais l'alliance trouve face à elle Berne.. Cet épisode se place notamment dans le contexte de la guerre de Gümmenen (1331-1333). En 1341, il vend ses droits aux Weissenbourg. Cinq ans plus tard, il vend la moitié de sa seigneurie de Rothenfluh, juridiction et colonies de Loetscher, à la Prévôté d'Interlaken. En 1353, il vend également ses droits sur Mage au Chapitre de Sion.
Antoinette de Sarriod, veuve de Perrod ou Pierre III de la Tour-Morestel vend en 1366 le vidomnat de Bagnes à l'abbé de Saint-Maurice.
Antoine de La Tour () fils de Pierre V, chevalier, est régulièrement en conflit avec l'évêque de Sion, Guichard Tavelli/Tavel.. L'évêque cherche désormais à préserver ses prérogatives face au comte de Savoie. Antoine de La Tour fait le chemin inverse et se rapproche du comte. Un évènement marque une rupture avec le refus du neveu de l'évêque, Jacques Tavelli/Tavel, de rendre hommage au seigneur de La Tour pour la seigneurie de Granges qu'il vient d'acquérir. En 1364, Antoine de La Tour s'empare alors du château de Granges. L'année suivante, profitant de l'absence d'Antoine de La Tour, l'évêque envahit ses terres, mais il reçoit la réprobation du pape. Ce dernier obtient par ailleurs, en , que Granges soit rendu à Jacques Tavelli/Tavel.
En 1367, l'évêque de Sion soutenu par les communes fait le siège au château de Châtillon. Antoine de La Tour en appel au comte de Savoie, qui s'impose comme arbitre, sans pour autant réussir à soumettre l'évêque. Dans ce contexte de rivalités entre l'évêque de Sion et le comte de Savoie, soutenu par le pape, Antoine de La Tour fait assassiner le prélat en . Face au soulèvement des partisans de l'évêque, Antoine et son frère Jean fuient le Valais après avoir été vaincus près de Saint-Léonard. Le comte en profite pour acquérir les biens valaisans des La Tour. Le château de Châtillon-le-Bas/Niedergesteln est détruit par les Haut-Valaisans, en 1384.
Antoine, expulsé du Valais, tente de se reconstituer un domaine notamment en faisant l'acquisition d'hypothèque sur la seigneurie de Corbières, en 1379, ainsi que l'achat des seigneuries d'Arconciel-Illens, vers 1380, et d'Attalens, en 1382. Accablé de dettes, Antoine de La Tour vend ses possession dans la vallée de Lauterbrunnen à la Prévôté d'Interlaken, en 1395, et la seigneurie de Frutigen à la République de Berne en 1400.
Extinction La famille s'éteint au avec la mort du chevalier Antoine (), et son frère Pierre VI (), prieur de Lutry.
Jeanne, fille unique d'Antoine, dame d'Irlain, a épousé Jean de La Baume, comte de Montrevel, seigneur d'Aubonne, de Coppet et de Commungy. Elle apporte en dot à son époux les seigneuries d'Arconciel-Illens et d'Attalens, et des droits sur Corbières, Aigremont et les Ormonts.
Généalogie Tableau généalogique simplifié de la famille de La Tour. Sauf mentions contraires, les dates correspondent aux premières et/ou aux dernières mentions dans la documentation.
Personnalités Amédée de La Tour (), évêque de Sion (1162-1168).. Pierre IV de La Tour, seigneur de Châtillon, coseigneur d'Ayent-Hérens, vidomne de Conthey, au service de la Savoie il est capitaine du château de l'Île à Genève (1285-96), procureur des communes du Valais (1286), bailli de Vaud (1291). Jean de La Tour (), fils du précédent, chevalier, qui sera un seigneur puissant en Valais, obtenant le vicariat impérial de Côme (1311), l'avouerie de l'évêque de Sion (1315-1317), et gouvernorat de Milan (1322). Aymon de La Tour (), frère du précédent, évêque de Sion (1323-1338). Antoine de La Tour (), neveu du précédent, chevalier, seigneur de Niedergesteln et Frutigen, coseigneur d'Ayent-Hérens et vidomne de Conthey, à l'origine de la mort de l'évêque de Sion Guichard Tavelli. Pierre VI (), frère du précédent, moine puis prieur de Lutry (1370-73).
Sceaux et armoiries vignette|gauche|Armes de la famille. Les armes de la famille de La Tour se blasonnent : De gueules à la tour senestrée d’un avant-mur d’or.
Les auteurs du Dictionnaire historique et biographique de la Suisse (1932) indiquaient que la branche aînée porte D'or à la tour de sable, maçonnée d'argent, ouverte du champ, posée sur trois monts de sinople.
LArmorial valaisan (1946) mentionnait un écu d'or à la tour de sable pour les chevaliers vom Turne de la Suisse primitive.
L'ensemble des sceaux de la famille porte une tour crénelée et maçonnée, senestrée d'un avant-mur maçonné. Le sceau de Girold, en 1258, possède une tour adextrée de l'avant-mur. Un sceau de Pierre IV, de 1287, brise d'un lion passant sur le mur. Une porte apparaît dans des sceaux de 1258 et 291/93.
L'évêque Aymon de La Tour () brise, parfois, d’une étoile à six rais du même..
La famille a adopté le cimier des La Tour du Pin, une tour surmontée d'un panache. Galbreath (1936) donnait un cimier dUne tour d'or d'où sort une touffe de plumes de coq, porté par Pierre V et Jean II. Seul Antoine de La Tour () utilise, en 1393/1400, un panaché de plume finissant chacune en petite boule. Galbreath (1936) indiquait un emprunt à son oncle Guillaume de Grandson.
Supports : des lions (1376), une tarasque et un faucon (1389), un lion et deux faucons (1393).
Alliances Les principales alliances de la famille sont : les sires d'Ayent, de Bex, de Morestel, de Conthey, de Chamoson, de Venthône, de Grandson-Champvent, de Cossonay, de Thoire-Villars, de Grésy, de Gessenay, de Rarogne, de Rossillon en Dauphiné, de Waediswil, de Weissenbourg, de Brandis, de Pontverre, de Sarriod, avec les comtes de Gruyère, de La Baume-Montrevel, avec les Albi de Granges, Tavelli, de Vineis.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
1870, ; 1877, . . .
Articles connexes Histoire du Valais Armorial valaisan
Liens externes
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