Péter Polt, né le à Budapest (république populaire de Hongrie), est un homme politique, juriste et magistrat hongrois. Il est président de la Cour constitutionnelle de Hongrie de juin 2025 à septembre 2026, après avoir été procureur général de 2000 à 2006 puis de 2010 à 2025. Il est également membre du Fidesz.

Biographie

Débuts dans le droit Péter Polt naît le à Budapest, alors en république populaire de Hongrie. Il naît dans une famille déjà implantée dans le secteur du droit, avec une mère secrétaire du doyen de la faculté de droit et un père membre du département des affaires pénales du Parquet général et responsable des délits liés à la circulation. Ces postes nécessitent à l'époque d'avoir , des bonnes connexions. Par ailleurs, son père lui impose une éducation sévère..

Péter Polt entre à la faculté de droit de l'université Loránd-Eötvös (ELTE) dont il sort diplômé en 1980. Il assiste également à des cours de l'université de Strasbourg et de l'Académie de droit international de La Haye. Il obtient un doctorat en droit en 2010 à l'université catholique Péter-Pázmány.

Engagé par l'Institut national de criminologie et de science forensique, il devient ensuite en 1983 professeur adjoint en droit pénal à l'ELTE, puis est promu enseignant vacataire en 1985. À partir de 1985, il travaille comme avocat, jusqu'en 1995, tout en étant en parallèle conseiller au ministère de la Justice. Il intervient à plusieurs reprises en tant qu'avocat devant la Commission hongroise d'Helsinki.

Raprochement avec le Fidesz Lors de ses années en tant que jeune enseignant, sympathisant de l'opposition, il fait connaissance avec de nombreux étudiants qui formeront ce qui deviendra le Fidesz, dont le futur président de la République János Áder.

Péter Polt est proche du Fidesz dès sa création en 1988, avant même la chute du régime communiste hongrois, alors que le parti réunit principalement des jeunes étudiants de sensibilité libérale-conservatrice. Grâce à ses liens avec János Áder, il devient un conseiller du parti, travaillant sur la thématique des droits de l'homme avec Gábor Fodor et du droit avec József Szájer et Áder. Il n'adhère au parti qu'en 1993 et est immédiatement récompensé par la présidence de son comité d'éthique. Le parti est déjà secoué par des tensions, entre le mécontentement des jeunes démocrates libéraux désapprouvant la stratégie de Viktor Orbán, et l', des arrangements révélés par les médias entre le jeune parti d'opposition et le Forum démocrate hongrois (MDF), au pouvoir. Il finit par éclater avec le départ de Fodor.

En 1994, Péter Polt est candidat aux élections législatives en sur la liste du Fidesz. Alors que cette place aurait dû lui garantir un siège au Parlement (le Fidesz est estimé à 20 % d'intentions de vote), le parti est plombé par les récents scandales et n'obtient que 7 % des voix. Péter Polt n'est pas élu à l'Assemblée nationale et la victoire revient au Parti socialiste hongrois.

Le gouvernement Horn (MSzP-SzDSz) fonde le Bureau du Commissaire aux droits fondamentaux, qui s'apparente à un ombudsman, et nomme à sa tête Katalin Gönczöl. En signe de geste démocratique, il laisse cependant à l'opposition de droite le choix de son adjoint. Péter Polt, alors inconnu du grand public, est choisi pour le poste en 1995, ce qui l'oblige à quitter le Fidesz. Il insiste pour avoir à ses côtés András Zsolt Varga, qui le suivra le reste de sa carrière. Avec ces nouvelles fonctions, la carrière du juriste reprend, grâce au gouvernement de centre-gauche. Il ne se fait pas remarquer pour des positions conservatrices, davantage pour son intérêt marqué pour ses collègues féminines.

Premier mandat de procureur général En 1998, le Fidesz remporte pour la première fois les élections législatives, formant une coalition de gouvernement avec le Parti civique indépendant des petits propriétaires et des travailleurs agraires (FKGP). Le parti cherche alors rapidement à renforcer son contrôle sur les structures de l'État, plaçant Lajos Simicska à la tête de l'administration fiscale. Rapidement, le procureur général Kálmán Györgyi est dans le viseur du gouvernement. Alors que son mandat doit se terminer en 2002, il démissionne soudainement à l'issue d'un bras de fer politique avec János Áder. Il pourrait avoir fait l'objet de chantage politique.

