Ajay Ahuja, né le à Kota et mort le près de Kargil, est un pilote de chasse indien. Squadron leader de l'Indian Air Force, il est tué au combat pendant la guerre de Kargil en 1999. Son MiG-21 est abattu près de Kargil et, après s'être éjecté, il est capturé puis tué par les forces pakistanaises.
Son décès fait l'objet d'une controverse entre les deux pays, les autorités indiennes affirmant qu'il a été tué après sa capture. Les circonstances de sa mort suscitent une vive émotion en Inde et contribuent aux tensions entre l'Inde et le Pakistan pendant le conflit.
Formation et carrière militaire Ajay Ahuja naît le 22 mai 1963 à Kota, dans le Rajasthan. Il fait ses études à la Saint Paul's Senior Secondary School, un établissement missionnaire pour garçons. Diplômé de la , il est breveté pilote de chasse dans l'Indian Air Force le 14 juin 1985, puis promu squadron leader le 14 juin 1996.
Il vole sur MiG-21 et MiG-23, et totalise plus de 1 000 heures de vol comme instructeur, consacrées à la formation de pilotes débutants. En 1997, il est affecté à la base aérienne de Bhisiana, à Bathinda, au Pendjab. Peu après sa nomination comme commandant en second du , unité spécialisée dans la reconnaissance photographique et vidéo, la guerre de Kargil éclate entre l'Inde et le Pakistan, en 1999.
Mission du 27 mai 1999 Le 27 mai 1999, dans le cadre de l', plusieurs appareils décollent de Srinagar pour frapper Muntho Dhalo, principale base logistique pakistanaise du secteur de Batalik, le long de la ligne de contrôle. Une première formation de quatre MiG-27, indicatif Hyena, mène l'attaque. Elle est suivie par la patrouille d'Ahuja, deux MiG-21 d'indicatif Hercules chargés d'évaluer les dégâts par la photographie.
Au cours de la frappe, le MiG-27 du lieutenant , du 9 Squadron, subit une extinction de réacteur, contraignant son pilote à s'éjecterAir Forces Monthly, n 136, juillet 1999, p. 74-75.. Ahuja repère le parachute et demeure au-dessus des positions ennemies pour guider l'hélicoptère de secours, son appareil étant équipé d'un GPS, rare à l'époque, lui permettant de transmettre les coordonnées du point d'éjection. La patrouille tourne près d'une heure au-dessus de la zone, l'hélicoptère progressant lentement. Lorsque son équipier atteint son minimum carburant, Ahuja le renvoie à la base et demeure seul sur place pour ne pas perdre Nachiketa de vue, alors qu'il sait le secteur défendu par des missiles sol-air.
Cette attente prolongée laisse aux tireurs pakistanais le temps de pister le MiG-21MF, immatriculé C-1539, qui est touché au réacteur par un FIM-92 Stinger tiré à l'épaule. Le pilote lance un dernier message radio : « Hercules, quelque chose a touché mon appareil, possible tir de missile, je m'éjecte au-dessus de… (position) ». L'Indian Air Force perd ensuite le contact radio et la trace de l'avion.
Circonstances de la mort Selon les données rendues publiques par l'Indian Air Force, l'appareil d'Ahuja avait franchi la ligne de contrôle et se trouvait au-dessus de la zone pakistanaise. Le pilote y est capturé après son atterrissage, puis tué par des militaires pakistanais. L'autopsie pratiquée sur son corps après sa restitution révèle deux blessures par balle mortelles ainsi qu'une fracture du genou, cette dernière probablement contractée lors de la réception au sol, ce qui indique qu'il était vivant en touchant terre. Le Pakistan conteste formellement cette version. Le corps est récupéré par des hommes du bataillon des .
Retour du corps et obsèques Le 29 mai 1999, la dépouille d'Ahuja est acheminée par l'armée de l'air jusqu'à une base aérienne locale. Des manifestations de colère éclatent sur place, lors de la crémation, ainsi qu'aux abords de l'ambassade du Pakistan à Delhi.
Réactions Le 15 juin 1999, le haut-commissaire adjoint du Pakistan à New Delhi est convoqué et reçoit une note dénonçant la violation des conventions de Genève, pour la torture et le meurtre de prisonniers de guerre pendant la guerre de Kargil. Le gouvernement indien proteste également auprès du haut-commissaire du Pakistan, accusant les forces pakistanaises d'avoir tiré sur Ahuja alors qu'il descendait encore sous son parachute. Islamabad avait pour sa part indiqué à New Delhi avoir capturé un pilote vivant, Nachiketa, et récupéré le second déjà mort, version contredite par l'autopsie pratiquée à l'hôpital militaire, qui conclut à une mort par balles.
Hommages vignette|250px|Le nom du squadron leader Ajay Ahuja sur le Tyag Chakra (« cercle du sacrifice »), au de New Delhi. Ahuja demeure une figure héroïque en Inde, et sa veuve comme sa famille sont fréquemment conviées à des cérémonies officielles et à des manifestations patriotiques. La famille bénéficie du soutien des autorités et de responsables politiques, ainsi que de marques de sympathie et d'aides financières venues de tout le pays. Une statue du pilote est érigée le long de la route reliant Bathinda à Muktsar.
Le 15 août 1999, à l'occasion du cinquante-deuxième anniversaire de l'indépendance de l'Inde, Ajay Ahuja reçoit à titre posthume la Vir Chakra, l'une des plus hautes distinctions militaires indiennes pour faits de bravoure.
Dans la culture populaire Ajay Ahuja est incarné par l'acteur Siddharth Suryanarayan dans , série télévisée dramatique en hindi diffusée sur Netflix et consacrée à l'opération aérienne menée en haute altitude par l'Indian Air Force pendant la guerre de Kargil.
Voir aussi
Articles connexes Guerre de Kargil Forces armées indiennes
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Notes et références
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