Les relations entre l'Algérie et la Bretagne s'inscrivent dans le cadre des relations entre l'Algérie et la France.
Historique Piraterie barbaresque des et Si la piraterie et l'esclavagisme des Barbaresques touche avant tout la mer Méditerranée, elle s'étend à la façade Atlantique à partir du . Les bretons représentent jusqu'à 20 % des captifs français au , avant de baisser à moins de 8 % au .. Sur les 362 captifs bretons de cette époque dont le lieu est identifié, 122 le sont à Alger.. Le rachat de captifs se met progressivement en place, d'abord de manière désordonnés, puis de manière plus centralisé autour des États de Bretagne. A partir de 1628 et jusque vers 1670, ces derniers disposent d'un budget dédié, et utilisent les services des Mercédaires et Trinitaires pour faire aboutir ces opérations. Les contacts fréquents au milieu du avec la régence d'Alger fait souvent aboutir les rachats.. Bien que la piraterie barbaresque reflue dans la région au , et qu'elle devienne avant tout marocaine, une mémoire perdure au travers d'œuvres religieuses ou de chants profanes, qui gagneront une nouvelle popularité et qui seront utilisés pour mobiliser les foules au moment de l'expédition d'Alger de 1830..
Les registres paroissiaux bretons recensent une dizaine de ressortissants de la régence d'Alger s'étant convertis au christianisme lors de la période, mais leur présences dans la province est alors anecdotiques, et souvent liées à l'échouages de leurs navires. Des captures plus importantes d'équipages entiers d'algériens sont aussi enregistrées, comme en 1686 dans la région de Quimper..
Période coloniale Plusieurs militaires bretons participent à la phase de Conquête de l'Algérie par la France à partir de 1830, comme le général nantais Lamoricière.. Lors du conflit, le canon La Consulaire qui protège alors le port d'Alger depuis le est rapporté en France comme trophée de guerre, et installé dans le port de Brest.. Figure de la lutte contre la conquête française de l'Algérie, l'émir Abdelkader visite cette dernière ville en 1865, où il y est acclamé par la foule..
Lors de la phase d'occupation coloniale, les deux populations sont peu en contact. La communauté bretonne est proportionnellement moins présente en Algérie que celles venant d'autres régions françaises. Elle est notamment présente dans la Marine qui opère alors des bases en Algérie. Lors de l'attaque de Mers el-Kébir en 1940, environ un millier des sont bretons... La Bretagne est à la même époque une région rurale marquée par l'émigration, et peu d'algériens y sont recensés jusqu'à la première Guerre Mondiale. Lors de ce dernier conflit, plusieurs centaines d'algériens sont embauchés dans les arsenaux de Rennes, mais ceux-ci sont rapatriés dès la fin de la guerre. Des algériens sont de nouveau employés dans la région lors de la seconde guerre mondiale, cette fois pour servir à l'effort de guerre allemand, soit par l'Organisation Todt (220 en 1943) soit comme prisonnier de guerre (310).. Après la seconde Guerre Mondiale, et jusqu'à l'indépendance du pays, le nombre d'algériens présents en Bretagne est très fluctuant, dépendant de migrations saisonnières (110 en puis 130 en dans le Finistère., 109 en 1954 et 300 en 1958 en Ille-et-Vilaine). Les deux diaspora sont par ailleurs en contact en Île-de-France, et plusieurs personnalités sont issues de mariages algéro-bretons, comme Marcel Mouloudji, Gilles Lellouche, Maïwenn.
Des réseaux commerciaux se développent entre les deux espaces lors de cette période. Le vin algérien trouve d'importants débouchés en Bretagne. Dès 1934 le port de Lorient ouvre une importante ligne d'importations directe depuis l'Algérie, et celle-ci perdure jusqu'en 1990. Au début des années 1960, près de 95% des vins consommés en Bretagne viennent d'Algérie, et près de transitent dans les ports de Brest, Quimper, et Lorient en 1957... Dans le domaine de la pêche, plusieurs tentatives d'établissement de pêcheurs bretons et de conserveries en Algérie ont lieu dès le , mais se soldent toutes par des échecs..
Guerre d'indépendance algérienne La Bretagne connait dès 1955-1956 des mouvements d'opposition à la guerre d'Algérie, phénomène alors en rupture avec la tradition de la région, traditionnellement plutôt en phase avec la vie militaire. Cette opposition s'exprime en premier lieu au sein de la jeunesse, touchée par l'allongement du service militaire, et est structurée dans des canaux comme ceux de la JAC et de la JEC. La question de l'usage de la torture en particulier polarise les débats. Si des personnalités originaires de la région comme le général de Bollardière s'y opposent, d'autres comme le député Jean-Marie Le Pen s'y emploient et défendront son usage..
Plusieurs populations algériennes sont aussi accueillies dans la région pendant et après le conflit. Le gouvernement français pousse à la mise en place de jumelages entre départements de France métropolitaine et algériens, pour mettre en place des réseaux de solidarités, et contrebalancer les courants nationalistes et indépendantistes algériens. En Bretagne, cette politique voit le Finistère être jumelé avec le département de Mostaganem, les côtes-d'Armor avec arrondissement de Saint-Arnaud, l'Ille-et-Vilaine et le Morbihan avec Tablat, et la Loire-Atlantique avec Paul Cazelles. Quelques jumelages de villes sont aussi enregistrés, comme Quimper avec Affreville, Brest avec Mostaganem, mais Nantes refuse un jumelage avec Orléansville.. Ces réseaux de jumelages sont souvent utilisés pour la mise en place de colonies de vacances en 1959 et 1962, qui voient de jeunes Algériens être accueillis dans la région, notamment à Vertou, Plouescat et Lorient.. Après guerre, peu de rapatriés s'installent dans la région. Cette dernière, encore peu industrialisée, et voyant elle-même une forte émigration économique de sa population, dispose de peu de capacité d'accueil. Deux camps sont néanmoins mis en place, à Saint-Avé, et à Nantes dans une ancienne prison. Un recensement du Comité national des musulmans français de 1965 indique que les côtes-d'Armor, le Finistère, et l'Ille-et-Vilaine comptent 56 harkis chacun, la Loire-Atlantique 148, et le Morbihan 179..