En 2000, Péter Polt est élu sans difficulté Procureur général de Hongrie par l'Assemblée nationale pour succéder à Kálmán Györgyi. Il amène avec lui Ervin Belovics et András Zsolt Varga, désignés procureurs généraux adjoints. De manière coïncidente, plusieurs cadres du FKGP sont arrêtés et inculpés, tandis qu'aucune poursuite ne touche le Fidesz malgré les dossiers ouverts concernent Lajos Simicska. Le procureur se met à pratiquer la chasse, sur des terres appartenant à l'État, en compagnie de personnalités influentes dont l'homme d'affaires Sándor Csányi (OTP Bank) ou le ministère de l'Intérieur Sándor Pintér.

En tant que procureur général, Péter Polt fait l'objet de critiques. Dès 2002, le gouvernement de centre-gauche cherche à le faire démissionner, jusqu'à lui proposer un poste de juge à la Cour de justice de l'Union européenne, mais il refuse toujours. En 2004, il est accusé par des députés du Parti socialiste hongrois (MSzP) d'avoir oublié de mentionner dans sa déclaration de patrimoine ses trophées de chasse en bois de cerf dont la valeur pourrait atteindre un million de forints, mais l'affaire se retourne contre l'accusateur. En 2005, le gouvernement Gyurcsány fait adopter une loi facilitant entre autres l'attribution de postes de complaisance à un ancien procureur général ou à son adjoint. Selon , Péter Polt et András Zsolt Varga se seraient accordés avec le gouvernement, pourtant de bord politique opposé, pour faire adopter cette réforme, qualifiée de « loi Polt/Varga », en échange de la clémence du parquet vis-à-vis des responsables gouvernementaux du MSzP et du SzDSz soupçonnés de corruption, notamment dans le cadre de l'affaire de détournements massifs Kulcsár.

En 2006, à l'expiration de son mandat de , une majorité des députés vote pour le remplacement de Polt par Tamás Kovács, malgré une candidature dissidente soutenue par le président de la République László Sólyom. Péter Polt reste toutefois chef du département des Affaires criminelles au sein du bureau du nouveau procureur, ce qui lui permet de continuer à garder un œil sur les dossiers traités par son successeur.

Deuxième et troisième mandats de procureur général En 2010, Pál Schmitt, président de la République, le nomme à nouveau procureur général. En vertu des nouvelles règles adoptées sous le gouvernement Orbán II qui incluent un mandat allongé, les deux tiers de l'Assemblée nationale, dominée par le groupe Fidesz-KDNP, l'élisent pour à ce poste. L'année suivante à Rome, il est élu président du Réseau des procureurs auprès des cours suprêmes judiciaires des États membres de l'Union européenne ou Réseau NADAL, une instance interprofessionnelle chargée de faciliter les échanges entre les procureurs des différents pays européens.

Le , il est réélu pour supplémentaires comme procureur général de Hongrie grâce à la super-majorité dont bénéficie le Fidesz-KDNP au Parlement. La majorité des députés d'opposition boycottent la séance.

Son mandat est marqué par une baisse significative du nombre d'enquêtes pour corruption. Il est considéré comme l'une des pièces centrales du Système de coopération nationale (, NER), le système de Viktor Orbán. À son poste, il peut sélectionner les poursuites judiciaires qu'il lance et faire obstacle à certaines enquêtes afin de protéger des membres du gouvernement ou des proches de Viktor Orbán.

Le , Péter Polt quitte ses fonctions, remplacé par Gábor Bálint Nagy.

Président de la Cour constitutionnelle Dès le moi de mai 2025, il est élu par le Parlement hongrois comme membre de la Cour constitutionnelle de Hongrie. Il y prend ses fonctions le , au lendemain de son départ du bureau du procureur général. Dès le jour suivant, le , il est élu président de la Cour constitutionnelle par le Parlement.

Après l'arrivée au pouvoir du parti Tisza de Péter Magyar lors des élections législatives de 2026, celui-ci s'emploie à démanteler le système mis en place par l'ancien Premier ministre Viktor Orbán. Face au refus de Péter Polt de démissionner, le gouvernement Magyar fait adopter un amendement constitutionnel fixant, entre autres mesures, l'âge obligatoire de départ en retraite des juges de la Cour constitutionnelle à . Cela a pour effet de forcer Péter Polt à la démission avant le .

Vie privée Péter Polt est marié. Sa femme travaille pour la Banque nationale hongroise jusqu'en 2019, puis à l'Office de contrôle du gouvernement (KEHI).

Références

Liens externes

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