vignette| Poêle traditionnel à bois à trois pierres au Guatemala, qui provoque la pollution de l'air intérieur L' un des aspects de la précarité énergétique, est le manque d'accès à des combustibles et des technologies de cuisson propres et modernes. En 2020, environ 2,6 milliards de personnes dans les pays en voie de développement cuisinaient régulièrement à l'aide des combustibles tels que le bois, le fumier animal , le charbon ou le kérosène. La combustion de ces types de combustibles a l'intérieur des foyers ouverts ou des fourneaux traditionnels, engendre une pollution de l'air intérieur nocive à la santé , responsable d'environ 3,8 millions de décès par an selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et conduit à divers problèmes sanitaires, socio-économiques et environnementaux.

L'élargissement de l'accès à des solutions de cuisson propres et abordables s'inscrit dans l'objectif de développement durable n° 7 de l'organisation des Nations unies. Selon L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) une telle pratique s'appuie sur des équipements propre comme l'utilisation de foyers et d'appareils fonctionnant à l'électricité, au gaz de pétrole liquéfié (GPL), au gaz naturel distribué par réseau, au biogaz, à l'alcool ou à l'énergie solaire thermique, et conformes aux directives de l'OMS en matière de cuisson propre. vignette|Foyer traditionnel amélioré au Togo. Les foyers qui brûlent du bois et d'autres combustibles solides avec une meilleure efficacité que les modèles traditionnels sont appelés « foyers améliorés » ou « foyers propres ». À quelques exceptions près, ces foyers, offrent moins d'avantages pour la santé que les foyers fonctionnant aux combustibles liquides ou gazeux. ils permettent toutefois de réduire la consommation de combustibles et contribuent ainsi à prévenir la dégradation de l'environnement . Les foyers améliorés constituent une solution transitoire très importante dans les endroits où le déploiement de technologies plus propres est moins réalisable.

Les initiatives visant à encourager des pratiques de cuisson plus propres n'ont rencontré qu'un succès limité. Pour diverses raisons d'ordres pratiques, culturels et économiques, il est fréquent que les familles adoptant des foyers et des combustibles propres continuent d'utiliser a plus grande fréquence les combustibles et les foyers traditionnels.

Problèmes liés aux combustibles de cuisson traditionnels vignette| Poêles à bois traditionnels

Impacts sur la santé

En 2023, plus de 2,3 milliards de personnes dans les pays en voie de développement dépendent de la combustion de combustibles polluants issues de la biomasse tels que le bois, le fumier sécher, le charbon ou le kérosène pour cuisiner, cette pratique engendre une pollution de l'air intérieur nocive et contribue également de manière significative à la pollution de l'air extérieur. L’ Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la pollution liée à la cuisson des aliments est à l'origine de 3,8 millions de décès par an. L’étude sur la charge mondiale de morbidité (Global Burden of Disease) a estimé le nombre de décès en 2021 à 3,1 millions, et le taux de mortalité est le plus élevé en Afrique. La pollution de l'air intérieur résultant des pratiques de cuisson polluantes est associée à un large éventail de conséquences néfastes sur la santé. L’exposition aux particules fines et aux gaz toxiques libérés lors de la combustion a été associée à un risque accru d’ accident vasculaire cérébral, de pneumonie et de maladies respiratoires chroniques telles que la bronchopneumopathie obstructive chronique. De plus, l’exposition pendant la grossesse est associée à des issues de naissance défavorables, notamment un faible poids à la naissance .

Dans les installations de cuisine traditionnelles, la fumée est généralement évacuée à l'intérieur de la maison plutôt que par la cheminée. La fumée issues de la combustion des combustibles solides contient des milliers de substances, dont beaucoup sont dangereuses pour la santé humaine. Parmi les mieux connues sont le monoxyde de carbone (CO) ; les particules fines ; l'oxyde nitreux ; les oxydes de soufre ; divers composés organiques volatils, notamment le formaldéhyde, le benzène et le 1,3-butadiène ainsi que les composés aromatiques polycycliques, comme le benzo-α-pyrène, qui sont considérés comme ayant des effets néfastes sur la santé à court et à long termePeabody, J. W., Riddell, T. J., Smith, K. R., Liu, Y., Zhao, Y., Gong, J., ...& Sinton, J. E. (2005). Indoor air pollution in rural China: cooking fuels, stoves, and health status. Archives of environmental & occupational health, 60(2), 86-95..

L’exposition à la pollution de l’air intérieur (PAI) multiplie presque par deux le risque de pneumonie chez l'enfant et est responsable de 45 % de tous les décès dus à la pneumonie chez les enfants de moins de cinq ans. De nouvelles données indiquent que l'HAP est également un facteur de risque de cataracte, principale cause de cécité dans les pays à revenu faible ou intermédiaire inférieur, et de faible poids à la naissance. la cuisson des aliments sur des fourneaux ou des foyers ouverts ou des fourneaux non sécuritaires est une cause majeure de brûlures chez les femmes et les enfants dans les pays en développement.

Impacts sur les femmes et les filles Les conséquences sur la santé touche principalement les femmes, qui sont généralement responsables de la cuisine et de la garde des enfants. La collecte des combustibles expose les femmes et les enfants à des risques pour leur sécurité. Cette activité accapare souvent 15 heures ou plus par semaine, réduisant ainsi leur temps consacré à l'éducation, au repos et au travail rémunéré. Les femmes et les filles doivent souvent parcourir de longues distances pour se procurer du combustible de cuisson et, de ce fait, sont confrontées à un risque accru de violence physique et sexuelle. De nombreux enfants, en particulier les filles, peuvent ne pas aller à l'école pour aider leurs mères à ramasser du bois de chauffage et à préparer les repas.

