Les Burkinabè au Ghana désignent les ressortissants du Burkina Faso établis au Ghana, ainsi que, dans une acception plus large, les Ghanéens d’origine burkinabè. Cette population est issue de mobilités anciennes entre les territoires correspondant aux deux États actuels, de migrations de travail, de migrations familiales et de déplacements liés aux crises économiques ou politiques régionales. vignette|gauche|Ambassade du Burkina Faso à Accra. Le Ghana constitue l’une des principales destinations de la diaspora burkinabè, avec la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger et d’autres pays d’Afrique de l'Ouest.
L’ambassadeur du Burkina Faso au Ghana est le colonel-major David Kabré.
Histoire et peuplement
Mobilités anciennes
Les mobilités entre l’actuel Burkina Faso et le Ghana sont antérieures à la création des frontières coloniales. Elles sont liées aux échanges commerciaux, au pastoralisme, à l’agriculture, aux liens de parenté et à la présence de groupes culturels répartis de part et d’autre de la frontière contemporaine.
Les Mossi, les Bissa, les Gourmantché, les Dioula, les Lobi et les Peuls figurent parmi les populations présentes dans les espaces frontaliers ou ayant développé des liens sociaux et économiques entre les territoires correspondant aujourd’hui au Burkina Faso et au Ghana.
Période coloniale
Durant la période coloniale, les migrations depuis la Haute-Volta vers la Côte-de-l'Or britannique se développent, notamment à destination des zones agricoles et des centres urbains. Ces déplacements sont associés à la recherche d’emplois, au commerce et aux besoins de main-d’œuvre dans l’économie coloniale ghanéenne.
Après l’indépendance du Ghana en 1957 et celle de la Haute-Volta en 1960, les mouvements migratoires se poursuivent. Le Ghana demeure alors l’une des destinations régionales des travailleurs originaires de la Haute-Volta.
Aliens Compliance Order de 1969
Le 18 novembre 1969, le gouvernement ghanéen dirigé par le Premier ministre Kofi Abrefa Busia adopte l’Aliens Compliance Order. Cette mesure impose aux étrangers ne disposant pas d’un permis de résidence valide de régulariser leur situation ou de quitter le Ghana dans un délai initial de quatorze jours.
Cette politique touche plusieurs communautés étrangères, dont des ressortissants originaires de la Haute-Volta, du Togo, du Nigeria, du Mali et de la Côte d’Ivoire. Elle entraîne des départs importants d’étrangers et contribue à la réorientation d’une partie des migrations burkinabè vers la Côte d’Ivoire.
Depuis les années 2000
La crise sociopolitique ivoirienne des années 2000 contribue à réactiver ou à renforcer certains flux migratoires vers le Ghana. Les réseaux familiaux et communautaires déjà établis facilitent l’installation de nouveaux migrants burkinabè, notamment dans les zones frontalières, les villes du nord et les centres économiques du pays.
Les migrations contemporaines comprennent des travailleurs indépendants, des salariés, des commerçants, des artisans, des agriculteurs, des étudiants, des cadres et des membres de familles établies de longue date. Une partie des descendants de migrants burkinabè possède la nationalité ghanéenne ou se définit à la fois par des appartenances burkinabè et ghanéennes.
Données démographiques
Population Au Ghana, il y a trois générations de Burkinabè. La génération arrivée pendant la période coloniale ou après les indépendances, celle née au Ghana et celle issue de parents nés au Ghana. Notons que la majorité de ceux qui y sont nés ont opté pour la nationalité du pays d’accueil. Il y a aussi les Burkinabè présents dans le pays pour des raisons professionnelles.
Le nombre de burkinabè vivant au Ghana est estimé à plus de trois millions de personnes. La plupart de ces ressortissants sont concentrés dans le Nord du pays.
Répartition géographique
La population burkinabè est présente dans plusieurs régions du Ghana. Elle est notamment implantée dans le nord du pays, dans les régions de l’région du Haut Ghana oriental, de l’région du Haut Ghana occidental et de la région du Nord, qui entretiennent des liens historiques et géographiques étroits avec le Burkina Faso.
Des communautés burkinabè sont également présentes dans les régions d’Ashanti, de Brong-Ahafo, du Grand Accra et dans plusieurs villes ghanéennes, notamment Accra, Kumasi, Tamale et Bolgatanga.
Langue Les Burkinabè du Ghana utilisent le français, langue officielle du Burkina Faso, et l’anglais, langue officielle du Ghana. Les langues burkinabè telles que le mooré, le dioula, le fulfulde, le bissa et le gourmantché sont également parlées dans certains milieux familiaux et communautaires. Les membres de la diaspora utilisent diverses langues du Ghana, notamment le twi, le dagbani et le haoussa.
Religion La communauté comprend des personnes de confession musulmane, chrétienne ou pratiquant des religions traditionnelles africaines.
Vie économique Les Burkinabè et les personnes d’origine burkinabè participent à plusieurs secteurs de l’économie ghanéenne. Ils sont présents dans l’agriculture, le commerce, l’artisanat, le transport, la restauration, la couture, la mécanique, les services, le travail domestique, l’enseignement et diverses activités du secteur informel.
Les migrants burkinabè peuvent également exercer comme entrepreneurs, opérateurs économiques, salariés du secteur privé, étudiants ou travailleurs d’organisations internationales. Leur situation professionnelle dépend notamment de leur titre de séjour, de leur nationalité, de leurs qualifications, de leurs réseaux sociaux et des règles ghanéennes relatives à l’emploi des étrangers.
Vie associative et participation citoyenne
Les Burkinabè vivant au Ghana sont organisés au sein d’associations, de regroupements communautaires, d’organisations de femmes et de jeunes, d’associations professionnelles et de réseaux religieux ou culturels. Ces structures participent notamment à l’accueil des nouveaux arrivants, à l’entraide, à la résolution de difficultés administratives, à la médiation sociale, à la promotion des cultures burkinabè et au maintien des liens avec le Burkina Faso.
La représentation diplomatique burkinabè au Ghana assure des services consulaires destinés aux ressortissants burkinabè. Le colonel-major David Kabré est nommé ambassadeur du Burkina Faso auprès de la République du Ghana en 2023
Personnalités notables
Liste des Ambassadeurs du Burkina Faso au Ghana
1961 - 1963 : John Boureima Kaboré, premier ambassadeur après les indépendances 1964 - 1966 : Aïsse Mensah 1969 - 1972 : Victor G. Kaboré 1972 - 1979 : Paul T. Rouamba 1979 - 1980 : Jean Baptiste Ilboudo 1981 - 1983 : Jean Paul Bamogho 1985 - 1988 : Maïmouna Ouattara 1988 - 1989 : Emile Gouba 1993 - 1994 : Jérôme Somé 1995 - 2002 : Oubikiri Marc Yao 2004 - 2013 : Sini Pierre Sanou 2013 - 2017 : Clémence Traoré/Somé 2017 - 2023 : Général Pingrenoma Zagré Depuis juin 2023 : Général David Kabré
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Diaspora burkinabè Burkinabè en Côte d’Ivoire Burkinabè au Canada
Bibliographie
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Liens externes
Ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur Gouvernement du Ghana Étude de l’Organisation internationale pour les migrations sur la diaspora burkinabè
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