alt=|vignette|En particulier dans les régions de Konya et de Karaman, de nombreuses dolines d’effondrement, appelées obruk en turc, se sont formées. Leur apparition est notamment associée à l’exploitation des eaux souterraines et à l’intensification de l’irrigation agricole. La culture de plantes nécessitant d’importantes quantités d’eau peut contribuer à accentuer la pression exercée sur les ressources hydriques La faillite hydrique est une situation liée a une surexploitation des ressources en eau pendant une période prolongée, au point d’entraîner des dommages irréversibles aux écosystèmes et de rendre ces derniers incapables de rétablir leurs niveaux historiques de services écosystémiques. Le terme subit développé et est formellement défini dans la littérature scientifique par le scientifique environnemental Kaveh Madani et le système des Nations Unies l'adapte en 2026, avec la publication du rapport « La faillite mondiale de l’eau ».

L’expression « faillite de l’eau » s'utilise dans le discours sur les politiques de l’eau et la gouvernance environnementale pour décrire une situation dans laquelle un système hydrique, tel qu’un bassin versant, un aquifère, un système lacustre ou un bassin hydrographique, est tellement surexploité ou dégradé qu’il ne peut plus retrouver son équilibre historique dans les conditions climatiques, écologiques et institutionnelles actuelles. Ce terme s'utilise pour distinguer les défaillances graves et potentiellement irréversibles des systèmes homme-eau de concepts plus familiers tels que la rareté de l'eau, le stress hydrique ou la crise de l'eau .

Concepts connexes La faillite de l'eau est liée à un usage excessive , mais se distincte de plusieurs termes établis en matière de politique de l'eau et d'hydrologie : La pénurie d'eau désigne généralement une disponibilité en eau insuffisante par rapport à la demande. Le stress hydrique désigne une forte pression exercée sur les ressources en eau. Une crise de l'eau désigne généralement une perturbation aiguë ou chronique qui peut encore être réversible.

La faillite de l'eau, en revanche, se traduit par une situation post-crise dans laquelle la surconsommation prolongée et les dommages écologiques rendent le retour aux niveaux de service historiques impraticable, voire impossible. Le concept met donc l'accent non seulement sur la pénurie, mais aussi sur l'insolvabilité systémique, la dégradation écologique et la perte irréversible de capacité de récupération.

Origine et développement Le concept de faillite de l'eau est formellement développé par Kaveh Madani, puis promu par l'Université des Nations Unies pour distinguer la défaillance chronique et potentiellement irréversible du système d'eau de concepts plus familiers tels que la rareté de l'eau, le stress hydrique et la crise de l'eau . Alors que l'utilisation antérieure du terme sert à décrire un déséquilibre, une pénurie ou une perturbation des systèmes d'eau, le concept de faillite de l'eau se formule par Madani pour saisir une condition post-crise plus profonde dans laquelle la dégradation écologique et l'épuisement du capital naturel lié à l'eau rendent le retour aux conditions historiques impossible sur des échelles de temps pertinentes pour la société .

Le terme est formellement défini dans la littérature scientifique dans l'article de Madani de 2026, Water Bankruptcy: The Formal Definition, publié dans Water Resources Management . Dans cet article, Madani propose un cadre qui combine deux éléments essentiels : 1) l'insolvabilité hydrologique, c'est-à-dire que les prélèvements dépassent les apports renouvelables et les limites d'épuisement sûres, et 2) l'irréversibilité, c'est-à-dire que les dommages qui en résultent ne peuvent être inversés sans un coût économique, social ou environnemental disproportionné .

Ce concept est ensuite été développé dans le rapport Global Water Bankruptcy. Le rapport contribue à faire passer le terme de la définition académique au discours politique mondial, en faisant valoir que de nombreux bassins fluviaux et aquifères dans le monde étaient passés d'une situation de crise à un état de faillite persistante .

Le rapport mondial sur la faillite de l'eau Le 20 janvier 2026, l' Institut de l'Université des Nations Unies pour l'eau, l'environnement et la santé (UNU-INWEH), connu comme le groupe de réflexion des Nations Unies sur l'eau, a publié un rapport phare intitulé Faillite mondiale de l'eau : Vivre au-delà de nos moyens hydrologiques à l'ère post-crise . Le rapport se présente lors du point de presse de midi du porte-parole du Secrétaire général de l'ONU au siège des Nations Unies à New York. Le rapport a officiellement déclaré qu'à partir de 2026, le monde entre dans l'ère de la « faillite mondiale de l'eau », caractérisée par le nombre croissant de bassins fluviaux et d'aquifères incapables de revenir aux normes hydrologiques historiques en raison d'une surexploitation à long terme, de la dégradation des écosystèmes et de l'évolution des conditions climatiques . Kaveh Madani est crédité comme auteur du rapport .

