Le bois de chauffe et la déforestation au Bénin concerne l'impact de l'utilisation du bois de feu et du charbon de bois pour la cuisson et les activités artisanales sur le couvert forestier béninois. Cette forme d'énergie occupe une place centrale dans le bilan énergétique national, en particulier en milieu rural. Elle contribue à la pression exercée sur les ressources forestières, aux côtés d'autres facteurs majeurs comme l'expansion agricole, l'exploitation du bois d’œuvre, l'urbanisation et le développement des infrastructures.

Historique et évolution au Au cours du , la croissance démographique et le développement urbain, notamment dans le Sud du Bénin, ont profondément modifié les modes de production et de consommation du bois-énergie. L'extension des centres urbains a entraîné une augmentation significative de la demande en charbon de bois, stimulant la diffusion des techniques de carbonisation dans les zones rurales. Pour faire face à la pression exercée sur les formations forestières naturelles, des programmes de plantations de bois de chauffe ont été expérimentés dès la période coloniale et poursuivis par la suite. Cependant, les premières initiatives de diffusion de foyers améliorés ont rencontré des difficultés d'adoption auprès des ménages, révélant la complexité des facteurs socio-économiques liés aux pratiques de cuisson.

Importance du bois de chauffe dans le bilan énergétique vignette|gauche|Charbon de bois dans l'Atacora. vignette|Transport du charbon de bois à Agla (Cotonou). Le bois de chauffe regroupe le bois de feu consommé directement et le charbon de bois issu de la carbonisation. Il répond aux besoins de cuisson des ménages ainsi qu'à ceux des commerces, des restaurants et de certaines petites unités de transformation. Le bois de feu et le charbon de bois représentent 46,2 % du bilan énergétique global du Bénin, tandis que les filières associées contribuent à environ 2,4 % du produit intérieur brut national et fournissent des revenus à près de 200 000 personnes, majoritairement dans le secteur informel.

La répartition des combustibles de cuisson au niveau des ménages s'établit à 64,64 % pour le bois de feu, 29,70 % pour le charbon de bois et 5,31 % pour le gaz de pétrole liquéfié.

Impact sur la déforestation et la dégradation des forêts vignette|Exploitation de la forêt à Aklankpa. vignette|Feu de brousse dans la forêt classée de la Lama. La demande en énergie ligneuse exerce une pression directe sur les massifs forestiers lorsque le rythme des prélèvements dépasse la capacité de régénération naturelle. Cette pression est accentuée par l'absence de plans d'aménagement forestier, le faible rendement des techniques de carbonisation traditionnelles et l'extension des bassins d'approvisionnement autour des grands centres urbains. Pour limiter cette dégradation forestière, les orientations prioritaires portent sur l'extension des plantations dédiées au bois-énergie, la formation des charbonniers à des techniques de carbonisation améliorées et la diffusion d'équipements de cuisson plus performants. La dégradation des forêts s'inscrit plus largement dans le cadre des politiques environnementales visant la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation forestière.

Néanmoins, l'impact du bois de chauffe interagit avec d'autres facteurs de pression tels que la croissance démographique, les feux de végétation, la recherche de nouvelles terres agricoles et l'exploitation commerciale du bois.

Cas particulier des forêts de mangrove

vignette|Mangroves à Avloh. Les forêts de mangrove, situées notamment dans les zones humides classées sites Ramsar au Sud-Bénin, subissent une pression spécifique liée au prélèvement de bois de feu. Dans ces zones littorales et estuariennes, les ménages développent des stratégies d'approvisionnement locales pour répondre à leurs besoins énergétiques quotidiens et à certaines activités économiques artisanales, comme le fumage du poisson ou la extraction du sel. La dépendance directe des populations riveraines au bois de mangrove complique la mise en œuvre d'une gestion durable des ressources forestières et fragilise l'équilibre écologique de ces écosystèmes côtiers sensibles.

Transition vers les foyers améliorés vignette|Foyers améliorés en poterie de Sè. Les foyers améliorés sont conçus pour réduire la consommation de combustible en optimisant la combustion et le transfert de chaleur. Fonctionnant au bois ou au charbon, ils constituent une solution d'efficacité énergétique intégrée aux orientations nationales sur les énergies renouvelables. La planification énergétique nationale fixe des cibles d'adoption pour les foyers améliorés et les combustibles modernes à l'horizon . La contribution déterminée au niveau national du Bénin prévoit notamment l'accès de nouveaux ménages à des foyers améliorés afin de freiner la consommation de ressources ligneuses. L'impact réel de ces équipements dépend toutefois de leur rendement en situation réelle, de leur coût, de la qualité de leur fabrication et de l'évolution globale du nombre de ménages. La consommation de charbon de bois peut être divisée par trois en utilisant des foyers améliorés, ce qui rentabilise leur achat en quelques mois..

Développement du gaz de pétrole liquéfié (GPL) vignette|Bouteille de GPL Le gaz de pétrole liquéfié (GPL), usuellement appelé gaz butane, offre une alternative directe à l'usage des combustibles ligneux pour la cuisson. L'encouragement de cette transition énergétique vise à réduire la dépendance au bois de feu et au charbon de bois, identifiée comme l'une des causes majeures de la surexploitation des forêts béninoises. La politique de transition fixe pour objectif l'accès de 275 000 nouveaux ménages à des équipements de cuisson au gaz, ce qui permettrait d'épargner environ 9 062 hectares de forêt par an. L'adoption massive du GPL reste cependant freinée par le coût initial des équipements (bouteille, brûleur, accessoires), le prix des recharges, la dépendance aux mécanismes de subvention et la faible couverture des réseaux de distribution en zone rurale.

Politiques publiques et enjeux socio-économiques Les stratégies publiques d'atténuation reposent sur une approche intégrée comprenant l'amélioration des appareils de cuisson, la modernisation de la production de charbon, la promotion du GPL, le reboisement et la sensibilisation des usagers. Au-delà des aspects environnementaux, la transition énergétique soulève des enjeux sociaux majeurs, la filière du bois de chauffe constituant la principale source de subsistance de nombreux acteurs informels. Des mesures d'accompagnement et de diversification économique sont donc prévues pour limiter l'impact socio-économique sur les producteurs de charbon. De plus, la réduction de la combustion de bois à l'intérieur des logements contribue à diminuer l'exposition des ménages aux fumées toxiques, générant ainsi des bénéfices pour la santé publique.

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Notes et références

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