Gaston Carle, né le à Laon et mort le à Paris, est un journaliste, homme politique et haut fonctionnaire français.
Biographie
Jeunesse et premiers pas dans la presse et en politique
Né à Laon le 25 mars 1843, Gaston Eugène Hippolyte Carle est le fils d'Eugénie Sophie Carle, née Deparpe, et de Nicolas Hippolyte Désiré Carle, directeur de l’École primaire supérieure de la villeInformations contenues dans le dossier de récipiendaire de la Légion d'honneur consultable sur la base Léonore (consulté le 4 août 2026)..
Après ses études, Gaston Carle s'installe à Paris, où il donne des leçons comme professeur de mathématiquesLarousse, . dans les années 1860.
Opposant radical au Second Empire, il fait ses débuts de journaliste dans la presse républicaine de la capitale. Le 24 août 1868, il fonde un nouveau journal, Le Peuple, qui ne paraît cependant que plusieurs mois plus tard, en février 1869, avec Jules Vallès pour rédacteur en chefLe Peuple, 4 février 1869, .. Carle en est l'un des collaborateurs et y assume les responsabilités de gérant. C'est à ce titre qu'il est assigné en justice le pour avoir publié plusieurs articles politiques dans un quotidien n'ayant pas versé la caution imposée aux journaux par le décret du . Le 27 février, il est condamné par défaut à trois mois de prison et 150 francs d'amende. Cette peine est confirmée le 13 marsLa Liberté, 17 mars 1869, ..
Avant d'être incarcéré à Sainte-Pélagie le 12 juinLe Rappel, 14 août 1869, ., il a le temps de collaborer au successeur du Peuple, Le Réfractaire, et de se présenter aux élections législatives du 24 mai dans la 7 circonscription de Paris en tant que candidat de la « démocratie socialiste »La Presse, 7 mai 1869, .. Il ne recueille cependant qu'un nombre négligeable de voix, les électeurs les plus à gauche ayant préféré voter pour Henri Rochefort ou François Cantagrel face au député sortant, le républicain modéré Jules FavreJournal des débats, 26 mai 1869, .. Carle ne purge finalement que les deux tiers de sa peine à Sainte-Pélagie car il est libéré par l'amnistie du 14 août 1869, décrétée par Napoléon III à l'occasion du centenaire de la naissance de Napoléon I.
Activités au début de la Troisième République
Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, Gaston Carle est incorporé dans le 70 régiment de ligne en tant qu'appelé inscrit de la classe de 1863. Il obtient le grade de sous-lieutenant au 20 régiment d'infanterie de ligne le 26 novembre 1870. Libéré du service actif le 3 avril 1871, il est rendu à la vie civile le 16 mars 1872.
Après la guerre, il poursuit sa carrière en se rapprochant de milieux républicains plus modérés. Ainsi, en 1872, Thiers le charge de la correspondance des grands journaux étrangers. Il collabore à L'Événement, au Courrier de France et fonde le Bulletin des conseils municipaux en 1875.
Quelques mois après la victoire des républicains aux élections législatives de 1876, Carle est nommé sous-préfet de Lectoure. Révoqué pendant la crise du 16 mai 1877, il prend part à la campagne républicaine depuis Rennes, où il fonde Le Petit Breton et contribue à la victoire de son camp aux élections législatives d'octobre 1877. De retour à Paris, il devient le secrétaire de la grande commission d'enquête parlementaire sur les élections de 1877 puis le secrétaire de la rédaction du Le Temps.
Fondateur et directeur de La Paix vignette|Affiche pour La Paix (novembre 1880). En 1879, Gaston Carle quitte le secrétariat de la rédaction du Temps, où il est remplacé par Armand Schiller, pour fonder La Paix, dont le premier numéro paraît le 16 mai. Sous sa direction, ce nouveau journal républicain est l'organe officieux du nouveau président de la République, Jules Grévy, dont il défend la politique modérée.
Le 15 novembre 1880, Carle épouse Louise Angèle Chemet, fille du principal du collège de Laon. Parmi leurs témoins, la présence du ministre des Affaires étrangères, Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, et du chef de la maison militaire du président de la République, le général PittiéArchives de Paris, état civil du arrondissement, registre des mariages de 1880, acte (vue 4 sur 31)., souligne la proximité du directeur de La Paix avec le pouvoir en place.
Membre du Syndicat de la presse parisienne, qui regroupe des directeurs de journaux parisiens de toutes tendances politiques, Carle est l'un des cofondateurs de l'Association des journalistes parisiens en 1885. Le 30 décembre de la même année, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en reconnaissance de ses vingt ans de services militaires et civils.
Élu local puis préfet vignette|Gaston Carle, conseiller municipal de Paris (gravure de Jules Hanriot d'après une photographie de Marius, publiée dans L'Univers illustré du 25 juin 1887). Maire d'Eaubonne (Seine-et-Oise) depuis 1884, Gaston Carle est élu conseiller municipal du quartier du Val-de-Grâce le 5 février 1886, à l'issue d'une élection partielle provoquée par la démission d'Aristide Rey, qui vient d'être élu député. Il siège parmi les républicains opportunistes ou « municipaux », qui s'opposent aux revendications des radicaux-socialistes « autonomistes » à propos d'une autonomie par rapport au préfet de la Seine. Il est réélu lors des municipales de mai 1887. Comme l'année précédente, il a remporté la majorité des voix au second tour face au candidat radical, l'avocat Édouard de Létoille (1847-1908)Ernest Gay, Nos Édiles, Paris, 1895, et 121..
Il démissionne de son mandat municipal le 7 août 1889, après avoir été nommé préfet du Cher par un décret du 3 août précédent. Maintenu à ce poste jusqu'en 1892, il est ensuite nommé préfet de Vaucluse (1892-1894) puis préfet de la Corrèze (1894-1895).
Dernières années
Mis en disponibilité en 1895, Carle reprend bientôt ses activités journalistiques. Il revient ainsi au Temps, où il centralise les informations électorales de la provinceLe Figaro, 23 décembre 1902, ..
En 1897, son nom est brièvement évoqué en vue de l'élection législative partielle provoquée à Laon par la mort du député sortant, Philippe CuissartLa Liberté, 9 janvier 1897, ., mais c'est finalement le maire de Laon, Georges Ermant, qui sera le candidat puis l'élu des républicains modérés.
Après une longue maladie, Gaston Carle meurt le 21 décembre 1902 à son domicile du de la rue Guichard. Après des obsèques célébrées en l'église Notre-Dame-de-Grâce de Passy, son corps est inhumé au cimetière parisien de Bagneux (il sera transféré à Versailles en 1949).
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Pierre Larousse (fondateur), Grand Dictionnaire universel du XIX siècle, t. XVII, 2 supplément, Paris, 1888, (consultable sur Gallica).
Liens externes
Catégorie:Naissance en mars 1843 Catégorie:Naissance à Laon Catégorie:Journaliste français du XIXe siècle Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1885 Catégorie:Patron de presse français du XIXe siècle Catégorie:Préfet du Cher Catégorie:Préfet de Vaucluse Catégorie:Préfet de la Corrèze Catégorie:Décès en décembre 1902 Catégorie:Décès dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 59 ans