Le trafic sexuel à Dubaï est un problème persistant. Au XXe siècle, lorsque la ville devient un centre d'affaires mondial, elle accueille de nombreux travailleurs étrangers. En dépit de la fermeté des lois contre la prostitution, l'environnement de la ville favorise la tenue d'activités illégales. Des enquêtes révèlent l'existence de réseaux de trafic tirant profit de migrantes faibles et vulnérables. Le trafic sexuel est si répandu qu’il engendre des tendances médiatiques telles que #Dubaiportapotty.
Arrière-plan À la fin du XXe siècle, le trafic sexuel devient un problème croissant aux Émirats arabes unis, du fait de la dépendance de son économie au nombre croissant de travailleurs étrangers installés dans le pays. Des femmes originaires d'Afrique, d'Asie centrale, d'Asie du Sud-Est et d'Europe de l'Est se sont vu promettre de réelles opportunités d'emploi, mais bon nombre d'entre elles ont été dupées par des groupes criminels et exploitées. Des enquêtes, dont un reportage de la BBC datant de septembre 2025, révèlent l'existence de réseaux de trafic d'êtres humains qui trompent de jeunes femmes majoritairement originaires d'Ouganda et du Nigeria, en les incitant à s'installer à Dubaï grâce à de fausses offres d'emploi. Une fois surplace, elles découvrent la supercherie et sont contraintes sous la menace, la violence, la confiscation de leurs passeports et de fausses dettes, de travailler comme esclaves sexuelles.
Modus operandi Le mode opératoire des réseaux de trafic sexuel est très simple. La plupart des trafiquants sexuels sont des étrangers ou des ressortissants des pays des victimes. Ils font miroiter aux femmes de véritables opportunités d'emploi pour les attirer. Selon les victimes, ils font usage à des violences psychologiques et physiques, dont des dettes pouvant atteindre 10 000 à 15 000 dollars obligeant les femmes à se prostituer pour rembourser ces dettes fabriquées de toutes pièces. Les menaces de mort, voire la torture, ne sont pas exclues.
Cas notables
Enquête de la BBC en 2025 En septembre 2025, la BBC dévoile son enquête sur le réseau de prostitution de Dubaï, qui identifie Charles Mwesigwa comme l'un des principaux chefs avec pour cible des femmes ougandaises en leur promettant de faux emplois à Dubaï. Selon la BBC, des reportages montrent que des femmes sont contraintes à la prostitution et à des actes dégradants notamment lesdits « Dubai porta potty parties », également connus sous le nom de hashtag #Dubaiportapotty. Une enquête sous couverture révèle que ces opérations se déroulent dans des zones comme Jumeirah Village Circle, où les trafiquants vendent des femmes à des clients fortunés et se cachent en utilisant de faux noms et des comptes sur les réseaux sociaux.
Réseau Christy Gold (Christiana Jacob Uadiale) 2023 En 2023, une enquête conjointe menée par l'ICIJ et Reuters révèle l'existence d'un réseau de prostitution avec à sa tête une certaine Christy Gold. Son vrai nom se révèle être plus tard Christiana Jacob Uadiale. Ce réseau a fait de nombreuses victimes dont la plupart sont originaires du Nigéria, en leur promettant de bons emplois à Dubaï. Une fois à Dubaï, elles sont contraintes de se prostituer, sous la menace de fausses dettes contractées dont certains peuvent atteindre 15 000 dollars. La peur constante de la violence, les menaces, les abus et la torture étaient le quotidien de ces femmes à en croire les descriptions faites. Début 2025, à la suite d'enquêtes internationales révélant son rôle dans l'exploitation de centaines de femmes, Christy Gold est arrêtée au Nigéria.
Cas de Maria Kovalchuk Maria Kovalchuk est une mannequin ukrainienne de 20 ans et créatrice de contenu OnlyFans, qui a été portée disparue pendant 10 jours en mars 2025, avant d'être retrouvée avec des blessures graves . Selon elle, elle s'est rendue à une fête où des hommes russes fortunés présents l'ont agressée sexuellement. Mais selon la police de Dubaï, elle est tombée du bâtiment. Aujourd'hui, après plusieurs interventions chirurgicales, elle est en fauteuil roulant. La police ukrainienne mène une enquête pour trafic d'êtres humains, l'affaire étant toujours en cours.
Statut juridique La prostitution est illégale aux Émirats arabes unis et est passible de sanctions. Malgré contrainte de la loi, des rapports montrent que le travail du sexe et la traite des êtres humains perdurent clandestinement dans les clubs, hôtels et lieux de vie nocturne de luxe de Dubaï.
Réponse du droit Le gouvernement des Émirats arabes unis collabore avec les services de police étrangers, INTERPOL et les ONG de lutte contre la traite des personnes pour renforcer les mesures de prévention et faciliter l'extradition des trafiquants. Des lignes d'assistance téléphonique dédiées et une unité de police spéciale à Dubaï offrent aux victimes des canaux de signalement mais leur efficacité reste limitée en raison des craintes de représailles et des sanctions pénales potentielles pour les infractions liées à l'immigration. Des enquêtes internationales et des opérations de répression coordonnées ont pour résultat à l'arrestation de plus de 150 trafiquants dans le monde entier; Dubaï servant à la fois de point de transit et de destination majeure pour l'exploitation sexuelle. En juillet 2025, des opérations internationales de grande envergure aident à secourir des milliers de victimes et démanteler des réseaux de trafic, y compris des chefs de réseau liés à des opérations aux Émirats arabes unis. Les autorités de Dubaï ont également mené des enquêtes et, dans certains cas, extradé des suspects vers leur pays pour qu'ils y soient jugés, y compris dans des affaires très médiatisées liées à des crimes organisés autres que le trafic sexuel.
Protection et prévention Selon le rapport 2025 du département d’État américain sur la traite des personnes, les autorités de Dubaï mettent en place des mesures de protection et de prévention pour les victimes de la traite sexuelle au nombre desquelles figurent des centres d’accueil dédiés. La Fondation de Dubaï pour les femmes et les enfants (DFWAC) offre un logement et un soutien aux femmes et aux enfants victimes de trafic et d'abus sexuels. Ce soutien inclus des soins médicaux, une assistance juridique, des programmes éducatifs, des soins de santé, un soutien à la réinsertion, des services de consultation et une formation professionnelle. De plus, le DFWAC met à disposition une ligne d'assistance téléphonique pour signaler tout cas de traite des personnes.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi La prostitution aux Émirats arabes unis Trafic d'êtres humains aux Émirats arabes unis Droits de l'homme aux Émirats arabes unis
Catégorie:Droits de l'homme aux Émirats arabes unis Catégorie:Criminalité aux Émirats arabes unis