est une école de cérémonie du thé japonaise ainsi que d’ikebana, art floral japonais.

Kobori Enshū Une autre école est le Kobori Enshū-ryū. Elle trouve son origine auprès du seigneur Kobori Enshū (1579-1647).

Kobori Enshū (1579-1647) était un seigneur féodal qui joua un rôle important dans la vie culturelle et l’administration en tant que haut vassal du shogunat Tokugawa au début de l’époque d’Edo. Il participa à la construction de bâtiments, de pavillons de thé et de jardins pour le shogunat Tokugawa et la cour impériale.

Le seigneur Enshū fut maître de cérémonie du thé auprès de trois shoguns Tokugawa. Dans son enseignement, il ajouta sa propre sensibilité de samouraï au wabi-sabi des maîtres de thé qui l’avaient précédé. Il y associa une attention particulière à l’élégance aristocratique.

Outre la cérémonie du thé, l’esthétique d’Enshū continue aujourd’hui d’influencer l’art japonais, la calligraphie et l’architecture.

Ecole du thé Kobori Enshū-ryū alt=Tea Ceremony at Gokokuji Temple in Tokyo by the Kobori Enshu Ryu School - Tea Master Iemoto Fuyuko Kobori|vignette|Cérémonie du thé au temple Gokokuji à Tokyo par l’école Kobori Enshū-ryū. alt=Japanese Tea Ceremony Serving Tea Kobori Enshu School of Tea Ceremony|vignette|Service du thé japonais selon l’école Kobori Enshū-ryū. Les grandes écoles d’iemoto qui subsistent aujourd’hui descendent pour la plupart de Sen no Rikyū, l’un des fondateurs historiques de la cérémonie du thé. Rikyū était issu de la classe des marchands et n’était pas un samouraï. Il existe toutefois quelques écoles d’iemoto aux lignées anciennes fondées par des seigneurs féodaux et intégrant des valeurs propres aux samouraïs. L’école Kobori Enshū est l’une de ces traditions de thé des samouraïs..

Après la mort d’Enshū en 1647, la famille se divisa en deux branches, l’une dirigée par le fils d’Enshū et l’autre par Kobori Masayuki, le frère cadet d’Enshū. Kobori Masayuki exerça les fonctions de haut fonctionnaire auprès de Tokugawa Ieyasu, le shōgun à l’origine de l’unification du Japon.

Un scandale survenu dans les années 1780 bouleversa la succession de la famille Enshū, entraînant la perte du statut de seigneur et de l’appartenance à la classe guerrière de la branche aînée. Seule la branche issue de Masayuki continua à servir le shogunat en qualité de vassale directe jusqu’à la fin de l’époque d’Edo.

Durant l’époque d’Edo, la pratique de la cérémonie du thé des samouraïs était réservée à ces derniers et n’était pas accessible au grand public. Après la restauration de Meiji en 1868, le 12e iemoto, Sōshū, ouvrit toutefois la pratique à un public plus large. Deux générations plus tard, le 14e iemoto, Sōchū, étendit encore l’influence de la famille, notamment en devenant maître de cérémonie du thé auprès de Son Altesse Impériale la princesse Kikuko de Takamatsu.

Aujourd’hui, des branches du Kobori Enshū-ryū sont présentes dans tout le Japon, de la préfecture d’Iwate au nord jusqu’à Fukuoka au sud. Outre les cours réguliers et les cérémonies du thé, les maîtres de thé associés à l’école organisent des ateliers dans tout le pays afin de perfectionner leur pratique.

Les rencontres autour du thé constituent également un élément important de l’action culturelle internationale de l’école. Les maîtres de thé mettent leur pratique au service du partage de la culture japonaise dans des contextes tels que les États-Unis et l’Europe. L’école de cérémonie du thé Kobori Enshū continue ainsi de contribuer à la valorisation de la culture japonaise traditionnelle, au Japon comme à l’étranger.

La voie du thé alt=Fuyuko Kobori Serving matcha during Japanese Tea Ceremony|vignette|Kobori Fuyuko serving macha during chado La cérémonie du thé,codifiée sous sa forme actuelle à la fin du , est une « voie », à la fois spirituelle et esthétique. Elle s’est transmise au fil des siècles par l’intermédiaire des iemoto, un système propre aux arts japonais.

