Les petits thermes du Sud sont un établissement de thermes romains situé dans la partie méridionale du site archéologique de Timgad, l'antique Thamugadi, en Algérie. Implantés au sud-est des grands thermes du Sud, dans le secteur H-23, ils appartiennent à la catégorie des petits thermes de quartier. Les constructions actuellement dégagées couvrent une superficie d'environ , tandis que les abords orientaux du monument restent imparfaitement connus.
L'établissement présente une organisation compacte centrée sur un de sur , accompagné d'une piscine froide et de plusieurs pièces annexes interprétées comme un vestiaire et des espaces de repos. Le secteur chauffé comprend trois salles directement accessibles depuis le , équipées de plusieurs bassins et alimentées par des foyers. L'ensemble adopte un plan orthogonal à itinéraire rétrograde, qui impose aux baigneurs de revenir sur leurs pas après le passage dans les salles chaudes.
La date de construction des petits thermes du Sud demeure inconnue. Leur histoire architecturale est néanmoins marquée par plusieurs remaniements, notamment la réfection de pavements en mosaïque au moyen de dalles et de cubes de terre cuite, interventions qui pourraient appartenir à une phase tardive de l'utilisation du monument. Les mosaïques conservées ou documentées se concentrent principalement dans les espaces non chauffés et comprennent des pavements noirs, des compositions géométriques et des décors polychromes.
Localisation de la cité vignette|alt=Plan du site archéologique de Timgad indiquant les principales rues et les principaux monuments de la cité antique.|Localisation des Petits Thermes du Sud dans le plan de Timgad (élément 31, en bleu).
La cité antique de Timgad est implantée au pied des versants septentrionaux du massif de l'Aurès, dans une zone de transition entre les reliefs montagneux et les plaines de l'intérieur de la Numidie. Elle s'étend sur un terrain largement dégagé, à proximité des voies reliant les régions de plaine aux passages conduisant vers le massif de l'Aurès, dont la position constitue à l'époque romaine un enjeu territorial et stratégique.
La fondation de Timgad s'inscrit notamment dans ce contexte militaire et territorial. Établie au pied de l'Aurès, la cité forme une position de seconde ligne permettant de contrôler les accès au massif et de surveiller les populations des régions montagneuses. Son noyau urbain primitif suit un plan régulier structuré par le et le , initialement compris à l'intérieur d'une enceinte.
Colonie de droit romain, Timgad bénéficie ainsi d'une situation géographique qui participe à son rôle stratégique et accompagne le développement progressif de son espace urbain.
Histoire Datation
La date de construction des petits thermes du Sud reste inconnue, Yvon Thébert soulignant l'absence d'éléments permettant d'établir une chronologie précise de l'établissement. Suzanne Germain propose néanmoins de rapprocher chronologiquement les bains des Petits Thermes du Centre et des thermes du Capitole, dont elle souligne également la similitude du plan, et considère les trois établissements comme probablement contemporains.
Remaniements et transformations
Les vestiges témoignent de plusieurs interventions postérieures à l'aménagement initial des petits thermes du Sud, particulièrement visibles dans les pavements des salles froides. Dans le second vestibule, le sol primitivement couvert d'une mosaïque est remplacé par de grandes dalles de terre cuite du même type que celles employées dans les hypocaustes. La grande salle, mesurant sur , connaît une transformation comparable : son pavement à motifs ornementaux disparaît sur la quasi-totalité de sa surface au profit de dalles de terre cuite. L'exèdre rectangulaire ouverte à l'est conserve également les traces d'une réparation de sa mosaïque noire au moyen de cubes de terre cuite.
Suzanne Germain considère ces interventions comme potentiellement très tardives. Yvon Thébert reprend cette observation et confirme l'utilisation de dalles semblables à celles des hypocaustes pour la réfection de plusieurs sols mosaïqués. Il retient également la possibilité d'une date très tardive pour ces restaurations, en rappelant, à la suite de Germain, que l'établissement se trouve dans la partie de Timgad la plus proche de la forteresse byzantine.
Situation et plan Implantation dans la ville antique
Les thermes occupent la partie méridionale de Timgad, au sud-est des Grands Thermes du Sud. Suzanne Germain les situe dans le secteur H-23 et les décrit comme un petit établissement thermal établi à proximité du complexe balnéaire principal.
L'environnement immédiat du monument demeure toutefois imparfaitement connu. Yvon Thébert souligne que ses abords restent mal documentés et que le dégagement archéologique pourrait être incomplet : le plan publié par Albert Ballu montre notamment quatre baies ouvrant, à l'est, sur un espace qui n'a pas été fouillé. Les constructions effectivement mises au jour couvrent une superficie d'environ , ce qui conduit Thébert à classer l'ensemble parmi les petits thermes de quartier de Timgad.
Le monument se trouve par ailleurs dans le secteur de la ville antique le plus proche de la forteresse byzantine, particularité topographique relevée par Germain puis reprise par Thébert.
Typologie et parcours thermal
Yvon Thébert classe les petits thermes du Sud parmi les thermes de quartier et relève l'absence apparente de palestre, tout en soulignant que la connaissance incomplète des abords du monument ne permet pas d'exclure définitivement l'existence d'un tel espace. Suzanne Germain rapproche pour sa part la conception générale de l'établissement de celle des Petits Thermes du Centre et des thermes du Capitole, caractérisés par un accès indirect depuis l'extérieur et par la distribution des différentes pièces autour d'un espace central.
