La sécurité alimentaire au Niger dépend principalement de l'agriculture pluviale, de l'élevage et des cultures irriguées. Elle est fragilisée par la variabilité des précipitations, la dégradation des terres, la pauvreté, les déplacements de population, les conflits et les fluctuations des prix des denrées alimentaires.

En , les déficits agricoles et pastoraux ont touché plusieurs milliers de villages. Le déficit fourrager a été estimé à plus de 18 millions de tonnes de matière sèche, principalement en raison de la sécheresse, des inondations, de la baisse de fertilité des sols et de l'insécurité.

Sécheresses et risques climatiques Le Niger a connu au moins neuf sécheresses majeures et cinq grandes inondations au cours des deux dernières décennies. Ces événements affectent particulièrement les populations rurales et les systèmes agricoles dépendants des pluies.

Les sécheresses réduisent les rendements céréaliers, la disponibilité des pâturages et l'accès à l'eau. Les inondations peuvent détruire les champs, les routes, les points d'eau et les stocks alimentaires.

La dépendance à l'agriculture pluviale accroît la vulnérabilité des ménages ruraux. Les retards ou l'irrégularité des pluies peuvent compromettre les semis et réduire la durée de la saison agricole.

Pastoralisme vignette|L'élevage des chèvres rousses au Niger L'élevage constitue une activité essentielle pour les ménages pastoraux et agro-pastoraux. Il fournit des revenus, du lait, de la viande et des animaux destinés à la vente ou à la reproduction.

La sécheresse dégrade les pâturages et réduit les points d'eau disponibles. Les éleveurs doivent alors déplacer leurs troupeaux sur de plus longues distances, ce qui peut accroître les conflits d'usage avec les agriculteurs.

La baisse de la production de lait, de viande et d'animaux reproducteurs réduit les revenus des familles pastorales. Les éleveurs sont également exposés à la hausse du prix des aliments pour bétail, à l'insécurité et à la dégradation des couloirs de transhumance.

Le suivi de la transhumance, la réhabilitation des points d'eau, la vaccination du bétail et la constitution de stocks d'aliments pour animaux font partie des mesures utilisées pour réduire les effets des sécheresses.

Irrigation L'irrigation réduit la dépendance à la pluviométrie et permet de produire pendant la saison sèche. Elle est utilisée notamment pour le maraîchage, le riz, les céréales, les légumineuses et les cultures de décrue.

La petite irrigation peut être individuelle ou collective. Elle comprend notamment les puits maraîchers, le pompage dans les nappes, les motopompes et les petits périmètres gérés par des groupements villageois.

Dans le sud-ouest du Niger, des agriculteurs utilisent les eaux souterraines pour développer le maraîchage et produire pendant la saison sèche. Ces systèmes restent dépendants de l'accès au foncier, du coût du pompage, de la disponibilité des équipements et de la recharge des nappes.

Le Projet de petite irrigation et de sécurité alimentaire, lancé en , vise à améliorer la mobilisation de l'eau, la production agricole et fourragère, la restauration des sols et l'accès aux marchés dans plusieurs régions du Niger.

Les aménagements irrigués présentent toutefois des limites. Le pompage peut être coûteux, les équipements doivent être entretenus et les prélèvements excessifs peuvent réduire les réserves d'eau souterraine. La salinisation et la dégradation des sols constituent aussi des risques dans certains périmètres.

Mesures de résilience La résilience alimentaire repose sur la diversification des cultures et des revenus, la restauration des terres, l'agroforesterie, la collecte de l'eau, l'irrigation et l'amélioration du stockage des récoltes.

La régénération naturelle assistée, la gestion des eaux de ruissellement et la restauration des terres dégradées peuvent améliorer la fertilité des sols et la disponibilité du fourrage. Leur adoption dépend toutefois de l'accès au foncier, de la main-d'œuvre et de l'accompagnement technique.

Les systèmes d'alerte précoce suivent notamment les précipitations, les prix, les récoltes, l'état des pâturages et la santé du bétail. Ces informations servent à déclencher des distributions de semences, d'aliments pour animaux ou d'aide alimentaire avant l'aggravation d'une crise.

La sécurité alimentaire ne dépend pas seulement de la production agricole. L'accès aux marchés, la sécurité des déplacements, les prix, les infrastructures, les importations et les services de santé influencent également l'accès effectif des ménages à une alimentation suffisante.

Notes et références

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