Souleymane Coulibaly est un économiste ivoirien, cadre de la Banque mondiale, où il occupe des fonctions d'économiste en chef («Lead Economist») et de chef de programme, après avoir dirigé les travaux économiques de l'institution pour l'Afrique centrale de 2014 à 2019. Il est notamment coauteur du Rapport sur le développement dans le monde 2009: Repenser la géographie économique et auteur principal de l'ouvrage Eurasian Cities: New Realities along the Silk Road (2012).
Formation Souleymane Coulibaly est ingénieur statisticien économiste, diplômé de l'École nationale supérieure de statistique et d'économie appliquée (ENSEA) d'Abidjan. Il poursuit ensuite ses études en Europe et obtient un double doctorat en commerce international et en géographie économique, délivré conjointement par l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne (France) et l'Université de Lausanne (Suisse), au sein de la faculté des hautes études commerciales (HEC Lausanne). Il complète sa formation par un certificat de l'Executive Education de la Harvard Kennedy School, consacré aux enjeux contemporains du développement, obtenu en 2013.
Carrière
Débuts: enseignement et secteur privé Avant de rejoindre la Banque mondiale, Souleymane Coulibaly a été enseignant vacataire à l'ENSEA d'Abidjan, assistant d'enseignement à l'Université de Lausanne, puis économiste au sein du département des relations économiques et internationales de l'entreprise Nestlé, à Vevey, en Suisse.
Banque mondiale Il rejoint la Banque mondiale en septembre 2006 dans le cadre du Young Professionals Program, un programme sélectif dont très peu d'Ivoiriens ont été lauréats, aux côtés par exemple de Tidjane Thiam. De juillet 2007 à juin 2009, il participe à l'équipe chargée de la rédaction du Rapport sur le développement dans le monde 2009: Repenser la géographie économique, pour lequel il rédige le chapitre consacré à l'intégration régionale et organise des consultations en Afrique de l'Est et de l'Ouest, notamment à Dar es-Salaam et à Abidjan, avant d'en piloter la diffusion en Côte d'Ivoire, en Éthiopie, en Israël, au Kazakhstan, au Kenya et en Ouganda. Il travaille ensuite comme économiste du commerce pour l'Asie centrale (2008-2009), puis comme économiste-pays pour plusieurs anciennes républiques soviétiques (Arménie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan), au sein de la région Europe et Asie centrale de la Banque mondiale, où il coordonne également les questions commerciales régionales.
En 2012, il publie, avec six coauteurs, l'ouvrage Eurasian Cities: New Realities along the Silk Road, consacré au développement urbain dans les anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale et du Caucase. Lors du lancement du rapport en mars 2013, il y défend l'idée que les villes eurasiatiques doivent devenir des catalyseurs du développement en favorisant la mobilité, la connectivité et les économies d'échelle de leurs populations.
Il occupe ensuite un poste au sein de l'unité de politique opérationnelle et de la qualité de la Banque mondiale (OPCS), avant de rejoindre en janvier 2014 la région Afrique de l'institution en tant qu'économiste en chef pour l'Afrique centrale (Angola, Cameroun, République centrafricaine, Guinée équatoriale, Gabon et São Tomé-et-Principe), poste qu'il occupe jusqu'en janvier 2019. En juin 2015, il présente au conseil d'administration de la Banque mondiale le tout premier appui budgétaire accordé par l'institution à l'Angola, combinant un prêt de 450 millions de dollars et une garantie basée sur les réformes de 200 millions de dollars. La même année, il intervient lors d'un évènement de la Banque mondiale consacré à l'urbanisation en Afrique, où ses recherches portent notamment sur les théories de l'occupation informelle des sols, l'économie politique des infrastructures de transport et les effets de la ségrégation résidentielle sur la scolarisation et l'emploi.
Il travaille par la suite comme économiste-pays principal pour le Bangladesh et le Bhoutan, puis rejoint le bureau de la Banque mondiale à Manille (Philippines) pour devenir chef de programme et économiste en chef du pôle «Croissance équitable, finance et institutions» (Equitable Growth, Finance and Institutions) pour le Brunei, la Malaisie, les Philippines et la Thaïlande.
Travaux et publications Les travaux de recherche de Souleymane Coulibaly portent principalement sur l'impact de la géographie sur la localisation des entreprises, les flux commerciaux et l'intégration régionale, ainsi que, plus récemment, sur le développement urbain, les politiques foncières et les marchés du logement dans les pays en développement. Sa production scientifique, recensée notamment par les bases de données IDEAS/RePEc et ResearchGate, comprend une trentaine de publications et rapports totalisant plusieurs centaines de citations'.
Parmi ses publications figure notamment l'article «South-South Trade: Geography Matters», coécrit avec l'économiste français Lionel Fontagné et publié en 2006 dans le Journal of African Economies, ainsi que plusieurs rapports de la série Country Climate and Development Report de la Banque mondiale, dont celui consacré aux Philippines. L'ouvrage Eurasian Cities reste régulièrement cité dans la littérature consacrée au développement urbain post-soviétique'.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Banque mondiale École nationale supérieure de statistique et d'économie appliquée Rapport sur le développement dans le monde Économie de la Côte d'Ivoire