Impacts environnementaux Les installations de cuisson traditionnelles sont très peu efficaces et , laissant la chaleur se dissiper dans l'air ambiant. Ce manque d'éfficacité énergétique entraîne la nécessité de récolter davantage de bois et provoque également des émissions de carbone noir, un facteur contribuant au changement climatique. La récolte excessive du bois et d'autres matières combustibles peut entraîner de graves dommages environnementaux locaux, notamment la désertification.

Bien que la récolte de biomasse dans les zones sensibles soit problématique, il est désormais établi que la majeure partie de l'élimination de biomasse résulte de l'expansion agricole et de la conversion des terres. L’utilisation des résidus de culture et des déjections animals pour la production d’énergie domestique a des conséquences néfastes sur la qualité des sols et la productivité agricole et d’élevage, car cela signifie que ces matières ne sont pas disponibles comme amendements du sol, engrais organiques et fourrage pour le bétail..

Terminologie Le terme « foyer propre » a souvent été utilisé sans que sa signification ne soit définie. Les organisations diffèrent quant a la définitions qu'elle donnent de la « propreté » :

Selon l’OMS, les installations de cuisson sont « propres » si leurs émissions de monoxyde de carbone et de particules fines sont inférieures à certains seuils. L’ Alliance pour une cuisine propre utilise le terme « cuisine propre » de manière plus générale. Sa définition inclut ce que l'OMS appelle les « foyers de cuisson améliorés », c'est-à-dire des foyers qui brûlent le combustible biomasse plus efficacement que les foyers traditionnels. En 2020, la plupart des poêles qui brûlent du combustible biomasse ne sont pas considérés comme propres selon les normes de l'OMS, même s'ils sont plus efficaces que les poêles traditionnels.

L’OMS a critiqué la commercialisation des foyers de cuisson à biomasse présentés étant « améliorés » alors qu’ils n’ont pas été testés selon des normes en vigueurs et que leurs bienfaits pour la santé restent incertains et ne sont pas clairs.

Installations de cuisson propres recommandées par l'OMS vignette|Les cuiseurs solaires sont non polluants et gratuits à utiliser, mais nécessitent des conditions météorologiques favorables et des temps de cuisson plus longs. L’une des principales priorités du développement durable à l'échelle mondial est de rendre les équipements de cuisson propres universellement disponibles et abordables.

Selon l’OMS, les foyers et les appareils fonctionnant à l’électricité, au gaz de pétrole liquéfié (GPL), au gaz naturel distribué par réseau (GNC), au biogaz, à l’alcool et à l’énergie solaire thermique sont considérés comme « propres ». Les meilleures modèles de foyers à gazéification par ventilateur brûlant des granulés de biomasse peuvent être classés comme installations de cuisson propres s'ils sont correctement utilisés et si les granulés ont des niveaux d'humidité suffisamment bas, mais ces poêles ne sont pas largement disponibles.

L'électricité peut alimenter des appareils tels que les autocuiseurs électriques, les cuiseurs à riz et les plaques à induction à haut rendement, en plus des cuisinières électriques classiques. Les plaques de cuisson à induction électriques sont si efficaces qu'elles génèrent moins de pollution que le gaz de pétrole liquéfié (GPL), même lorsqu'elles sont alimentés à des sources d'énergie au charbon, et sont parfois moins chères. Pour les ragoûts, les légumineuses , le riz et autres aliments qui peuvent être adaptés aux autocuiseurs électriques, les économies sont encore plus importantes.. En 2019, 770 millions de personnes n’avaient pas accès à l’électricité, et pour beaucoup d’autres, l’électricité n’était ni abordable ni fiable. L’accès à l’électricité étant une priorité majeure du développement durable a l'échelle mondial, la planification intégrée d’infrastructures électriques nouvelles et améliorées, incluant à la fois les charges électriques classiques et ceux liées a la cuisson, commence à gagner du terrain. En effet, cette approche de planification intégrée des ressources pour les systèmes électriques peut permettre de trouver des solutions plus rapides et moins coûteuses pour garantir à la fois l'accès à l'électricité et des modes de cuisson propres.

Les cuisinières au gaz naturel, très répandues dans les pays riches, ne sont pas sans risques pour la santé. Ils émettent des niveaux élevés de dioxyde d'azote, un polluant atmosphérique associé au stress oxydatif et à une diminution aiguë de la fonction pulmonaire. Les études sur les effets de la cuisson intérieure au gaz naturel ont donné des résultats divergents. Selon une méta-analyse en 2010, les données suggèrent que cette pratique entraîne de légères diminution de la fonction pulmonaire chez les enfants. Les enfants souffrant d'allergies pourraient être plus sensibles.

Les digesteurs de biogaz transforment les déchets, tels que les excréments humains et le fumier animale, en un gaz riche en méthane qui brûle proprement. Les systèmes de biogaz pourraient constituer une technologie prometteuse dans les zones où chaque foyer possède au moins deux gros animaux pour fournir du fumier et dispose d'un approvisionnement régulier en eau .

Les cuiseurs solaires captent et concentrent la chaleur du soleil lorsque celui-ci brille.

Cuisinières améliorées vignette| Les fourneaux améliorés, tels que ceux présentés ici, brûlent la biomasse de manière relativement efficace, mais émettent généralement encore des niveaux toxiques de polluants. vignette| Un feu traditionnel à trois pierres au Nigéria. C'est le poêle le moins cher à fabriquer, ne nécessitant que trois pierres appropriées de même hauteur sur lesquelles une marmite peut être posée en équilibre au-dessus du feu.