Les subventions aux énergies fossiles au Bénin concernent le marché informel du « Kpayo», alimenté par les subventions nigérianes, et la politique nationale de soutien aux prix des carburants et du gaz domestique, menée par l'État béninois depuis 2016.
Contexte énergétique national Le mix énergétique du Bénin repose sur les énergies fossiles et la biomasse. Selon les données de l'Agence africaine de l'énergie, l'approvisionnement énergétique primaire total du pays provenait, à la fin des années 2010, de la biomasse et des déchets d'une part, et du pétrole d'autre part.
Le taux d'électrification national au Bénin est passé de 35 % à 57 % entre 2017 et 2023, soutenu par le projet PERU de la Banque africaine de développement et un pacte avec la Banque mondiale (Mission 300). Le taux atteint 70,3 % en milieu urbain et 43,7 % en milieu rural, dans le cadre de la politique PONADER 2025-2030 visant l'accès universel.
Le secteur des hydrocarbures au Bénin est marqué par l'exploitation du gisement pétrolier offshore de Sèmè entre 1982 et 1998, pour une production d'environ 22 millions de barils avant l'arrêt complet des opérations.
La relance du secteur s'amorce à la suite d'un accord de partage de production signé avec la compagnie Akrake Petroleum (filiale de Rex International Holding) pour le redéveloppement du bloc 1 de Sèmè.
Les premières opérations de production commerciale y sont attendues au début de l'année 2026, avec un objectif initial estimé à 15 000 barils par jour.
Le phénomène du « kpayo » vignette|Vente de kpayo et d'huile à moteur au bord d'une route à Porto-Novo, Bénin Depuis plusieurs décennies, une part majoritaire du carburant consommé au Bénin provient de la contrebande organisée depuis le Nigeria, où l'essence est subventionnée grâce à une politique de subvention généralisée de l'État fédéral nigérian.
Ce carburant de contrebande, appelé « kpayo » dans le langage courant, est traditionnellement vendu le long des routes, dans des bidons ou des bouteilles, par des revendeurs informels.
Une étude douanière béninoise datée de 2009 indique que moins de deux Béninois sur dix s'approvisionnaient alors dans le réseau formel de distribution.
Ce système a longtemps permis aux ménages béninois modestes d'accéder à un carburant nettement moins cher que celui vendu en station-service.
La fermeture de la frontière entre le Bénin et le Nigéria, décidée par les autorités nigérianes à l'été 2019, a provoqué des pénuries et une flambée des prix du kpayo. La Banque africaine de développement estime qu'environ 80 % de la consommation nationale de carburant au Bénin transitaient par ce circuit informel.
La réforme du secteur pétrolier béninois depuis 2016
Les stations-service vignette|Station-service dans le nord du Bénin À partir de 2016, sous la présidence de Patrice Talon, le gouvernement béninois engage une politique de formalisation du secteur de la distribution pétrolière, avec pour objectif de réduire le poids du marché informel.
Le nombre de stations-service homologuées est ainsi passé de 175 en 2016 à 321 en 2023.
Mini-stations Pour encadrer le commerce du kpayo, le gouvernement commande plusieurs milliers de mini-stations de service destinées à sécuriser la vente d'essence dans les quartiers populaires, notamment à Cotonou.
Ce dispositif vise à réduire les risques d'incendie liés à la vente de carburant dans des étals de rue.
Suppression des subventions nigérianes de 2023 Le 29 mai 2023, jour de son investiture, le nouveau président nigérian Bola Tinubu annonce la suppression des subventions publiques sur les carburants. Le prix du litre de kpayo double en l'espace de deux semaines, passant d'environ 350 à 700 francs CFA.
Subvention publique du gaz domestique vignette|Dépôt de gaz ORYX, Hêvié, Abomey-Calavi Le gouvernement béninois a mis en place en mai 2025 un dispositif de subvention du gaz domestique (GPL), présenté par la ministre de l'Industrie et du Commerce, Alimatou Shadiya Assouman.
Cette réforme a introduit une uniformisation des formats de bouteilles disponibles sur le marché, avec la création de nouveaux conditionnements de 1,5 kilogramme et de 3 kilogrammes, vendus respectivement à 1 000 et 2 000 francs CFA, tandis que la bouteille de 6 kilogrammes a vu son prix abaissé de 4 700 à 4 500 francs CFA.
Le prix de la bouteille de 12,5 kilogrammes, plus utilisée par les ménages aisés et les professionnels, est resté inchangé.
Ajustements des prix des carburants et du gaz Début mai 2026, le litre d'essence est passé de 695 à 725 francs CFA, le gasoil de 720 à 750 francs CFA, tandis que le pétrole lampant s'est établi à 1 040 francs CFA le litre.
Engagements du Bénin dans le cadre du programme FMI Le Bénin bénéficie depuis 2022 d'un programme de soutien financier du FMI, comprenant un mécanisme élargi de crédit et une facilité élargie de crédit, pour un montant approuvé de 638 millions de dollars, complété ultérieurement par une facilité pour la résilience et la durabilité.
Dans ce cadre, les services du Fonds ont recommandé aux autorités béninoises de remplacer progressivement les subventions énergétiques généralisées par des mécanismes mieux ciblés vers les ménages vulnérables, afin de préserver la soutenabilité budgétaire à moyen terme.
Un communiqué du FMI publié en avril 2025, à l'issue de la sixième revue du programme, indique que les autorités béninoises ont achevé une réforme complète des subventions aux carburants et adopté, en parallèle, une réglementation destinée à soutenir la production d'énergies renouvelables, dans le cadre de leur programme d'action climatique.
Enjeux climatiques et perspectives de transition Le Rapport sur le développement durable pour le Bénin, publié en 2025 par le réseau local du Réseau des solutions de développement durable des Nations unies (SDSN Bénin), identifie la persistance des subventions aux combustibles fossiles comme l'un des obstacles majeurs à une transition plus rapide vers les énergies renouvelables dans le pays.
Voir aussi
Article connexe
Kpayo Transition énergétique au Bénin Énergie au Bénin
Références
Catégorie:Énergie