Le circuit balnéaire adopte un plan orthogonal à itinéraire rétrograde : le passage du secteur froid aux salles chauffées s'accompagne d'un changement de direction, tandis que l'organisation du parcours impose aux baigneurs de revenir sur leurs pas. Germain relève également cette circulation rétrograde comme l'une des caractéristiques du plan de l'établissement.
Accès et organisation des espaces
L'accès aux petits thermes du Sud adopte un parcours indirect depuis l'extérieur. Suzanne Germain décrit une organisation centrée sur une grande salle rectangulaire, autour de laquelle s'ouvrent, sans portes, plusieurs pièces annexes ainsi que la piscine froide. Une ouverture assure ensuite la communication avec les salles chauffées.
Yvon Thébert classe l'établissement parmi les petits thermes de quartier et souligne l'absence apparente de palestre, tout en restant prudent en raison de la connaissance incomplète des abords du monument. Le secteur chauffé se limite à trois pièces directement accessibles depuis le . Leur disposition suit un plan orthogonal à itinéraire rétrograde, avec un changement de direction entre le et le secteur chauffé. Ce parcours oblige ainsi les baigneurs à revenir sur leurs pas pour quitter les salles chaudes, principe de circulation également relevé par Germain.
Architecture Espaces d'accueil, de repos et vestiaire vignette|upright|alt=Plan des petits thermes du Sud montrant la disposition des salles.|Plan archéologique du monument montrant l'organisation des salles thermales. Les espaces annexes se répartissent autour de la grande salle qui constitue le cœur de la partie froide de l'établissement. Suzanne Germain décrit plusieurs petites pièces ouvertes directement sur celle-ci, sans fermeture par des portes, et identifie notamment un et des exèdres. Deux de ces espaces se distinguent par leur forme : une exèdre semi-circulaire s'ouvre au nord-est de la grande salle, tandis qu'une seconde, de plan rectangulaire, occupe son côté oriental.
Yvon Thébert distingue trois locaux disposés à la périphérie du et retient, à la suite d'Albert Ballu, leur interprétation comme un vestiaire et des salons. Il envisage toutefois une fonction différente pour la pièce ouverte vers l'est, qui pourrait correspondre à des latrines, en raison de la présence d'un égout longeant son mur occidental.
Bains froids
Le secteur froid s'articule autour du , qui occupe une position centrale dans l'organisation des petits thermes et dessert directement les pièces chauffées. Suzanne Germain lui attribue des dimensions de sur , soit une superficie proche de , également retenue par Yvon Thébert. Son pavement à motifs ornementaux, déjà fortement dégradé lors de son dégagement, est remplacé sur la majeure partie de la surface par des dalles de terre cuite.
Le est équipé d'une seule piscine, qui constitue l'unique bassin froid identifié dans cette partie de l'établissement.
Bains chauds
Le secteur chaud des petits thermes du Sud se compose de trois pièces chauffées directement accessibles depuis le . Yvon Thébert les désigne, d'après le plan du monument, sous les numéros I-V, II-III et IV et précise leurs dimensions ainsi que leurs principaux aménagements.
La première salle, I-V, mesure sur . Thébert y restitue un foyer et deux passages de chaleur assurant la communication avec la salle suivante. La pièce II-III, de sur , possède un bassin directement chauffé par un foyer. La dernière salle, IV, mesure sur et comporte deux bassins, chacun associé à son propre foyer.
L'organisation compacte de ces trois salles s'inscrit dans le plan orthogonal à itinéraire rétrograde identifié par Thébert, le passage entre la salle froide et le secteur chauffé imposant un changement de direction dans le parcours des baigneurs. Suzanne Germain relève également ce principe de circulation, qui oblige les usagers à revenir sur leurs pas après avoir parcouru les salles chaudes.
Système de chauffage
Le chauffage du secteur chaud repose sur plusieurs foyers associés aux différentes salles et à leurs bassins. Dans la première pièce chauffée, I-V, Yvon Thébert restitue un foyer ainsi que deux passages permettant la circulation de la chaleur vers la salle II-III. Cette dernière possède son propre foyer, qui assure directement le chauffage de son bassin.
La salle IV dispose d'un système plus développé : ses deux bassins sont chacun desservis par un foyer distinct. Le bassin septentrional est en outre associé à une chaudière, tandis qu'aucune trace d'une installation comparable n'est conservée pour le bassin méridional.
Décor et découvertes archéologiques Mosaïques
Les pavements en mosaïque se concentrent principalement dans les espaces non chauffés des petits thermes du Sud. Suzanne Germain recense plusieurs décors, très endommagés lors de leur découverte et qui n'ont pas fait l'objet de relevés complets. Le vestibule d'entrée conserve un pavement noir, tandis que la grande salle, de sur , possède à l'origine une mosaïque à motifs ornementaux.
Les pièces annexes présentent des compositions plus simples. L'exèdre semi-circulaire ouverte au nord-est de la grande salle conserve des fragments d'un pavement grossier composé de carrés irréguliers, exécutés avec de gros cubes en trois couleurs. L'exèdre rectangulaire située à l'est possède pour sa part une mosaïque noire, réparée par endroits au moyen de cubes de terre cuite.
Plusieurs pavements connaissent des réfections postérieures : la mosaïque du second vestibule est remplacée par de grandes dalles de terre cuite et celle de la grande salle disparaît sur la quasi-totalité de sa surface au profit de dalles du même matériau. Yvon Thébert confirme que plusieurs sols mosaïqués ont ainsi été réparés à l'aide de dalles semblables à celles employées dans les hypocaustes, interventions susceptibles d'appartenir à une phase très tardive de l'histoire de l'établissement.
Alimentation en eau
Les vestiges documentés des petits thermes du Sud fournissent peu d'informations sur leur alimentation en eau.