La , ou couverte au sel, est une glaçure obtenue par l'introduction de sel dans le four au cours de la cuisson. Sous l'effet de la température, le chlorure de sodium se volatilise ; le sodium réagit alors avec la silice et l'alumine présentes à la surface du tesson pour former une couche vitreuse. Introduite au Japon à partir d'une technique mise au point en Allemagne, elle a été adaptée par plusieurs céramistes japonais, notamment Kakō Morino et Shōji Hamada.
Histoire L'émaillage au sel est originaire d'Allemagne, où il apparaît au sur les grès rhénans.
Au Japon, cette technique est reprise et développée par plusieurs céramistes contemporains. Herbert Sanders rapporte notamment les recherches de Kakō Morino, qui, après une trentaine d'années de pratique, considérait que cette technique était devenue pleinement japonaise. Insatisfait des premiers résultats obtenus, Morino développa de nombreuses variantes en associant la couverte au sel à des engobes blancs et à des colorants à base de manganèse et de fer.
Shōji Hamada utilisa également la couverte au sel dans son noborigama de Mashiko.
Composition
Matrice vitreuse Contrairement aux glaçures classiques, la shio-gusuri ne résulte pas de l'application préalable d'un mélange de matières premières.
Au cours de la cuisson, du chlorure de sodium (NaCl) est projeté dans le foyer du four. Sous l'effet de la chaleur, le sodium réagit avec la silice (SiO₂) et l'alumine (Al₂O₃) du tesson pour former une couche vitreuse directement à la surface de la pièce.
La composition finale dépend donc largement de la nature de l'argile employée.
Constituants fonctionnels La glaçure obtenue est naturellement transparente et incolore. Les couleurs proviennent essentiellement :
des impuretés présentes dans le tesson (notamment le fer) ; de colorants appliqués avant cuisson, tels que les oxydes de fer ou de cobalt ; d'engobes déposés avant l'émaillage au sel.
Les conditions atmosphériques du four influencent également l'aspect final.
Formulations traditionnelles La shio-gusuri ne possède pas de formulation fixe.
Selon Sanders, Kakō Morino procédait de la manière suivante :
cuisson au gaz jusqu'à environ 1300 °C ; poursuite de la cuisson au bois ; projection d'une première charge de sel ; remontée du four à sa température initiale ; deux nouvelles additions de sel espacées d'environ une heure, soit trois projections réparties sur environ trois heures.
Lors de chaque addition, la température du four chutait d'environ 50 °C avant de remonter.
Résultat visuel La shio-gusuri produit généralement :
une glaçure transparente à légèrement satinée ; une surface très adhérente au tesson ; une texture pouvant varier selon l'atmosphère de cuisson ; des effets colorés lorsque le tesson contient du fer ou que des oxydes métalliques ont été appliqués avant cuisson.
Une atmosphère réductrice avant ou pendant l'addition de sel peut modifier la couleur et la texture de la glaçure.
Emploi La shio-gusuri est principalement utilisée sur les grès cuits à haute température.
L'émaillage intervient directement pendant la cuisson, sans application préalable de glaçure. Le sel est introduit lorsque le four atteint environ 1300 °C.
Sanders souligne que les premières cuissons servent également à saturer les briques du four en sodium. Après plusieurs cuissons, les parois internes sont elles-mêmes vitrifiées, ce qui stabilise ensuite le procédé.
Variantes Les principales variantes résultent :
de la quantité de sel introduite ; du moment de son introduction dans la cuisson ; de l'atmosphère (oxydante ou réductrice) ; des engobes ou colorants appliqués avant cuisson ; de la composition du tesson.
Les expérimentations de Kakō Morino illustrent la diversité des effets obtenus en combinant la couverte au sel avec des engobes blancs et des colorants à base de manganèse et de fer.
Galerie
Voir aussi Céramique japonaise Glaçures de céramique japonaise
Références
Catégorie:Type de glaçure de céramique japonaise