L'Enfumade d'Ouled-Riah ou l'Enfumade de grotte de Frachihe ou encore l'Enfumade du Dahra est l'un des massacres coloniaux les plus célèbres commis par l'armée française. Il a eu lieu le 18 juin 1845 contre la tribu Ouled Riah dans la région de Nekamaria située dans le massif de Dahra.

Histoire vignette|Les Grottes du Dahra, gravure de Tony Johannot (1847). Les enfumades du Dahra sont retracées par l’historiographie française comme trois tueries de masse : l’enfumade de la tribu des Sbeha en juin 1844, puis celle des Ouled Riah au Dahra en juin 1845 et enfin l’emmurade de centaines de membres des Sbeha dans la grotte d'Aïn Meraneoù où ils étaient réfugiés en août 1845. À ces trois massacres, un quatrième est mis en œuvre en 1845 par le colonel Armand Leroy de Saint-Arnaud.

La grotte de Ghar Fréchiche, comme d’autres dans la région, servait de protection et de refuge, aux habitants de la plaine, qui s'opposaient à l’occupation des forces coloniales françaises en opération dans le Dahra.

Le , le colonel Aimable Pélissier poursuivi des combattants de la tribu des Ouled Riah qui l'avaient attaqué. Toute la tribu, combattants et population civile, se réfugia dans la grotte de Frachih. Le 19 juin, à la suite d'une première enfumade, Pélissier somme les réfugiés de se rendre. Après leur refus, une deuxième enfumade est effectuée avec un nombre de victimes estimé entre et .

Une lettre d'un soldat de Blissier à sa famille témoigne de manière vivante des pratiques de l'armée française contre les habitants de la tribu, et de son contenu :

Réactions

Ce massacre fait scandale à Paris. À partir de 1845, les enfumades sont critiquées par les médias en France métropolitaine, et entrainent une grande indignation. Politiciens, intellectuels et artistes manifestent ouvertement et avec force leur colère. Ainsi, Napoléon Joseph Ney intervient à la Chambre des pairs, il évoque un « meurtre » avec « préméditation » sur « un ennemi sans défense ». Jean-de-Dieu Soult, à l'époque Président du Conseil des ministres et ministre français de la guerre, désavoue publiquement Thomas Robert Bugeaud, gouverneur général de l'Algérie. Néanmoins, ce dernier soutient Pélissier et menace de démissionner. Aussi ces méthodes perdurent et les enfumades continuent. Aimable Pélissier sera finalement promu maréchal de France en 1855.

Hommage Les grottes du Dahra : gravure de Tony Johannot en 1847. Une plaque commémorative nommée « Les enfumades du Dahra » est apposée, en 2012, à l'entrée de la grotte Ghar Fréchiche, en mémoire des victimes de ce massacre colonial. Les Enfumades de la Dahra : Un film documentaire réalisé par Abderrahmane Mostefa en 2016.

Références

Voir aussi

Articles connexes

Enfumades en Algérie Colonisation française en Algérie

Bibliographie

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