Politiquement, les conséquence de la guerre d'Algérie en Bretagne se matérialisent par un fort morcellement et un affaiblissement de la gauche localement.. Le positionnement pro-guerre de la SFIO affaibli le parti au profit du PSU, et cette restructuration influence la composition des élus socialistes (notamment parlementaires) jusqu'au début des années 2010.. À droite et au centre, la guerre d'Algérie et marquée par l'émergence du gaullisme, et avec lui de l'UNR. Ce dernier marginalise tout un tissu de notables et d'élus locaux, souvent sous étiquette CNI ou MRP, et favorise l'émergence d'une nouvelle génération d'élus, parfois parachutés comme Yvon Bourges dès 1962, ou en 1967 Edmond Michelet à Quimper, Olivier Guichard à La Baule ainsi que Michel Cointat à Fougères. Au sein du régionalisme breton, la guerre d'Algérie a pour conséquence directe la création en 1964 de l'union démocratique bretonne d'une scission du MOB. Un discours comparant la situation coloniale de l'Algérie avec celle de la Bretagne gagne alors en audience. Les cinq départements bretons approuvent aussi largement les référendum menant à l'indépendance de l'Algérie, à 94,5 % des votants pour celui de 8 janvier 1961 (contre 90,7 % pour la moyenne nationale)., et à 74,4 % du corps électoral pour celui du 8 avril 1962 (61,7 % au niveau national)..
Plusieurs artistes de la région ayant participé au conflit produisent après guerre des témoignages dans leurs œuvres, comme le réalisateur René Vautier dans son film Avoir vingt ans dans les Aurès, le chanteur et auteur Xavier Grall dans son livre La génération du djebel, l'auteur Jean Failler dans son Mémoires d'un petit Quimpérois., ou encore l'auteur Yann Queffélec dans son La Méduse noire..
thumb|upright|Rue du 19 mars 1962 à Rennes. La dimension mémorielle de la guerre connait des variations importantes à l'échelle de la Bretagne. Si dans les trois départements de la pointe occidentale, plusieurs dizaines de villes nomment des rues en référence au cessez-le-feu du 19 mars 1962, en Haute-Bretagne seules deux d'entre elles en Ille-et-Vilaine et neuf en Loire-Atlantique le font.. La construction de monuments aux morts est aussi lente, en raison de la reconnaissance tardive (en 1999) du statut de guerre par le gouvernement français. Le premier inauguré dans la région l'est à Plénée-Jugon en 2002 pour les côtes d'Armor (312 noms)., puis Pleyben en 2003 pour le Finistère (426 noms).., à Vannes en 2008 pour le Morbihan (270 noms)., à Rezé en 2009 pour la Loire-Atlantique (350 noms).., et à Rennes en 2012 pour l'Ille-et-Vilaine (335 noms)..
Depuis l'indépendance Une coopération économique se met en place entre les deux espaces dès la fin des années 1970, notamment dans les domaines de la pêche, de l'habitat, et de l'agriculture.... Au début des années 2010, un plan de développement de la filière laitière en Algérie est mise en œuvre, piloté par Bretagne-International....
thumb|Le canon La Consulaire à Brest, dont la question de la restitution revient au début du . Plusieurs questions mémorielles liées à la période coloniale émergent au début du , notamment celle du devenir de la statue du général Lamoricière à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu., ou celle de la restitution du canon La Consulaire à Brest.. La commémoration du massacre de Sétif donne lieu à des manifestation à Rennes. D'autres lieux de mémoire sont identifiés, comme la tombe du père d'Albert Camus à Saint-Brieuc, mentionnée dans Le Premier Homme, et où l'auteur réalise qu'il est à présent plus vieux que son père ne le sera jamais.
Dans un contexte de crise diplomatique entre Alger et Paris, la télévision d'Etat algérienne présente en 2025 la Bretagne comme une région ..
Relations dans le domaine du sport Plusieurs joueurs de l'Équipe d'Algérie de football ont évolué dans des équipes professionnelles bretonnes comme le Stade rennais (Mahi Khennane., Ramy Bensebaïni., Amine Gouiri....), le Stade brestois (Haris Belkebla., Youcef Belaïli....), En avant Guingamp (Abdelhafid Tasfaout., Sohaib Naïr....), le FC Lorient (Yazid Mansouri., Rafik Saïfi., Walid Mesloub....). Le breton Christian Gourcuff est par ailleurs sélectionneur de l'Équipe d'Algérie de football de à ..
Populations de nationalité algérienne vivent en région Bretagne en 2021. Cette population est en hausse et représentait en 2011, et en 1999, ..
Jumelages Les premiers jumelages après l'indépendance entre villes algériennes et bretonnes commencent à être noués à partir des années 1980. Rennes et Sétif signent le premier accord en 1982, suivis par Rezé et Aïn-Defla, puis par Brest et Béjaïa en 1995.
Sources Références
Bibliographie
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