Clemente Marassi, né le 23 novembre 1893 à Fiume, est un syndicaliste, journaliste et homme politique italien d'origine austro-hongroise.

Journaliste et syndicaliste de formation républicaine et socialiste, il fut nommé durant l'Entreprise de Fiume « Recteur du Travail » avant d'adhérer par la suite au syndicalisme fasciste et d'occuper plusieurs fonctions sous le régime.

Biographie

Origines et Première Guerre mondiale Né à Fiume en novembre 1893, Clemente Marassi, né Marassich, obtint à Budapest le diplôme d'instituteur qu'il n'utilisa cependant jamais, préférant s'occuper de journalisme et de syndicalisme. Dès 1913, il dirigea La bilancia jusqu'à son enrôlement dans l'armée austro-hongroise. Après avoir combattu sur le front russe comme officier, il déserta en avril 1915 et, en octobre de l'année suivante, passa en Italie avec le premier contingent d'anciens prisonniers irrédents.

De convictions socialistes et républicaines, il fonda durant la guerre La nostra fede, une publication polycopiée destinée aux prisonniers irrédents en Russie. Arrivé en Italie, il s'installa à Biella, où il dirigea, entre 1918 et 1919, Il nuovo giornale, de tendance socialiste, et collabora à Il Popolo di Fiume. À la même période, il prit contact avec Mussolini et devint correspondant à Biella de Il Popolo d'Italia.

« Recteur du Travail » durant l'Entreprise de Fiume Dans la seconde moitié de 1919, il retourna à Fiume où il fut rédacteur de La Vedetta d'Italia dès sa fondation. Fondateur et dirigeant avec Edoardo Malusardi et Viriginio Galibati de la Chambre du Travail de Fiume, il dirigea également l'hebdomadaire La Conquista. Après avoir collaboré avec Alceste De Ambris à la rédaction de certains articles de la Charte du Carnaro relatifs aux questions sociales, il fut appelé par Gabriele D'Annunzio au Rectorat du Travail, l'équivalent d'un Ministère.

Après la conclusion de l'Entreprise de Fiume avec le Noël sanglant (décembre 1920) et le départ de D'Annunzio, Marassi resta à Fiume, toujours au Rectorat du Travail au sein du gouvernement d'Antonio Grossich. Durant cette courte période, jusqu'en octobre 1921, Marassi « acheva la réalisation des perspectives sociales qu'il avait définies durant les quatre mois de la Régence : le décret-loi n° 340 du 26 janvier relatif à l'institution du Bureau de placement sous la dépendance directe du Rectorat du travail, le décret-loi n° 350 sur l'allocation de chômage involontaire et la loi n° 803 du 22 février relative à l'institution d'une commission paritaire de contrôle auprès du Bureau de placement représentaient la concrétisation des conceptions deambrisiennes dans le domaine des conflits sociaux ».

Rôles au sein des syndicats fascistes Suite à la victoire des partisans de Riccardo Zanella, Marassi, qui avait entre-temps adhéré au Parti national-démocrate, recommença à s'occuper de la Chambre du Travail et de son activité de rédacteur de La Vedetta d'Italia. En 1923, il adhéra au Parti national fasciste (PNF) et, après l'annexion de Fiume à l'Italie, entra dans les syndicats fascistes, au sein desquels il occupa d'importantes fonctions : de la fin de 1924 jusqu'en 1928, il fut secrétaire de l'Union provinciale de la Confédération unitaire rossonienne ; de 1929 à 1937, il occupa la charge de secrétaire provincial des syndicats fascistes des travailleurs de l'industrie et de l'agriculture, tandis que de 1937 à 1943, il dirigea le secrétariat provincial du seul secteur des travailleurs de l'industrie.

L'historien Giuseppe Parlato explique que « la singularité du cas de Marassi doit indubitablement être cherchée dans le caractère périphérique – non seulement géographique, mais malheureusement aussi économique – de Fiume durant le régime ; mais elle doit aussi, à notre avis, être cherchée dans le rôle de symbole du monde du travail de Fiume que Marassi réussit toujours à incarner. Et ce, malgré – ou peut-être précisément pour cela – la conviction républicaine notoire de l'organisateur syndical, dont il ne fit jamais mystère ; à cela s'ajoute le soupçon d'affiliation à la loge de Fiume de la Maçonnerie du Palazzo Giustiniani, sa réputation de subversif et ses relations difficiles avec le monde patronal, lequel était en quelque sorte contraint de le tolérer en raison de la très forte influence qu'il exerçait sur les ouvriers ».

Entre 1939 et 1940, dans le contexte de l'anniversaire de l'Entreprise de Fiume, Marassi contribua, notamment par des articles dans Il lavoro metallurgico, à la réactivation des thèmes dannunziens dans les débats autour du syndicalisme fasciste.

Notes et références

Bibliographie

Giuseppe Parlato, Il Rettornato del Lavoro à Fiume (settembre-dicembre 1920), in Francesco Perfetti, D'Annunzio e il suo tempo. Un bilancio critico, Ecig, 1992-93. Giuseppe Parlato, La sinistra fascista: storia di un progetto mancato, Il Mulino, 2000.

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