Le masque de la Roche-Cotard est un artéfact moustérien créé il y a environ et découvert en 1975 par le paléontologue Jean-Claude Marquet dans la grotte de la Roche-Cotard située dans la commune de Langeais en Indre-et-Loire. Taillé dans du silex, l'objet est traversé par un ossement inséré dans une cavité. Il ressemble ainsi à un visage.
Description Le masque est un bloc de roche ressemblant à un visage et mesurant 9,8 centimètres de haut, 10,5 centimètres de large pour 4,0 centimètres de profondeur. La face avant est bombée, contrairement à celle arrière qui est plus plate, et possède un conduit qui la traverse sur sa largeur formant une sorte de « pont » pierreux d'une largeur de 2,8 centimètres au point le plus étroit. Le conduit accueille une esquille d'ossement qui mesure 7,4 centimètres de longueur, pour un diamètre allant de 1,5 centimètres à 0,3 centimètres à son extrémité droite, et qui dépasse donc du conduit central pour occuper une grande partie de la largeur du masque. L'ossement est maintenu en place par des petites plaquettes ainsi que par les sédiments accumulés au cours des millénaires qui ont solidifié le tout.
L'objet est taillé dans un silex répandu sur le territoire autour de la grotte. Le fragment d'ossement appartient à un grand mammifère dont l'espèce n'est pas connue. En tout, le masque pèse 299 grammes..
Histoire
Création Des traces de travail de la pierre par les humains sont visibles. Un large fragment est retiré de la partie supérieure droite de l'objet pour l'amincir, de même que des éclats issus des zones situées autour du conduit central. Les arrêtes semblent par ailleurs avoir été rendues plus régulières.
vignette|gauche|Jean-Claude Marquet à l'entrée de la grotte de la Roche-Cotard en 2020.
Découverte L'objet est exhumé en 1975 par le paléontologue Jean-Claude Marquet dans la grotte de la Roche-Cotard, un site découvert en 1912 dans la commune de Langeais en Indre-et-Loire. Il est alors situé à proximité d'un foyer, de silex brûlés, d'un os d'herbivore et de plusieurs racloirs et autres fragments de l'industrie lithique.. Lors de la découverte de l'objet, deux petits fragments de l'ossement central ont été retirés par accident.
Initialement appelé « objet énigmatique » par Jean-Claude Marquet, l'artéfact est surnommé masque de La Roche-Cotard par son collègue Michel Lorblanchet.
Datation En 1980, une première datation au carbone 14 au Centre des faibles radioactivités de Gif-sur-Yvette aboutit approximativement à une datation supérieure à , à partir d'un os d'herbivore trouvé à proximité. En 2009, deux nouvelles datation au carbone 14 réalisées par le Centre de datation par le radiocarbone de Villeurbanne sur des ossements issus de la même couche sédimentaire indiquent un âge supérieur à . En 2014 enfin, une datation par luminescence optiquement stimulée est menée par l'Institut hongrois de géologie et de géophysique sur des sédiments trouvés dans la strate du masque et dans celle juste au-dessus. Un âge de (± ) est ainsi donné pour la couche sédimentaire dans laquelle a été trouvé le masque. Il s'inscrit ainsi dans la culture moustérienne et est lié à l'Homme de Néandertal.
vignette|gauche|Paroi de la grotte de la Roche-Cotard, où sont visibles des marques de doigts.
Interprétation vignette|La Vénus de Berekhat Ram découverte en 1981 sur le plateau du Golan. Le masque de la Roche-Cotard est issu d'une roche collectée par des êtres humains et travaillée par la suite pour lui donner son aspect actuel. Sa forme, rappelant celle de la partie supérieure du visage d'un être humain ou d'un animal, est le résultat d'un travail de retouche ayant pour objectif d'accentuer cette ressemblance, notamment au niveau du nez et des joues. Il se rapproche ainsi de plusieurs autres artéfacts archéologiques retrouvés au , comme peut l'être par exemple la Vénus de Berekhat Ram, constitués d'éléments naturels à peine retouchés pour les faire ressembler à des êtres vivants.
Plusieurs hypothèses sur la fonction de l'objet sont avancées au cours des années. Pour , il s'agit d'un poids utilisé pour tendre une peau mais sa masse relativement faible semble invalider cette hypothèse. propose l'hypothèse qu'il s'agit d'un jouet d'enfant, sans forcément prendre en compte le soin apporté au masque. Il semble que le masque a un caractère symbolique.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Art préhistorique Art mobilier Paléolithique
Catégorie:Préhistoire du Centre-Val de Loire Catégorie:Sculpture du Paléolithique Catégorie:Masque