Le Rescapé (, ; ) est un drame de guerre soviéto-est-allemand réalisé par Sergueï Guerassimov et sorti en 1962.

Le film raconte l'histoire d'un homme nommé Alekseï qui, de retour chez lui après avoir été prisonnier de guerre puis avoir erré en Europe, part pour Zaporijjia à la suite d'un malentendu avec sa famille.

Synopsis L'intrigue est centrée sur le parcours dramatique d'Alekseï Ivanovitch Pavlov, commandant de l'Armée rouge. Fait prisonnier près de Mga en janvier 1942 et se retrouvant parmi les personnes déplacées, il ne choisit pas immédiatement de rentrer en Union soviétique. Après dix-sept années d'errance en terre étrangère, Alexeï regagne enfin sa patrie. Il prend la route de Sébastopol, dans le sud du pays, pour rendre visite à son frère.

En chemin, il fait une rencontre fortuite avec une médecin, Anna Andreïevna — une femme dont il avait autrefois sauvé la vie durant le siège de Leningrad. Elle fait route vers le sud depuis Moscou avec sa fille, Tania, et invite Alekseï à se joindre à elles. Durant le voyage, Alekseï raconte l'histoire de sa vie.

Ils font une première halte au bord de l'eau pour dîner. Ce soir-là, les souvenirs submergent Alekseï. Alors qu'il coupait la canne à sucre en Argentine, il était tombé malade et le contremaître l'avait renvoyé. Vassili Kliatchko — un compagnon de captivité du camp — et son ami Savvateïev étaient allés voir le contremaître pour contester ce renvoi. Ils avaient été reçus par le propriétaire du domaine. Le flash-back s'achève et, le lendemain matin, Alekseï poursuit sa route vers le sud.

Un accident survient sur la route du village : un chauffeur de camion ivre percute une mobylette transportant du lait. Anna Andreïevna prodigue les premiers soins et part pour le poste médical, tandis qu'Alekseï et Tania restent au village. Il lui confie ses pensées, faisant remarquer qu'« il y a une bête en chaque être humain », mais qu'il existe aussi des personnes dépourvues d'une telle bête — « c'est sur elles que repose la terre ». Il lui raconte ensuite son passage dans les camps : d'abord Majdanek, puis Dachau, et enfin Buchenwald à la fin de la guerre. Il avait tenté de s'évader seul de Majdanek, alors que l'évasion de Dachau s'était faite en groupe de quatre. Il relate comment les Américains les ont libérés de Buchenwald juste avant la capitulation de l'Allemagne. Il avait écrit à son frère mais n'avait reçu aucune réponse.

Il évoque ses expériences professionnelles au Soudan, au Canada et en Argentine. Cette nuit-là, alors qu'il dort dans la grange à foin, les souvenirs affluent. La maîtresse du domaine où travaillait Alekseï s'avéra être Russe ; son nom de jeune fille était Chtcherbatskaïa, bien qu'elle ait adopté le nom de Hartmann, celui de son mari allemand. Elle l'avait engagé comme valet et chauffeur et l'avait présenté à sa cousine éloignée. Cependant, Alekseï finit par se brouiller avec Maria Nikolaïevna après que celle-ci, de retour d'un voyage en Russie, eut déclaré qu'il s'agissait d'un « pays de miséreux » où « les idéaux s'étaient perdus ». Les souvenirs s'estompent au lever du jour et ils reprennent leur route vers le sud. En chemin, il explique qu'après l'Argentine, il s'est installé à Hambourg, en Allemagne, où il a trouvé un emploi de chauffeur-mécanicien auprès d'une famille aisée ayant deux fils (l'aîné se prénommant Siegfried). Les frères mettaient constamment sa patience à l'épreuve et affichaient des sympathies fascistes.

