Stéphane Hardouin, né le 28 septembre 1971 à Rennes, est un magistrat français. Il est directeur de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis février 2025.

Il a exercé successivement des fonctions au parquet, à l’administration centrale du ministère de la Justice, en cabinet ministériel et auprès du Premier ministre, avant d’être nommé procureur de la République près le tribunal judiciaire de Créteil en 2022.

Formation

Après des études de droit à l’université de Rennes puis à l’Université Paris-Panthéon-Assas, Stéphane Hardouin intègre l’École nationale de la magistrature en 1997 au sein de la promotion Paul Didier. Il est nommé magistrat en 1999.

Parcours professionnel

Débuts au parquet et administration centrale

Stéphane Hardouin commence sa carrière comme substitut du procureur au tribunal de grande instance de Pontoise, où il exerce au sein de la section chargée des mineurs et de la famille.

En 2002, il rejoint la direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice.

Il est ensuite nommé au parquet de Paris en 2005, où il exerce au pôle financier. En mars 2007, Stéphane Hardouin requiert deux ans d’emprisonnement ferme et 150 000 euros d’amende contre l’ancien PDG d’Elf Loïk Le Floch-Prigent dans le volet de l’affaire Elf consacré aux emplois fictifs. En septembre 2006, il intervient au procès de Xavier Niel, fondateur de Free, poursuivi pour recel d’abus de biens sociaux. Stéphane Hardouin requiert notamment deux ans d’emprisonnement avec sursis et 375 000 euros d’amende à son encontre, ainsi que la confiscation de ses biens à hauteur des détournements.

Fonctions au ministère de la Justice

Après un passage au cabinet du secrétaire général du Ministère de la Justice (France), il est chargé du déploiement du système d’information pénale Cassiopée au sein de la direction des services judiciaires. Il devient directeur de l’École nationale des greffes de 2011 à 2014.

Nommé procureur de la République près le tribunal judiciaire de Compiègne en 2014, il rejoint ensuite la direction des affaires criminelles et des grâces comme sous-directeur de la justice pénale spécialisée.

Fonctions auprès du garde des Sceaux et du Premier ministre

En 2017, Stéphane Hardouin est nommé directeur adjoint du cabinet du garde des Sceaux François Bayrou. Il est alors présenté comme un spécialiste du numérique dans la justice, notamment en raison de son expérience dans le déploiement du logiciel Cassiopée, dont il avait été directeur de projet à l’administration centrale de la justice de 2008 à 2011. Au départ de François Bayrou du gouvernement, il rejoint l’Inspection générale de la justice.

En 2018, il est nommé secrétaire général adjoint du Ministère de la Justice (France). Il participe notamment à la coordination de projets liés à la transformation numérique de la justice.

En juillet 2020, il devient conseiller justice auprès du Premier ministre français Jean Castex. Dans ces fonctions, il suit notamment des dossiers relevant du ministère de la Justice. Le 10 novembre 2023, Stéphane Hardouin est entendu comme témoin au procès d’Éric Dupond-Moretti devant la Cour de justice de la République, en sa qualité d'ancien conseiller justice du Premier ministre.

Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Créteil

Par décret du 4 janvier 2022, Stéphane Hardouin est nommé procureur de la République près le tribunal judiciaire de Créteil à compter du 31 janvier 2022.

Dans cette fonction, il intervient sur les questions relatives à l’activité du parquet du Val-de-Marne, à l’exécution des décisions de justice et à la politique pénale du ressort.

Il s'exprime également sur l’organisation de la justice et les moyens nécessaires au fonctionnement des juridictions.

À l’approche des Jeux olympiques de 2024, Stéphane Hardouin place la lutte contre le trafic de stupéfiants au premier rang des priorités du parquet de Créteil à Orly, avec la volonté de dissuader les passeurs et de perturber les réseaux de commanditaires. Sa feuille de route prévoit également de renforcer la réponse pénale face au blanchiment, à l’immigration clandestine, aux taxis et VTC clandestins ainsi qu’aux atteintes à la sûreté aérienne, notamment les intrusions sur les pistes, les drones et l’usage de lasers visant les pilotes.

