Ludovic Marie Julien Tauxier, dit Louis Tauxier, né le à Charenton-du-Cher et mort le à Saint-Maur-des-Fossés, est un administrateur colonial français, ethnographe et africaniste.

Administrateur en Afrique-Occidentale française pendant une vingtaine d'années, il mène parallèlement de nombreuses enquêtes sur les sociétés d'Afrique de l'Ouest. Ses travaux portent entre autres sur les populations de la Guinée française, de la Haute-Volta, du Soudan français et de la Côte d'Ivoire. Il publie des monographies consacrées aux Mossis, aux Peuls, aux Bambaras, aux populations de la région de Bondoukou et à plusieurs sociétés de Côte d'Ivoire.

Biographie

Enfance, formation et débuts

Ludovic Marie Julien Tauxier naît le 2 juillet 1871 à Charenton-du-Cher, dans le département du Cher. Son père est directeur des hôpitaux de Paris. Son oncle, Hippolyte Henri Tauxier (1828-1896), militaire de carrière, s'intéresse à l'histoire et aux langues de l'Afrique du Nord..

De 1898 à 1904, Tauxier travaille comme rédacteur à l'Assistance publique. En janvier 1905, il entre dans l'administration coloniale comme administrateur-adjoint de première classe. Il est envoyé en Guinée française et occupe en 1906 des postes à Kankan puis à Faranah. Ses observations effectuées en Guinée servent de base à ses deux premiers ouvrages, Le Noir de Guinée, publié en 1908, et Le Type social du Noir de Guinée, paru en 1911.

En octobre 1908, il est affecté à Ouagadougou, puis se trouve à Léo en 1910. Durant cette période, il recueille des informations sur différentes populations de la région, dont les Dogons, qu'il désigne dans ses écrits par l'ancien ethnonyme « Habbé » employé par les Peuls. Une partie de ces données est publiée en 1933 dans la revue L'Ethnographie.

Parcours

En 1912, Tauxier repart en Afrique de l'Ouest et est affecté à Nioro du Sahel, dans l'actuel Mali. En septembre 1913, il devient commandant de cercle à Ouahigouya. Les archives administratives le signalent dans cette ville de septembre 1913 à septembre 1914, puis de mai 1915 à juin 1916. Au cours de ces séjours, il rassemble des données sur les Peuls qu'il exploite ultérieurement dans Mœurs et histoire des Peuls, publié en 1937.

En 1917, après un séjour en France, il est nommé commandant-adjoint du cercle de Kayes. La même année paraît Le Noir du Yatenga, consacré aux populations du Yatenga, ouvrage dont la rédaction avait été effectuée en grande partie durant son séjour en France de 1916 à 1917.

À partir de 1918, l'essentiel de sa carrière se déroule en Côte d'Ivoire. Il est commandant de cercle à Bondoukou de juillet 1918 à août 1920. Il tire de cette affectation Le Noir de Bondoukou : Koulangos, Dyoulas, Abrons, etc., publié en 1921. L'ouvrage réunit des informations historiques, sociales, économiques et linguistiques relatives à la ville et aux populations de sa région..

À la demande du gouverneur de la Côte d'Ivoire, il mène ensuite deux missions ethnographiques. La première, en 1921 et 1922, concerne les anciens États de Kong. La seconde, en 1922 et 1923, porte sur les populations gouro et gagou du centre de la Côte d'Ivoire. Pour son enquête sur Kong, Tauxier rassemble environ de notes et prépare deux volumes qui restent inédits de son vivant. Une partie de ces recherches est publiée dans plusieurs articles au début des années 1930. Le manuscrit consacré à Kong est finalement édité en 2003 sous le titre Les États de Kong (Côte d'Ivoire), avec une introduction et une postface de l'ethnologue Edmond Bernus..

Son travail sur les populations gouro et gagou paraît en 1924. Entre 1924 et 1927, il exerce ensuite comme commandant de cercle ou commandant-adjoint à Abengourou, Assinie et Aboisso. Ses séjours dans l'est et le sud-est ivoiriens alimentent Religion, mœurs et coutumes des Agnis de la Côte d'Ivoire (Indénié et Sanwi), publié en 1932.

