Dong Yaoqiong (), née en 1989, également appelée la « Fille à l'encre » (dans les médias) est une jeune femme chinoise qui, en juillet 2018, a attiré l'attention internationale grâce à une vidéo publiée sur son compte Twitter sous le pseudo « @feefeefly ». La vidéo la montrait en train d'asperger d'encre une affiche du secrétaire général du Parti communiste chinois Xi Jinping à Shanghai, et de dénoncer son régime comme une « tyrannie ». Elle a ensuite été internée dans un hôpital psychiatrique à au moins deux reprises.
Biographie Dong vit à Shanghai où elle est née et grandit à Zhuzhou, dans la province du Hunan, en République populaire de Chine. Avant sa disparition, elle travaillait comme agente immobilière et était dissidente en Chine depuis un certain temps.
Incident d'éclaboussures d'encre Dong a disparu à partir du 4 juillet 2018, après que des hommes en uniforme se soient rendus à son appartement le jour même où elle a diffusé une vidéo en direct depuis la place du siège du groupe HNA à Shanghai. La vidéo la montre critiquant la dictature du Parti communiste chinois (PCC), l'autoritarisme ainsi que le processus de lavage de cerveau imposé au peuple chinois. On la voit également asperger d'encre une affiche de Xi Jinping, secrétaire général du PCC, qu'elle qualifie de dictateur sur les réseaux sociaux. Dans ce qui semble être son dernier message sur Twitter avant sa disparition, Dong écrit qu'un groupe de personnes en uniformes se tiennent devant sa porte et qu'elle va sortir après s'être changée. Elle indique aussi qu'elle n'a commis aucun crime.
Sa colère provient de décisions du Parti communiste dirigé par Xi Jinping lui-même annonçant la fin de la limite de deux mandats présidentiels de cinq ans et l'inscription de la Pensée Xi Jinping dans la constitution du pays.
Un artiste utilisant un pseudonyme à Pékin a félicité @feefeefly pour le courage d'avoir osé critiquer le PCC et ses méfaits qui ont fait éclater la bulle de sa déification.
Séjours à l'hôpital et une prétendue deuxième vidéo Après l'incident, Dong est internée comme patiente psychiatrique dans un hôpital de Zhuzhou. Son père est arrêté alors qu'il tente de lui rendre visite.
Le 9 septembre 2018, le site web Boxun rapporte que des responsables ont ordonné à l'hôpital d'administrer discrètement du poison à Dong sur une longue période, dans le but qu'elle meure à l'hôpital et ne puisse jamais en sortir vivante. Cependant, l'organisation chinoise de défense des droits de l'homme rapporte le 3 janvier 2020 qu'elle a été libérée de l'hôpital en novembre 2019. Son père affirme que Dong continue d’être affectée par les effets secondaires mentaux et physiques du médicament (olanzapine) qui lui a été administré à l’hôpital. Dong est internée pendant une deuxième période dans le même hôpital de mai à juillet 2020. Le 30novembre 2020, elle publie une vidéo sur Twitter (dont la véracité n'a pas pu être vérifiée par Hong Kong Free Press au 2 décembre 2020) dans laquelle elle affirme que le travail qui lui a été confié dans un bureau du gouvernement local était en réalité de la surveillance déguisée en travail, dont la portée se limitait à la saisie de documents et aux appels téléphoniques. Elle a par ailleurs dénoncé les restrictions de déplacement qui lui sont imposées par les autorités et le fait qu'elle n'a pu contacter son père dans un premier temps, et qu'elle n'a appris l'évasion de ce dernier d'un accident minier que par l'intermédiaire du militant Ou Biaofeng. Elle a également déclaré qu'elle était « au bord de la crise de nerfs » et que, si elle était de nouveau hospitalisée par les autorités pour un traitement psychologique, elle ne serait peut-être jamais libérée. Dong est internée en hôpital psychiatrique pour la troisième fois en février 2021. En septembre 2022, aucune information n'a été communiquée à son sujet depuis plus d'un an.
La militante des droits humains Hua Yong indique que la jeune femme est obligée de rester dans la province du Hunan depuis l'incident. L'association (CHRD) indique que la détention psychiatrique est une stratégie courante pour réprimer la dissidence dans le pays.
Arrestation et mort de son père Son père, Dong Jianbao, est arrêté en août 2018 alors qu'il tente de lui rendre visite à l'hôpital n° 3 de Zhuzhou, dans le Hunan. Il est condamné à trois ans de prison. En septembre 2022, il est rapporté qu'il est mort en prison et que son corps est couvert de contusions et de blessures.
Arrestation de Ou Biaofeng Début décembre 2020, après avoir retweeté la vidéo de Dong datant de novembre, Ou Biaofeng est placé en détention administrative pendant 15 jours pour avoir « cherché la bagarre et provoqué des troubles ». Son épouse, Wei Huanhuan, tweete le 18 décembre qu'Ou a été placé sous surveillance résidentielle à un endroit désigné. Le 25 décembre, elle tweete que, selon une lettre de police qu'elle a reçue, Ou est accusé de « subversion du pouvoir d'État ». Li Xuewen, un ami d'Ou, déclare au qu'il pense que l'accusation de subversion découle du soutien apporté par Ou à Dong. L’un des deux avocats nommés par le gouvernement pour représenter Ou a confirmé qu’il était affilié à un cabinet d’avocats ayant des liens avec le gouvernement provincial ; l’avocat a minimisé la question de savoir si cela constituait un conflit d’intérêts, affirmant qu’il s’agissait d’une situation courante.
Voir aussi
Répression politique Droits de l'homme en Chine
Références
Liens externes
tweet de Feefeefly
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