La pisciculture au Bénin est une branche importante de l'aquaculture continentale au sein du secteur halieutique béninois. Cette activité consiste à élever des poissons dans des environnements contrôlés ou semi-contrôlés, principalement en eau douce. Elle est importante pour l'alimentation des populations béninoises, la génération de revenus et le développement économique régional.

Importance économique et sociale Le secteur halieutique, qui regroupe la pêche maritime, la pêche continentale et la pisciculture, occupe 15 % de la population active béninoise et génère plus de 600 000 emplois directs et indirects entre 2024 et 2025. Ce secteur contribue à hauteur de 8 % au Produit Intérieur Brut (PIB) agricole et représente environ 2 % à 3 % du PIB national total. La pisciculture est importante pour la sécurité alimentaire, en particulier dans les zones urbaines et périurbaines, où le poisson est une source protéique abordable pour les ménages aux ressources limitées.

Espèces élevées vignette Le tilapia du Nil, ou Oreochromis niloticus, figure en première position, suivi par le poisson-chat africain, dénommé Clarias gariepinus. Ces deux espèces ont une adaptation efficace aux conditions locales. Les pisciculteurs élèvent également d'autres espèces comme les tilapias et les siluriformes selon les zones.

Systèmes de production vignette La pisciculture en étangs est la forme la plus anciennement pratiquée. Les pisciculteurs utilisent l'irrigation par gravitation et les étangs de retenue individuels qui valorisent le niveau peu profond des nappes phréatiques.

Les bacs hors-sol connaissent un développement plus récent et permettent l'élevage du clarias même en milieu urbain. Les pisciculteurs utilisent aussi des cages et enclos flottants. Ces infrastructures permettent d'intensifier la production dans les étendues d'eau naturelles, particulièrement dans les lacs et les lagunes.

Zones de production vignette|Lac aheme à Guezin La pisciculture se concentre massivement dans le sud du Bénin, où habitent plus de 90 % des pisciculteurs du pays. Sept départements forment les zones principales : l'Ouémé et le Plateau, qui ensemble abritent 48 % des exploitations piscicoles nationales, suivis par l'Atlantique et le Littoral avec 23 % des exploitations, puis le Zou, le Mono et le Couffo.

Parmi les zones majeures de pêche continentale figurent le complexe lac Nokoué-lagune de Porto-Novo, le delta de l'Ouémé, le complexe Lac Ahémé et le chenal Aho, ainsi que d'autres lacs anciens et retenues d'eau.

Le fleuve Ouémé, long de 510 kilomètres et couvrant une superficie de 50 000 kilomètres carrés, est également l'une des zones de pêche et de pisciculture les plus importantes du pays.

Production et statistiques En 2023, la production aquacole a atteint 3 130 tonnes selon la Banque mondiale. Entre 2008 et 2010, cette production ne dépassait que 150 tonnes. Selon les données gouvernementales, le nombre d'exploitations aquacoles a augmenté significativement, passant de 403 exploitations en 2004 à 1 188 en 2010, soit une croissance moyenne de 19,7 % par année.

Une enquête réalisée en 2015 a dénombré 2 204 pisciculteurs en activité, exploitant un total de 1 166 unités de production. Ces exploitations occupent directement 7 297 personnes et soutiennent indirectement plus de 61 295 personnes qui vivent de la pisciculture. 12 % de ces exploitations sont gérées par des femmes.

Acteurs et rôle des femmes Les petits pisciculteurs constituent la majorité avec plus de 90 % des exploitations générant moins de 0,5 tonne de poisson annuellement. Deux fermes à caractère industriel opèrent dans le pays : la Compagnie régionale industrielle d'aquaculture du Bénin à Ouèdo dans la commune d'Abomey-Calavi et Royal Fish Bénin à Akpro-Missérété.

Les femmes participent de manière croissante à la pisciculture. Environ 1 790 femmes transformatrices travaillent dans le sous-secteur du poisson fumé.

Références

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