La transition énergétique au Bénin est l'ensemble des politiques, programmes et infrastructures mis en œuvre par l'État béninois et ses partenaires pour diversifier le mix électrique national, réduire la dépendance du pays aux importations d'électricité et aux énergies fossiles, et étendre l'accès à l'électricité aux populations non raccordées au réseau national.
Contexte énergétique national Le Bénin importe de l'électricité du Nigeria, du Ghana et de la Côte d'Ivoire via la Communauté électrique du Bénin (CEB), l'organisme binational qui gère les infrastructures électriques communes au Bénin et au Togo.
Au milieu des années 2020, le taux national d'accès à l'électricité plafonne autour de 42%. Les énergies renouvelables ne représentent alors qu'environ 16% du mix électrique national, une proportion que le gouvernement ambitionne de porter à 30% à l'horizon 2030.
Cadre stratégique et politique Le gouvernement béninois inscrit la transition énergétique parmi les priorités de son Programme d'Action du Gouvernement (PAG), qui alloue une enveloppe de 761 milliards de francs CFA au secteur de l'énergie sur la période 2016-2021, dont la construction d'une centrale thermique à Maria-Gléta.
Le 16 juillet 2025, le conseil des ministres approuve une version actualisée de la Politique nationale des énergies renouvelables (PONADER) pour la période 2020-2030, qui érige les énergies renouvelables en source prioritaire de satisfaction des besoins énergétiques du pays. Cette politique s'accompagne de mesures fiscales incitatives, notamment une exonération de la taxe sur la valeur ajoutée applicable aux matériels de production d'énergie solaire.
Le pays intègre aussi l'initiative internationale Mission 300, portée notamment par la Banque mondiale, à travers un Pacte national de l'énergie qui fixe des cibles chiffrées de taux d'accès à l'électricité et à la cuisson propre à l'horizon 2030, ainsi que le nombre de ménages à électrifier d'ici cette échéance.
Les projets solaires vignette|Site de Paneaux solaires à Lalo, Bénin Les premiers pas du Bénin vers l'énergie solaire remontent aux années 2018-2019, lorsque la Cellule de pré-électrification rurale de l'État construit des mini-centrales solaires d'une puissance de 30 à 40 kilowatts et installe des kits solaires dans des localités des départements du Couffo et du Plateau, dans le sud du pays, avec le soutien financier de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Un projet émerge au début des années 2020 avec l'attribution, à l'issue d'un appel d'offres appuyé par le programme américain Millennium Challenge Account Bénin II (MCA-Bénin II), de la construction de quatre centrales solaires photovoltaïques réparties sur les sites de Bohicon, Parakou, Djougou et Natitingou.
Le lancement officiel du projet intervient le 27 août 2025, pour un investissement estimé à 45 millions d'euros, dont 35 millions financés par des institutions de développement internationales.
Les centrales, réparties en unités de 15 mégawatts à Bohicon, 15 mégawatts à Parakou, 10 mégawatts à Djougou et 10 mégawatts à Natitingou, sont prévues pour entrer en construction avant la fin de 2025 pour une durée de chantier d'environ douze mois, avec pour objectif de fournir de l'électricité à près de 50 000 foyers béninois.
Elles doivent être équipées d'environ 30 000 modules photovoltaïques montés sur trackers solaires, associés à des onduleurs et des postes de transformation.
La centrale thermique de Maria-Gléta et le projet de barrage de Dogo-Bis vignette|une centrale de la CEB au Bénin Le site de Maria-Gléta, dans la commune d'Abomey-Calavi, accueille depuis les années 2010 les principales capacités de production thermique du pays. Une première centrale, construite par la société américaine Combustion Associates Inc. pour environ 40 milliards de francs CFA, entre en production après quatre ans de chantier.
Une seconde centrale, dite Maria-Gléta II, d'une capacité de 127 à 129,5 mégawatts et fonctionnant selon un principe dual-fuel gaz et fioul lourd, est construite par le consortium formé par BWSC et MAN Diesel & Turbo à partir de septembre 2017 et inaugurée le 29 août 2019. Cinq ans après sa mise en service, cette centrale couvre environ la moitié des besoins électriques nationaux et fonctionne à environ 85% au gaz naturel.
Le 17 juillet 2026, le Bénin et la Banque mondiale signent à Cotonou un accord de financement de 150 millions de dollars destiné à la phase préparatoire du barrage de Dogo-Bis d'une capacité prévue de 128 mégawatts, dans le cadre d'une enveloppe plus large de 320 millions de dollars approuvée par l'institution en faveur du pays.
L'énergie hors réseau Le troisième axe de la transition énergétique béninoise concerne l'électrification des zones rurales et périurbaines non desservies par le réseau national. Ce chantier s'appuie principalement sur la Facilité d'Énergie Propre Hors Réseau (Off-Grid Clean Energy Facility, OCEF), un fonds à frais partagés mis en place à partir de 2017 par le Millennium Challenge Account Bénin II.
Plusieurs appels à projets se succèdent dans ce cadre. Une coentreprise réunissant les groupes français Générale du Solaire et NEoT Offgrid Africa, associés à l'installateur Aress, remporte ainsi un contrat pour électrifier douze localités au moyen de mini-réseaux solaires représentant 1,7 mégawatt-crête de capacité photovoltaïque et 3 mégawattheures de stockage par batterie, pour un coût global d'environ 8,5 millions de dollars.
À l'issue d'un deuxième appel à projets de l'OCEF, onze entreprises sont retenues pour raccorder environ 451 000 personnes réparties dans 128 localités, pour un coût total estimé à 69,5 millions de dollars, financé pour partie par les promoteurs privés et pour partie par le MCA-Bénin II.
Références
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