Le syndicat des couturières de Dunedin (, DTU) était un syndicat néo-zélandais actif de 1889 à 1945. Il s'agissait du premier syndicat de femmes de Nouvelle-Zélande.

Contexte historique Pendant la crise économique des années 1880, les salaires dans les métiers de la confection et de la couture étaient très bas et les conditions de travail mauvaises malgré l’adoption de la loi de 1873 sur l’emploi des femmes (), qui constituait l’une des premières tentatives visant à protéger les femmes salariées. Les couturières n’étaient pas les seules salariées à être exploitées, mais elles étaient les plus nombreuses. Un nombre croissant de couturières, souvent jeunes et célibataires, commencèrent à s'engager pour obtenir des salaires leur permettant de vivre et des conditions de travail décentes en demandant des inspections de travail dans le secteur de la confection.

La presse nationale s'intéressa aux conditions de travail des couturières. Après un sermon du pasteur presbytérien du nom de Rutherford Waddell à Dunedin en octobre 1888, condamnant le système des ateliers de misère dans lesquels la main d'œuvre féminine exploitée travaillait contre des salaires inférieurs au seuil de subsistance dans des conditions de travail insalubres. Une commission d'enquête est créée pour examiner les conditions de travail dans le secteur de la confection.

Le directeur de l’Otago Daily Times, George Fenwick devint un des défenseurs de la lutte pour obtenir des conditions de travail décentes pour les ouvrières du textile. Un groupe de syndicalistes et d'hommes influents créa un comité pour négocier avec les employeurs des couturières, ce qui donna lieu à une réunion à Dunedin le 7 juin 1889.

Naissance du syndicat Suite au refus des employeurs de coopérer, le comité réuni en assemblée décida de créer le Syndicat des couturières de Dunedin (DTU) le 12 juillet 1889. Le syndicat est devenu l’un des syndicats de femmes les plus puissants de Nouvelle-Zélande, et comptait à son apogée .

Au départ le syndicat est dirigé par des hommes, mais en 1891, Maria Selina Hale en devint la secrétaire et 13 autres femmes devinrent cadres avec elle. Par la suite, la gestion de ce syndicat est contrôlée par des femmes. Le syndicat a mis en place un programme féministe et a contribué à la formation de syndicats de couturières dans d'autres régions. Ce syndicat a fourni de l'argent et du soutien logistique aux syndicats naissants de couturières d'Auckland, de Wellington et de Christchurch. vignette|Harriet Russell Morison, vice-présidente du syndicat. Le syndicat tint sa réunion d'inauguration le 11 juillet 1889 au Dunedin Choral Hall. Harriet Morison en devint la vice-présidente et s'attela à son organisation. Elle en devint la secrétaire de 1890 à 1896. En février 1891, elle se rendit à Wellington pour renforcer la section locale du syndicat, puis, plus tard dans l’année, elle mena une mission semblable à Auckland. En 1892, elle passa à Auckland pour remettre sur pied la section locale, qui était au bord de l’effondrement. C’est en grande partie grâce à elle que le syndicat parvint à négocier un salaire hebdomadaire minimum de 7 shillings et 6 pence pour les ouvrières de l’industrie textile.

Selina Hale rejoint le syndicat en 1898 environ et en devient la cinquième secrétaire. Elle est aussi secrétaire de la fédération nationale des syndicats de couturières en juillet 1901. Elle a collaboré à la constitution de dossiers pour la Cour d'arbitrage et participé aux négociations qui ont abouti à la suppression du système du travail à la pièce ainsi qu'à la mise en place de salaires fixes pour les ouvrières qualifiées.

Le syndicat négocie des conditions de travail plus avantageuses, offre des formations et promulgue des législations pour améliorer les conditions de travail. Il propose aussi des activités sociales, et organise des pique-niques très fréquentés. Ces évènements sont aussi des leviers pour lever des fonds pour le syndicat. Quand la pluie réduisit la fréquentation des pique-niques en 1895, le syndicat entra dans une période de difficultés financières, malgré l'organisation d'un carnaval par Harriet Morison. Elle dut toutefois démissionner après avoir été incapable de garder une trace des sommes perçues.

En 1940 le syndicat fusionna avec les syndicats du secteur de l'habillement, et les femmes en perdirent la gestion malgré leur supériorité numérique.

Le syndicat réussit durant son existence à obtenir une réduction des heures de travail pour les ouvrières et une augmentation de leurs salaires. Il parvint à faire recruter des inspectrices du travail par le ministère du Travail. Plus encore, il parvint à mobiliser les ouvrières sur des questions politiques et féministes. Nombre de membres du DTU devinrent des figures de proue de la campagne pour le droit de vote des femmes. La pétition de 1891 en faveur du droit de vote des femmes recueillit à Dunedin, dont les deux tiers provenaient de femmes ouvrières.

Le DTU a disparu en juin 1945.

Voir aussi

Harriet Morison (1862-1925), suffragette, syndicaliste, fonctionnaire.

Jane Elizabeth Runciman (4 juin 1873-13 novembre 1950), couturière, syndicaliste et réformatrice sociale.

Références

Catégorie:Syndicat en Nouvelle-Zélande Catégorie:Féminisme en Nouvelle-Zélande Catégorie:Syndicalisme féminin