Note: la page « Lancelot Martin » redirige ici, cet article couvrant la partie de la vie connue ainsi que le procès des deux hommes.
Pierre Tosant est un religieux augustin dont la date de naissance est inconnue. Il est reconnu coupable d'avoir mis en danger la vie du roi Charles VI en lui faisant ingurgiter des potions nocices et en effectuant de nombreuses incisions à la tête sous prétexte de le guérir de sa folie. Il est condamné à être dégradé, décapité et écartelé le en même temps que son compagnon, Lancelot Martin. Contexte En France, les seigneurs de la cour cherchent à guérir la maladie du roi Charles VI par tous les moyens possibles. Dans ce cadre, et dans l'espoir qu'ils pourraient guérir le roi de sa folie, Louis de Sancerre, maréchal de France, envoie en 1398 deux Augustins de Guyenne à Paris : Pierre Tosant — le plus âgé — et Lancelot MartinLe nom de famille des deux Augustins et les informations sur leur procès sont confirmés dans l’extrait des Comptes du Châtelet de 1398-1399, publié par Henri Sauval dans Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, tome 3 : , réputés hommes « de grand savoir en médecine et magie ». Ils se disent eux-mêmes professeurs de l'ordre des Frères ermites de Saint-Augustin. À leur arrivée à Paris, les deux religieux sont logés au château royal de Saint-Antoine. Ils sont placés sous la garde d'un sergent responsable de leur fournir, aux frais du roi, leur subsistance quotidienne ainsi que le matériel nécessaire à la préparation des remèdes.
Bénéficiant de moyens financiers importants et de la réalisation de toutes leurs demandes, ils se font fort de soigner Charles VI. Ils lui administrent notamment des potions à base de poudre de perle. Cependant, loin d’observer une amélioration de son état, le roi se sent plus mal que jamais et éprouve des souffrances insupportables. Sommés d'expliquer les causes de la folie du roi, les deux Augustins accusent deux hommes, Mellin, le barbier du roi, et le portier-concierge du duc d'Orléans, d'en être responsables par maléfice. Ces deux derniers sont arrêtés puis relâchés faute de preuves. Lorsque les deux Augustins . Arrestation et condamnation Soumis à la question (torture), ils sont forcés d'avouer la vérité et déclarent qu'ils sont . À cette époque, le jugement, la punition et la correction des religieux relèvent d’abord de la juridiction ecclésiastique. Ainsi, en leur qualité de prêtres, ils passent d’abord par la justice épiscopale, qui les condamne à être dégradésDégradation : destitution infamante d'une charge, d'une fonction, d'une dignité. CNRTL, https://www.cnrtl.fr/definition/d%C3%A9gradation. sur la place de Grève avant d'être livrés à la justice séculière, qui les condamne à être décapités. Exécution left|vignette|300 px|La place de Grève et l’hôtel de ville en 1583. Détail d’une gravure de Theodor Josef Hubert Hoffbauer. Le 31 octobre 1398, Pierre Tosant et Lancelot Martin sont extraits des prisons de l'évêque de Paris, et conduits sur la place de Grève où ils subissent leur dégradation canoniqueLa dégradation canonique consiste à ôter, de façon solennelle, tous les ornements d’un clerc avant de le livrer à un tribunal séculier. Voir dégradation canonique.. Une fois la cérémonie de la dégradation terminée, les deux coupables sont remis au sergent du prévôt de Paris. Aussitôt, on achève de les dépouiller jusqu’à la chemise et à une certaine jaquette. Après quoi, on les met dans une charrette pour être conduits aux Halles. Le sergent du prévôt de Paris promène les condamnés Tosant et Martin dans les rues, lors d’une parade d'infamie, en s'arrêtant à chaque carrefour pour y faire la lecture publique des crimes mentionnés dans l'acte d'accusation. Cette scène se renouvelle jusqu'à ce qu’ils soient arrivés au lieu de l'exécution. Arrivés aux Halles, après s’être confessés longuement, Pierre Tosant et Lancelot Martin sont décapités et leurs têtes, piquées sur deux demi-lances, sont exposées dans un endroit élevé. Leurs corps sont séparés en plusieurs quartiers : les bras et les jambes sont attachés aux principales portes de Paris, tandis que le tronc est porté au gibet de Montfaucon.
Selon l'historien Henri Sauval, s'appuyant sur le récit attribué à Jean Juvénal des Ursins, l'exécution des deux religieux suscite de vives réactions à l'époque : . Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Catégorie:Date de naissance non renseignée (XIVe siècle) Catégorie:Condamné à mort exécuté au XIVe siècle Catégorie:Condamné à mort exécuté en France Catégorie:Décès à Paris Catégorie:Décès en 1398 Catégorie:Religieux du XIVe siècle Catégorie:Religieux du Moyen Âge Catégorie:Décès dans le 1er arrondissement de Paris Catégorie:Décapitation Catégorie:Personne écartelée Catégorie:Mort violente Catégorie:Prêtre catholique du XIVe siècle