Ils reçoivent la visite de Caesar Kasto (Tulke), qui s'est pris d'affection pour Alekseï. Plus tard, Alekseï croise par hasard ses vieux amis Kliatchko et Savateïev. Par la suite, il se dispute avec ses frères et quitte son emploi. Plus tard, dans un café, ses amis Kliatchko et Savateïev le passent à tabac car ils ne partagent pas son point de vue sur le retour au pays. Poussé au désespoir, Aleksei tente de se pendre mais est sauvé par une Allemande, Frau Wilde. « La première chose que j'ai vue lorsqu'ils m'ont retiré la corde du cou, c'est le visage d'un être humain » : c'est ainsi qu'Alekseï la décrit. Son récit s'interrompt alors qu'ils arrivent à Zaporijjia pour rendre visite à la famille d'Anna et de Tatiana. Une femme nommée Varvara Andreïevna () sort précipitamment de la maison d'été ; elle parle à un débit de cinq mots par seconde et demande : « Alors, que s'est-il passé là-bas ? ».

Originaire de Zaporijjia et épouse d'un ouvrier d'usine, elle évoque souvent « l'usine » et déplore sincèrement les divers dysfonctionnements et incidents qui s'y seraient produits. Après qu'une voisine mentionne qu'elle attend également le retour de son mari travaillant à l'usine, Varvara envoie son fils sur place pour « savoir ce qui se passe ! ». L'adolescent accède sans difficulté à l'atelier de fusion de l'acier et emmène Alekseï pour la visite. Alekseï assiste à la mise en service d'un nouveau laminoir. Tout le monde se réjouit. L'usine est emplie d'un vacarme assourdissant et, lorsqu'un orchestre commence à jouer pour célébrer le lancement, la musique est inaudible.

Plus tard, un festin est organisé, accompagné de diverses chansons folkloriques telles que Les marronniers refleurissent et Oh, Galia, jeune Galia.... Enfin, la scène se déplace vers la famille du frère d'Alekseï, qui vient de recevoir une lettre de ce dernier. Cependant, l'épouse du frère, Valentina Sergueïevna Pavlova (), ne souhaite pas qu'il vienne leur rendre visite. Elle révèle qu'elle reçoit et brûle ces lettres depuis quinze ans, alors que Piotr déclare sur tous les documents officiels que son frère est mort ! Valentina veut brûler cette lettre elle aussi. Les frères ne parviennent pas à se rencontrer, mais Tatiana sauve la situation : elle rend visite à la famille du frère et parle d'Alekseï au fils de celui-ci, Iouri (Sergueï Nikonenko). Les frères finissent par se retrouver. Pourtant, la vie le démontrera, ce sont des hommes totalement différents.

Fiche technique Titre français : Le Rescapé ou Les Hommes et les Bêtes Titre original russe : , Titre allemand : Réalisation : Sergueï Guerassimov Scénario : Sergueï Guerassimov, Tamara Makarova Photographie : Montage : Monika Berendt, L. Soukova Musique : Aram Khatchatourian, Pavel Tchekalov Décors : Boris Doulenkov, Paul Lehmann Sociétés de production : Studio Gorki, Deutsche Film AG Pays de production : , Langue originale : russe Format : Noir et blanc - Son mono - 35 mm Durée : Genre : drame de guerre Dates de sortie : Union soviétique : Allemagne de l'Est :

Distribution Nikolaï Ieriomenko : lieutenant Alekseï Ivanovitch Pavlov Tamara Makarova : Anna Andreïevna Soboleva Janna Bolotova : Tania Soboleva : Piotr Ivanovitch Pavlov : Valentina Serguéevna Pavlova Sergueï Nikonenko : Iouri Pavlov : Varvara Andreïevna : Stepanida Gavrilovna Mikhaïl Glouzski : Vassili Kliatchko : Savateïev : Maria Nikolaïevna Khartman-Chtcherbatskaïa Sergueï Guerassimov : Konstantine Konstantinovitch Lvov-Chtcherbatskiï

Notes et références

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