La guerre de la Navarrerie (Guerra de la Navarrería pour les espagnols) ou guerre de Navarre (pour les français) est une période de conflit entre des citées qui constituent aujourd'hui la ville de Pampelune. La conflictualité historique entre ces citées est attisée par de nombreux différents entre chanoines locaux et autorités du royaume pour des raisons d'autorité et financières. Vient se greffer en 1274 une crise de succession du royaume de Navarre qui implique les royaumes d'Aragon, de Castille et de France et qui fracture les nobles navarrais. La Navarrerie va cristalliser ces éléments, ce qui aboutira à sa destruction par une armée du roi de France en 1276.
Contexte thumb|Les trois cités de Pampelune.
Au Pampelune est divisée en trois cités adjacentes ayant chacune ses propres fortifications : Saint-Sernin, peuplée exclusivement par les francos, des habitants originaire du nord des Pyrénées, ayant obtenu des terres pour leur installation ; Saint-Nicolas, peuplée par des francos et des autochtones ; la Navarrerie, plus ancienne que les précédentes et de population plus diverse, généralement plus pauvre, administrée par l'évêque alors que les autres cités bénéficient de l'octroi d'un for fiscalement avantageux.
Les dissensions entre cités sont fréquentes et parfois sanglantes. Au cours de ces conflits les évêques prennent la défense de leurs vassaux (et de leurs intérêts) de la Navarreríe. Lors de deux épisodes Sanche VII tranche en faveur de Saint-Sernin et Thibaut II en faveur de Saint-Nicolas.
En 1266 les conseils de chaque cité forment un conseil unique à l'initiative de Thibaud II. Son successeur en 1270 Henri Ier dissout le conseil moyennant finances de l'église.
La succession de Henri Ier thumb|redresse=0.6|Blason de Obanos sur lequel figure le symbole de la junte et sa devise.
À la mort de Henri Ier en 1274 les cortes de Navarre prêtent serment d'allégeance à sa fille Jeanne âgée de deux ans. Blanche d'Artois devient régente. Toutefois Jacques Ier d'Aragon fait ouvertement acte pour succéder au roi. Un conflit naît pour savoir à quelle cour d'Europe Jeanne sera éduquée : Aragon, Castille ou France. L'affaire est confiée à la junte des infançons d'Obanos, instance qui n'aura pas le loisir de se prononcer. En 1274 les cortes proposent que l'infant Alfonse d'Aragon soit élevé en Navarre avec la promesse d'un mariage avec Jeanne.
De son côté Alphonse X de Castille qui estime avoir des droits sur la couronne de Navarre entame un conflit armé et assiège Viana. Blanche d'Artois, également comtesse de Champagne, sollicite l'aide de Philippe III le Hardi qui propose l'union de Jeanne avec son second fils Philippe, futur Philippe le Bel. Blanche et sa fille passent en France.
Le conflit de la Navarrerie thumb|redresse=0.6|Les blasons et les noms des douze premiers ricombres de Navarre en 1254. La majeure partie de la noblesse navarraise accepte le fait accompli mais García Almoravid, un ricombre du royaume, fomente un soulèvement de la Navarrerie. Il fait face au gouverneur Pedro Sánchez de Monteagudo qui s'est rendu à Saint-Sernin avec des troupes mais qui refuse l'affrontement et démissionne. Philippe III nomme à sa place Eustache de Beaumarchais qui se rend en Navarre à la tête d'une troupe conséquente. Garcia Almoravid préfère ne pas l'affronter et la réconciliation des parties est scellée à Estella-Lizarra devant les cortes. Mais l'accord trouvé n'est pas appliqué par les habitants de la Navarrerie sous l'influence des chanoines. Il s'en suit une série d'affrontements espacés de périodes de tractations
La mort du fils aîné du roi de Castille vient ajouter à la confusion. En effet son frère prend la tête du royaume avec l'assentiment de son père mais l'opposition de sa mère qui s'exile. La France et L'Aragon prennent son parti. Le roi Alphonse X propose un arrangement excluant les français de Navarre, projet soutenu par une partie importante la noblesse navarraise mais qui n'aura pas de suite.
Afin de gagner du temps le roi de France sollicite l'intervention de Gaston VII de Béarn. De son côté l'évêque Armingot obtient une promesse d'intervention du roi de Castille. Une armée du roi de France levée à Toulouse et commandée par Humbert de Beaujeu et Robert II d'Artois, frère de Jeanne d'Artois, assiège la Navarrerie en septembre 1276. Elle affronte un contingent de l'armée castillane et l'oblige à se replier à Estella-Lizarra où est stationné le gros des troupes. La reddition de la ville s'accompagne de massacres et de pillages des troupes françaises dont une grande partie est constituée de mercenaires autorisés à s'approprier le butin de guerre. La ville est incendiée, à l'exception de la cathédrale Santa Maria.
Par la suite l'armée française conquiert l'ensemble de la Navarre. Garcia Almoravid est capturé et interné à Toulouse. Les biens des seigneurs navarrais opposés à Jeanne d'Artois sont confisqués malgré l'accord passé avec le roi de Castille en novembre. Philippe III confisque l'appareil administratif jusqu'à sa mort en 1285, confiant les postes-clés à des français.
Épilogue
Jeanne Ire (reine de Navarre), élevée à la cour du roi de France, épousera Philippe le Bel en 1284. La Navarre restera française jusqu'en 1328 avec l'avènement de Jeanne II.
La partition de Pampelune perdurera jusqu'en 1423 lorsque Charles III de Navarre crée une juridiction unique siégeant dans l'actuel hôtel de ville.
Références
Liens externes
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