La chapelle Saint-Charles est un édifice religieux situé rue des Champs à Bouillon, en province de Luxembourg, en Belgique. Construite à la fin des années 1920 pour une congrégation de religieuses, elle est connue pour avoir été, le 25 juillet 1943, le lieu d'un incident impliquant Léon Degrelle, qui allait mener à son excommunication. Le bâtiment abrite aujourd'hui une maison de repos et de soins.
Histoire
Construction Le terrain est acquis en 1928 par les Sœurs de Saint-Charles d'Angers, une congrégation française fondée en 1714 et vouée à l'enseignement et aux œuvres de charitéArchives de l'Évêché de Namur, dossier « Sœurs de Saint Charles d'Angers, à Bouillon, 1956-1979 ».. La congrégation y fait édifier une chapelle, achevée en 1932. Les Sœurs de Saint-Charles d'Angers sont attestées à Bouillon au moins jusqu'en 1979 selon les archives diocésaines de Namur.
L'incident du 25 juillet 1943 Le 25 juillet 1943, Léon Degrelle, chef du mouvement Rex et figure de la collaboration wallonne avec l'occupant allemand, se présente à la messe de 9 heures en la chapelle Saint-Charles de Bouillon, sa ville natale, vêtu de l'uniforme de lieutenant de la Légion Wallonie des Waffen-SS et accompagné de deux gardes du corps.
Conformément à une directive de l'évêque de Namur interdisant de donner la communion aux fidèles portant un uniforme politique ou militaire, le curé-doyen de Bouillon, l'abbé Michel Poncelet, refuse de lui donner l'hostie. Degrelle exige la communion, fait ceinturer le prêtre et le fait séquestrer dans la cave à vin de la maison familiale des Degrelle, avant de faire appel à la Kommandantur de Neufchâteau. Les autorités allemandes présentes désapprouvent toutefois le geste de Degrelle et font libérer le prêtre.
L'incident, largement documenté dans les archives de l'évêché de Namur, aboutit à l'excommunication de Léon Degrelle par l'évêque de Namur le 19 août 1943 ; celle-ci sera plus tard levée par l'aumônerie militaire allemande. Cet épisode a fait l'objet d'une étude approfondie par l'historien Jacques Vandenbroucke, publiée dans les Annales de la Société archéologique de Namur à partir du dossier complet conservé aux archives de l'évêché de Namur.
Usage actuel Après la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment devient une maison de repos ; les dernières religieuses quittent Bouillon en 1986. Il abrite aujourd'hui la maison de repos et de soins « Résidence Saint-Charles », exploitée par le groupe Korian.
Références
Catégorie:Chapelle en Belgique Catégorie:Bouillon (Belgique) Catégorie:Léon Degrelle