La bataille de Purén est un affrontement militaire qui s'est déroulé dans le cadre de la guerre d'Arauco, le , entre les troupes mapuches du toqui et les troupes espagnoles de Miguel de Avendaño Gamboa Velasco, dans la vallée de Purén, au Chili, et qui s'est soldé par la victoire des premières.

Contexte Après la défaite de Catirai, les Espagnols doivent se cantonner à une position défensive à Concepción ou à Angol. Heureusement pour eux, les habitants de la région de La Imperial restent fidèles aux « » et les populations des zones plus proches de la côte, après avoir chassé les Espagnols de leurs terres, se remettent à cultiver leurs champs, ce qui empêche un soulèvement général Barros, 2000: 309.. En revanche, à Purén, les indigènes restent en révolte et rassemblent un nombre considérable de guerriers. Face à cette situation, le gouverneur rejette les conseils des prêtres qui lui recommandent de négocier et décide de partir en guerre.

Le général Miguel de Avendaño y Velasco est également envoyé à Lima en pour demander des renforts. Il arrive deux mois plus tard, mais doit attendre encore plus longtemps une réponse, car personne n'ose prendre de décision avant l'arrivée du vice-roi Francisco de Toledo, qui fait son entrée le . Le , un appel est lancé dans la capitale de la vice-royauté pour recruter des hommes désireux de tenter leur chance au Chili, mais la mauvaise réputation de la Capitainerie générale, surnommée le « cimetière des Espagnols », fait qu'à peine un seul homme est recruté au cours des cinq premiers jours Barros, 2000: 310.. Le vice-roi doit alors constituer une compagnie composée de condamnés à l'exil du Pérou. En trois mois, elle est prête, composée de et de , et s'embarque à bord de deux navires à Callao sous la supervision personnelle de Toledo. Elle est placée sous les ordres du général Avendaño et du capitaine Juan Ortiz de Zárate. À la mi-juillet, ils arrivent à La Serena, puis peu après à Valparaíso Barros, 2000: 311..

Entre-temps, le , un séisme détruit Concepción, suivi le même jour d'un raz-de-marée dévastateur. Le commandant de la place forte, le juge Juan Torres de Vera y Aragón, doit rentrer d'une campagne punitive avec ses pour sécuriser la ville Barros, 2000: 312.

Après un hiver relativement paisible, les hostilités reprennent au printemps Barros, 2000: 313.. En novembre, le capitaine Gregorio de Oña (père du poète Pedro de Oña) quitte Angol avec seize Espagnols pour apporter des vêtements à la garnison de La Imperial. Imprudents, ils décident de camper dans les plaines de Purén sans prendre de précautions, à Nilhue ou Nilbue. Les Indiens les attaquent pendant leur sommeil et tuent le capitaine ainsi que sept soldats, s'emparant de tout le butin. Les survivants se cachent dans les roselières et, connaissant bien le chemin, parviennent à regagner Angol. À la suite de cet incident, le juge Torres de Vera se rend à Angol pour renforcer la garnison, tandis que le gouverneur Melchor Bravo de Saravia mettait tout en œuvre pour approvisionner en armes, en vivres et en chevaux les renforts d'Avendaño. Informé du désastre, il ordonne au général Avendaño de partir en avant-garde avec 100 des renforts venus du Pérou, avant de le rejoindre avec le reste des troupes.

Déroulement Début , Avendaño et ses hommes arrivent à Concepción et il relève de ses fonctions l'auditeur, qui avait dirigé avec beaucoup de succès les forces de la ville pendant deux ans. La colonne parvient à Angol, où elle est rejointe par des renforts venus par la mer depuis Valdivia, commandés par les capitaines Ramiro Yáñez et Gaspar de la Barrera. Il espère que les Araucans se rendraient rien qu’à sa simple présence Les Mapuches les attendaient avec 1 500 à Góngora, chap. lxxiv (Gayangos, 1862: 194)..