Tauxier rentre définitivement en France le 2 février 1927 et prend sa retraite de l'administration coloniale en décembre de la même année. Il poursuit cependant ses recherches. Il participe dès sa création, en 1930, à la Société des africanistes, dont il devient archiviste-bibliothécaire en 1933 puis vice-président en 1939. Il appartient aussi au Comité d'études historiques et scientifiques de l'Afrique occidentale française, dont il est membre correspondant à différentes périodes entre 1919 et 1938..

Ses missions ethnographiques en Côte d'Ivoire lui valent en 1931 la médaille Duchesne-Fournet, qui récompense ses travaux d'observation et de recherche. Il donne également des communications devant plusieurs sociétés savantes et publie dans le Journal de la Société des africanistes, L'Anthropologie, L'Ethnographie et la Revue de folklore français et de folklore colonial.

Louis Tauxier meurt le 15 juillet 1942, à l'âge de 71 ans à Saint-Maur-des-Fossés...

Travaux ethnographiques Les recherches de Tauxier sont étroitement liées à sa carrière administrative et reposent sur l'observation directe, la collecte de traditions orales, la constitution de vocabulaires et l'étude des travaux antérieurs. Influencé par Frédéric Le Play et l'école française de la « science sociale », il organise ses monographies autour de la géographie, de l'histoire, de la langue, de l'organisation sociale, des pratiques religieuses et des traditions orales des populations étudiées. La durée de ses affectations en Haute-Volta et en Côte d'Ivoire lui permet de constituer un important corpus de données ethnographiques et linguistiques, dont certaines continuent d'être utilisées après sa mort. Ses classifications restent toutefois marquées par l'ethnologie coloniale et les conceptions ethno-raciales de son époque ; l'historien burkinabè Magloire Somé s'appuie sur ses travaux, ainsi que sur ceux de Maurice Delafosse et d'Henri Labouret, pour analyser les limites des reconstructions coloniales des origines et des groupes ethniques en Haute-Volta.

Publications principales

La bibliographie établie par Doris Bonnet et le catalogue de la Bibliothèque nationale de France recensent une production consacrée principalement aux sociétés d'Afrique de l'Ouest. :

Le Noir de Guinée, Paris, Bureaux de la Science sociale, 1908. Le Type social du Noir de Guinée, Paris, Bureaux de la Science sociale, 1911. Le Noir du Soudan. Pays mossi et gourounsi : documents et analyses, Paris, Émile Larose, 1912. Le Noir du Yatenga : Mossis, Nioniossés, Samos, Yarsés, Silmi-Mossis, Peuls, Paris, Émile Larose, 1917. Le Noir de Bondoukou : Koulangos, Dyoulas, Abrons, etc., Paris, Ernest Leroux, 1921. Nouvelles notes sur le Mossi et le Gourounsi, Paris, Émile Larose, 1924. Nègres Gouro et Gagou (Centre de la Côte d'Ivoire), Paris, Paul Geuthner, 1924. La Religion bambara, Paris, Paul Geuthner, 1927.. Religion, mœurs et coutumes des Agnis de la Côte d'Ivoire (Indénié et Sanwi), Paris, Paul Geuthner, 1932. Mœurs et histoire des Peuls, Paris, Payot, 1937.. Histoire des Bambara, Paris, Paul Geuthner, 1942. Les États de Kong (Côte d'Ivoire), introduction et postface d'Edmond Bernus, Paris, Karthala, 2003, publication posthume.

Il publie également plusieurs études dans le Journal de la Société des africanistes, dont « La religion des Touras » en 1931, « Les Gouin et les Tourouka, résidence de Banfora, cercle de Bobo-Dioulasso » en 1933 et « Deux petites populations peu connues de l'Afrique occidentale française : les Ouara ou Guala et les Natioro » en 1939..

Notes et références

Voir aussi

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Liens externes

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