Directeur de l’Inspection générale de la police nationale

Par décret pris en Conseil des ministres le 19 février 2025, Stéphane Hardouin est nommé directeur des services actifs de la Police nationale et directeur de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), succédant à Agnès Thibault-Lecuivre.

Il devient ainsi le deuxième magistrat à diriger l’IGPN. Sa nomination intervient dans un contexte de débats sur le fonctionnement et l’indépendance de ce service chargé du contrôle de l’activité des forces de sécurité.

Dans cette fonction, il est notamment chargé de diriger le service d’enquête et de contrôle interne de la Police nationale. Le 15 octobre 2025, Stéphane Hardouin annonce le lancement, pour la première fois depuis la création de l’IGPN, d’enquêtes d’initiative, notamment dans les affaires de corruption du « haut du spectre » et de consultations illégales de fichiers. Il présente cette évolution comme une priorité pour l’année à venir et évoque le recours possible à des techniques d’enquête telles que l’infiltration.

Le 18 novembre 2025, alors que des critiques portent sur le fonctionnement des cellules de déontologie, il reconnaît que leur activité « n’est pas assez connue » et souhaite disposer d’un état plus complet de leur activité dans le rapport annuel de l’IGPN. Stéphane Hardouin annonce vouloir renforcer le contrôle de ces cellules afin de prévenir les conflits d’intérêts et plaide pour que l’IGPN dispose d’un rôle accru de coordination, d’évaluation et de contrôle. Il se prononce également en faveur du dépaysement des enquêtes lorsqu’il existe un risque de conflit d’intérêts, après la publication d’une enquête de Flagrant Déni, révélée par l'Humanité, sur l’indépendance de l’IGPN. Il conteste par ailleurs les conclusions de ce rapport, qu’il juge « peu documentées » et fondées sur des « interprétations biaisées », et qualifie la démarche de l’association d’« action militante ».

En juin 2026, Stéphane Hardouin présente un premier bilan de son action à la tête de l’IGPN et fait de la lutte contre la corruption l’une de ses priorités. Dans un entretien accordé à Libération, il souligne que « plus on travaille dessus, plus on trouve des affaires ». Le bilan qu’il dresse fait notamment état de 235 enquêtes ouvertes en 2025 pour des atteintes à la probité visant des policiers, dont plus de la moitié pour des consultations illégales de fichiers. Le nombre de ces affaires est passé de 75 en 2024 à 136 en 2025, soit une hausse de 81 %.

Controverses

Sa nomination comme procureur de la République près le tribunal judiciaire de Créteil en 2022 a suscité des critiques de la part de certaines organisations syndicales et de certains observateurs, notamment en raison de son parcours auprès du gouvernement. Ce choix est également discuté au regard de son ancienneté dans le grade. Parmi les dix-sept candidats de grade équivalent, il est celui qui dispose de la plus faible ancienneté, classé hors hiérarchie depuis août 2020. Cette situation alimente les interrogations de plusieurs magistrats sur les critères ayant présidé au choix de sa candidature.

À Créteil, Stéphane Hardouin recourt à la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) avec incarcération immédiate, notamment pour les transporteurs de cocaïne interpellés à l’aéroport d’Orly, une pratique qui conduit le barreau à demander à ses avocats de permanence de ne plus participer à ces procédures. En 2024, cette politique pénale fait toujours l’objet d’une vive contestation du barreau, tandis que Stéphane Hardouin en défend le recours comme une réponse aux contraintes auxquelles est confronté le tribunal.

Sa désignation à la direction de l’Inspection générale de la police nationale en 2025 a également fait l’objet de réactions critiques de la part de certaines organisations, qui ont questionné le choix d’un magistrat à la tête de ce service.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur (2026) Chevalier de l’ordre national du Mérite (2019)

Médaille d’honneur de l’administration pénitentiaire, échelon bronze (2025)

Notes et références

Liens externes

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