Silvan, nom de scène d'Aldo Savoldello, né le à Venise, est un illusionniste, prestidigitateur et écrivain italien.
Formé à la magie de manipulation, il devient professionnel avant ses vingt ans. Il assure en 1957 la première partie d'Édith Piaf à l'Olympia de Paris, puis se produit dans les cabarets d'Espagne et du Portugal avant de rejoindre, au début des années 1960, des établissements comme le Savoy de Londres au Latin Quarter le New York ou le Tropicana de Las Vegas. À partir de 1973 il devient une figure familière du public national italien avec l'émission , diffusée sur la Rai. Auteur d'une douzaine d'ouvrages sur la magie, il est distingué en 1990 puis en 1999 comme « magicien de l'année » par l et reçoit en 1996 le titre de des mains du président du , . En 2022, il est récipiendaire de la distinction de commandeur de l'ordre du Mérite de la République italienne .
Biographie Formation Aldo Savoldello naît à Venise le . Il s'intéresse à la prestidigitation dès l'âge de sept ans, après avoir assisté au spectacle d'un magicien qui le prend pour assistant lors d'un séjour familial à Crespano del Grappa. Il présente ses premiers spectacles à l'oratoire Don Bosco de sa ville sous le nom de « Saghibù ».
Il remporte en 1955 un concours de magie télévisé et adopte le nom de scène de « Silvan » lors de l'émission d'Enzo Tortora sur la RAI, où l'actrice Silvana Pampanini lui donne ce nom.
Carrière internationale En 1957, il assure la première partie d'Édith Piaf sur la scène de l'Olympia de Paris. Il se produit en 1959 dans les cabarets d'Espagne et du Portugal, puis, au début des années 1960, des établissements comme le Savoy de Londres, le Latin Quarter de New York et le Tropicana de Las Vegas, où il tient l'affiche deux années durant. Période télévisuelle Silvan entre à la RAI dans les années 1960. La série de tours de cartes qu'il exécute dans le générique de l'émission , en 1966, lui vaut une certaine notoriété.
De 1973 à 1980, il anime , programme de variétés du samedi soir consacré à la magie, où il reçoit des invités tels que Marcello Mastroianni, Pippo Baudo, Milva et Patty Pravo. La série atteint plus de 75 épisodes. l'émission est reprise sous les titres puis, dans les années 1980 et 1990, . En 1979 il anime 26 épisodes de , puis, en 1998, avec Anna Falchi.
Créations et inventions Silvan met au point en 1973 une lévitation de colombe. En 1980, il conçoit le , variante de l'illusion de découpant une assistante en quatre sections au lieu des trois habituelles. Il est par ailleurs le premier à présenter l'illusion scénique de Ken Whitaker, qu'il rebaptise .
Cinéma Silvan a tenu des rôles dans plusieurs films, parmi lesquels Modesty Blaise de Joseph Losey (1966), aux côtés de Monica Vitti, Dirk Bogarde et Terence Stamp, (1967), de Damiano Damiani (1986) et (2015). Il est apparu dans son propre rôle dans (1983) et dans de Leonardo Pieraccioni (2001).
Vie associative Silvan s'est fait le défenseur des clubs de magiciens et collabore aux revues spécialisées. Il est membre d'honneur du .
Style et apport à l'art magique Conception de l'illusion Silvan distingue son art de ce qu'il tient pour des impostures. Selon lui, l'illusion est une forme de spectacle très ancienne, à ne pas confondre avec la magie entendue comme superstition médiévale pratiquée par des médiums, des voyants ou des guérisseurs charlatans ; seul l'artiste prestidigitateur trompe honnêtement le public, sachant qu'il étonnera par l'élégance d'un geste et par une présentation verbale appropriée. Il définit la magie comme un phénomène né du miracle, du paradoxe et de l'absurde, qui n'existe que dans l'esprit de celui qui souhaite qu'elle existe. Le quotidien voit dans cette conception un déplacement du trucage vers la question philosophique : le spectateur, tout en se sachant trompé, choisit délibérément de croire. In a forgé la notion de , contraction des termes italiens désignant le jeu d'acteur et la présentation. Elle exprime l'idée qu'exécuter un tour ne suffit pas : il faut le raconter, l'interpréter et le transmettre.
Permanence et adaptation Interrogé par le CICAP sur l'évolution de son art, Silvan a soutenu que la perception de la magie comme art théâtral n'avait pas changé, pas plus que n'a changé le théâtre de Shakespeare, Goldoni, Pirandello, Ionesco ou Molière : c'est l'étonnement du spectateur qui se renouvelle.
Sur les moyens contemporains, il distingue la magie de la technologie tout en admettant que l'illusionniste doit s'adapter au goût moderne, y compris en recourant à ce qu'il nomme la magie électronique — écrans et panneaux lumineux susceptibles d'interagir avec l'artiste. Il pose toutefois une condition : que le tour, sous quelque forme qu'il se présente, demeure un mystère. Il relève également que les grandes illusions au dessin ultramoderne ne supportent souvent pas d'être vues deux fois de suite sans que le procédé se laisse deviner.
Répertoire Parmi les grandes illusions de son répertoire, Silvan désigne comme ses préférées la manipulation de cent quarante cartes et la lévitation d'une femme se maintenant en l'air hors de toute loi physique. Il a introduit à la télévision italienne des effets comme la disparition d'une Rolls-Royce, la femme coupée en deux puis en quatre, l'apparition et la disparition d'un éléphant, la lévitation et la disparition d'un carrosse, ou celle de .
Héritage et influence culturelle « Sim Sala Bim » La formule que Silvan prononce à chacun de ses tours a débordé le cadre du spectacle pour s'installer dans le langage courant italien, au point de constituer la définition la plus nationale-populaire que la magie ait reçue à la télévision du pays.
Son origine est prosaïque : interrogé par le Corriere della Sera, Silvan a déclaré en ignorer le sens et l'avoir empruntée au refrain d'une chansonnette danoise des années 1940. Sa formule antérieure, , était de son invention.
Télévision italienne Silvan est présenté comme le pionnier des prestidigitateurs à la télévision italienne : il fut le premier à spectaculariser ses prestations, substituant au simple tour de cartes la grande illusion sensationnelle, devant les spectateurs de ce qui était alors l'unique chaîne du pays. Sa notoriété s'est accompagnée d'une exploitation commerciale : produits dérivés, gadgets, livres et jeux portant son image se vendaient en nombre. Une boîte de jeu magique éditée par Clementoni et portant son nom a constitué un objet de référence pour les enfants italiens des années 1970.
Filiation Les prestidigitateurs italiens venus après lui comme , , , Arturo Brachetti et sont présentés comme ayant suivi la voie qu'il a ouverte. La génération suivante des humoristes s'est en revanche construite par contraste : des personnages comme le ont renversé l'image d'élégance propre à l'illusionniste classique.
Distinctions
Distinction civile 60px Commandeur de l'ordre du Mérite de la République italienne, décerné par le président Sergio Mattarella le .
Distinctions professionnelles
Magicien de l'année de l'Academy of Magical Arts, en 1990 et en 1999. à titre honoraire, décerné en 1996 par le . de l' en 1998 et en 2011. Membre du de la . Membre d'honneur à vie de l'Academy of Magical Arts. , décerné en 2018 par le pour services rendus à la magie internationale.
Publications
Ouvrages . , préface de Vittorio Sgarbi.
Collaboration Entre 1977 et 1985, Silvan a collaboré à des revues spécialisées, dont le mensuel , bulletin du de Turin .
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes
Prestidigitation Illusionnisme
Liens externes
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