Les Espagnols se rendent à Purén, où ils établissent un campement en protégeant leurs flancs par des ravins et leur arrière-garde par le fleuve. Le cacique Pailacar les suivait et s’approcha furtivement, dans l’intention d’attaquer leur campement pendant la nuit. Il y eut quelques escarmouches qui se soldèrent par une victoire des Espagnols, ceux-ci ayant repoussé les assauts contre leur campement. Cependant, sur les conseils de ses capitaines, le général passe à l'offensive en terrain plat. Il ordonne à d'avancer contre leurs ennemis. Les Araucans étaient organisés en escadrons d’environ chacun ; des unités compactes composées principalement de lanciers Bonilla, 1988: 280. Dès leur première charge, les Espagnols font reculer les Mapuches, mais ceux-ci se réorganisent en grand nombre et avec beaucoup de fougue. Pailacar savait que la cavalerie briserait les premières lignes de ses escadrons mais ne pourrait les traverser, ce qui décourage et effraie les hommes tout juste arrivés du Pérou. Les soldats d'Avendaño sont des recrues forcées et imberbes, et non les vétérans sur lesquels pouvaient compter d’autres commandants ; ils rompent les rangs dès la première contre-attaque, s'enfuyant dans la panique, sans que les tentatives désespérées de leurs officiers pour les réorganiser ne servent à rien Barros, 2000: 314-315. ; en fait, ceux-ci finissent par les entraîner dans la fuite. Dans la nuit, ils arrivent à Angol, vaincus. Ils avaient perdu 4 ou , leurs canons et tout leur matériel Barros, 2000: 315..

Conséquences C'est la première bataille au cours de laquelle les Mapuches ont recours à des guerriers à cheval, bien qu'il ne s’agisse pas à proprement parler d'unités de cavalerie, celles-ci ayant fait leur apparition lors des batailles de Catirai et de Marigüeño en 1577 Alvarado, 1996: 43 (note 23). (ces animaux, tout comme les porcs, les vaches et les moutons, ont profondément transformé la culture indigène) Alvarado, 1996: 43 (note 22).. C'est une défaite humiliante qui porte atteinte au prestige des armes espagnoles et redonne des forces aux Araucans, qui n'avaient jamais auparavant vaincu les Européens en terrain découvert, les forçant à fuir en désordre. De plus, de nombreux Mapuches utilisaient des lances à pointe d’acier et des cottes de mailles qu'ils avaient capturées lors de combats précédents Encina, 2006: 46..

Le gouverneur se trouve à Concepción, ayant reçu l'ordre du vice-roi de ne pas intervenir directement dans la guerre et de confier les opérations au commandement direct d'un général et d’un maître de camp (ce qui est approuvé par la de Concepción). Après avoir appris la défaite, il devint impossible pour Avendaño de rester aux commandes et il dut le remplacer par le maître d’armes Lorenzo Bernal del Mercado, avec lequel il marche immédiatement sur Angol Barros, 2000: 315-316.. Bernal del Mercado mène de petites expéditions avec beaucoup de prudence tandis que le gouverneur se consacrait à l'administration civile, se rendant à La Imperial et à Valdivia, où il passe tout l’hiver. Lorsqu'il revient à Concepción, il avait compris qu'il était dépassé par les circonstances et écrit une lettre au roi pour demander à être remplacé Barros, 2000: 316..

Notes et références

Annexes Bibliographie Alonso de Góngora Marmolejo. Historia de Chile desde su descubrimiento hasta el año 1575. Memoria chilena en deux volumes de Colección de historiadores de Chile y documentos relativos a la historia nacional, Santiago: Imprenta del Ferrocarril, basada en edición de Pascal de Gayangos, 1862. Voir version numérisée de la Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes à partir de Crónicas del Reino de Chile, Madrid: Atlas, 1960, . Alvarado P., Margarita (1996). Weichafe: El guerrero mapuche. Caracterización y definición del rol del guerrero en la Guerra de Arauco. (1536-1656). Revista de historia indígena, Núm. 1, Área de Historia Indígena del Departamento de Ciencias Históricas de la Facultad de Filosofía y Humanidades de la Universidad de Chile, Santiago, pp. 35-54. ( lire en ligne). Barros Arana, Diego (2000). Historia general de Chile. Volume II. . Santiago: Editorial Universitaria & Centro de Investigaciones Diego Barros Arana. , (lire en ligne). Bonilla Bradanovic, Tomás (1988). La gran guerra mapuche: 1541-1883: análisis crítico histórico. Tomo I. Santiago: Instituto Geográfico Militar, (lire en ligne). Encina, Francisco Antonio, Leopoldo Castedo (2006). Descubrimiento y Conquista. Volume I de Historia de Chile. Santiago: Editorial Santiago. .

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