Le rapport décrit la faillite mondiale des ressources en eau comme une réalité post-crise dans laquelle de nombreux systèmes homme-eau ne sont plus seulement mis à rude épreuve, mais structurellement fragilisés. Il a été avancé que ce terme était nécessaire pour refléter le nombre croissant de systèmes qui avaient perdu la capacité de « revenir » à des conditions normales historiques .

Impact vignette|Le lac de Burdur est l’un des lacs importants de Turquie. Toutefois, son niveau d’eau a fortement diminué au cours des dernières années, entraînant une réduction importante de sa superficie. Le recul des eaux laisse apparaître les sources et les zones qui contribuent à l’alimentation du lac. Cette diminution du niveau du lac constitue un enjeu important pour les populations locales pratiquant l’agriculture et l’élevage. Les conséquences du déficit hydraulique sont énormes. En voici quelques-unes : réservoirs asséchés, villes englouties; mauvaises récoltes, rationnement de l'eau, l'agricultrice devient couteuse, la perte d'emploi des agriculteurs, l'instabilité de l'approvisionnement alimentaire.

Les manifestations de Faillite hydrique Les manifestations de la faillite hydriques sont nombreuses : les années sèchent progressivement et l'on augmente le prélèvement d'eaux souterraines; l'on commence à utiliser les pompes plus puissantes ou encore des eaux plus profondes. Les lacs rétrécissent d'années en années. Les rivières deviennent intermittentes. L'eau salée s'infiltre dans les aquifères près de la côte. Le sol commence également à s'affaisser.

Solutions Ce que nous pouvons faire :

Arreter l'hémorragie, Il convient de fixer des limites de consommation d’eau qui reflètent la quantité d’eau réellement disponible, plutôt que de simplement forer plus profondément et reporter le problème sur les générations futures.

Protéger le capital naturel, au-delà de l’eau : protéger les zones humides, restaurer les cours d’eau, rétablir la santé des sols et gérer la recharge des nappes phréatiques afin de maintenir d’un approvisionnement en eau saine, tout comme elles le sont à un climat stable.

Consommer moins d’eau, mais la partager de façon plus équitable : Les approches sérieuses comprennent des mesures de protection sociale, un soutien aux agriculteurs pour qu’ils se tournent vers des cultures et des systèmes moins gourmands en eau, et des investissements dans l’efficacité hydrique.

Mesurer ce qui compte vraiment : Les méthodes modernes, comme la télédétection par satellite afin de faciliter la surveillance des réserves d’eau et des tendances globales. Cela permettrait donc d’émettre des alertes précoces concernant l’épuisement des nappes phréatiques, l’affaissement des sols, la disparition des zones humides, le recul des glaciers et la détérioration de la qualité de l’eau.

Prévoir moins d’eau : La faillite hydrique implique de repenser les villes, les systèmes alimentaires et les économies pour respecter de nouvelles limites et éviter que celles-ci ne se resserrent encore davantage.

Exemple par pays L’Europe présente de fortes disparités au niveau régional. Toute l'Europe est menacée : certaines zones du Sud (Méditerranée, Espagne, Italie) affichent des profils proches de la faillite hydrique avec des aquifères épuisés et des sécheresses récurrentes, le Nord de l’Europe est beaucoup plus affectée malgré des précipitations plus abondantes.

En France, au niveau local, cette crise se fait également sentir : en Ille-et-Vilaine, seulement 3 % des masses d’eau sont considérées en bon état écologique. Les conflits d’usage et les pénuries sont malheureusement des plus en plus fréquents. « L’agriculture est à la fois la cause et la victime », déclare Laura Toulet, directrice du pôle performances des fermes chez Agrobio 35, lors de leur assemblée générale. « Cela signifie qu’elle fait aussi partie de la solution, mais uniquement dans le cas d’une gestion collective. ». La France compte environ de 850 000 retenues : lacs, barrage mais aussi de nombreuses installations de petite taille, souvent inférieure à un hectare. Selon la scientifique, 90 % d’entre elles sont artificielles et beaucoup ne sont plus utilisées. « Elles restent toutefois impactantes pour l’environnement car elles sont sujettes à l’eutrophisation et à l’évaporation. » À l’échelle nationale, près d’un cinquième de la consommation d’eau est ainsi perdu par évaporation dans ces retenues. Souvent positionnées sur des sources, elles ont aussi tendance à assécher les têtes des bassins versants, souvent plus riches en biodiversité. « C’est le cumul de ces petites retenues qui peut devenir néfaste », déclare Florence Habets.

Selon la Commission européenne, la Belgique figure au 18ᵉ rang mondial en matière de stress hydrique extrême et constitue le pays le plus exposé d’Europe du Nord. Environ 80 % de ses ressources en eau renouvelables sont consommées chaque année. Malgré un taux de traitement des eaux usées de 95 %, l’urbanisation et l’imperméabilisation des sols accentuent la pression sur les ressources. La Belgique présente ainsi une forte vulnérabilité face au déséquilibre entre les besoins en eau et son renouvellement.

Voir aussi Ressource hydrique

Références

Catégorie:Eau