Iemoto, qui signifie littéralement maison à la source, désigne des familles dirigées par un grand maître, qui préservent et enseignent des arts tels que le théâtre nō et la cérémonie du thé. En français, iemoto est généralement traduit par école, bien que le terme désigne davantage une école au sens d’un style et d’une tradition qu’un lieu d’enseignement physique. Iemoto peut désigner l’école dans son ensemble, mais également, dans un sens plus particulier, son grand maître.

Les ustensiles de cérémonie du thé que Kobori rendit célèbres de cette manière furent par la suite considérés comme des spécialités de Chūkō. Dans la maison de thé se trouve le pavillon de thé Yosuitei, doté de treize fenêtres, qui est plus lumineux grâce à leur nombre plus important que celui des pavillons d’Oribe. Celui-ci fut conçu à la demande du daimyō Toshitsune Maeda.

On dit qu’Enshū organisa environ 400 cérémonies du thé au cours de sa vie et qu’il reçut quelque 2 000 invités. Parmi ses mécènes et protecteurs figuraient les moines zen Shōkadō Shōjō et Takuan Sōhō.

Il existe actuellement environ 200 écoles de cérémonie du thé au Japon, mais seules quelques-unes remontent aux premières années de cette tradition, à la fin du et au début du . L’école Kobori Enshū est l’une d’entre elles.

Maîtres de thé remarquables

La première femme iemoto, Kobori Fuyuko. alt=Fuyuko Kobori of Kobori Enshu in traditional Japanese kimono, The First Female Iemoto|gauche|vignette|Kobori Fuyuko, first female iemoto Fuyuko Kobori est née à Tokyo en 1985 de Yuko et Soen Kobori, le 16e iemoto. Dès l’âge de six ans, elle apprit l’art du thé auprès de son père. Fuyuko obtint une licence au département d’économie de la faculté de sciences politiques et d’économie de l’université Waseda. Elle se consacra ensuite aux activités de l’école Kobori Enshū en tant qu’assistante de l’iemoto et enseignante au sein du groupe d’étude Shōrai-kai. En mai 2019, la famille Kobori lui attribua le titre d’iemoto-shi (« successeure de l’iemoto »), annonçant ainsi sa future accession à la fonction d’iemoto.

Fuyuko participe à un large éventail d’événements liés à la culture du thé, tant traditionnels que contemporains. Elle collabore régulièrement avec des artistes, des musiciens et des danseurs de butō, organisant des cérémonies du thé lors d’expositions d’art contemporain et de spectacles à l’étranger.

En tant que première femme iemoto de l’école Kobori Enshū et première iemoto à avoir un conjoint étranger, elle dirige un groupe de près de 1 000 élèves à travers le Japon et incarne une nouvelle figure du leadership féminin dans la culture japonaise. Fuyuko n’est pas seulement chargée de transmettre la culture familiale à la génération suivante ; elle accède également à une fonction qui, jusqu’alors, n’avait été exercée que par des hommes à la tête de leur maison d’iemoto. Elle souhaite consacrer sa vie à la recherche sur les femmes et la culture traditionnelle. Elle est également mère de deux fils, Masanobu et Masanao.

Ikebana vignette|Flower arrangement with cherry blossom in a hanging bronze moon-vessel, by the Enshū-ryū school Les branches de l’école d’ikebana sont nombreuses. Elles comprennent notamment :

Nihonbashi Enshū-ryū (日本橋遠州流) Shin Enshū-ryū Ango Enshū-ryū Miyako Enshū-ryū (都遠州流) Seifu Enshū-ryū Asakusa Enshū-ryū

Le sens esthétique apporté par Kobori Enshū s’est également reflété dans l’art floral japonais, qui s’est constitué en un style propre et connut un essor particulier à la fin de l’époque d’Edo. Shunju Ichiyō, s’inspirant de la tradition de la cérémonie du thé d’Enshū, établit la composition florale appelée Tenchijin no sanjin et développa, à partir des fleurs de thé, une forme florale qui lui était propre.

Le style s’est structuré autour de trois grandes écoles : Masakaze, Nihonbashi et Asakusa. Au début de l’ère Shōwa, de nombreuses maisons et écoles indépendantes issues de ces traditions apparurent, tandis que le nombre d’écoles portant le nom d’Enshū augmenta considérablement à la fin de l’ère Meiji.

Ces écoles présentent généralement comme caractéristique commune l’emploi de lignes audacieuses et accentuées dans les branches et les végétaux. En art floral, ce type de composition est considéré comme une technique particulièrement difficile à maîtriser.

Voir aussi Ikebana

Références

Catégorie:École d'Ikebana