La base aérienne d'al-Khadim, ou aéroport al-Kharouba, est une base aérienne militaire située en Libye, construite à partir de 2016 dans le cadre de la crise libyenne par les Émirats arabes unis. Contrôlée par la Force aérienne nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar, elle accueille la force aérienne des Émirats arabes unis ainsi que les forces armées russes et les forces armées turques.
Situation géographique La base aérienne d'Al-Khadim, aussi appelée aéroport militaire al-Kharouba, est située sur le territoire de la ville de , dans le district (chabiyah) de Al Marj, en Cyrénaïque (est de la Libye). Elle se trouve à environ de Benghazi. Sa superficie, en expansion, est de .
Une base de transit contrôlée par le Groupe Wagner puis les forces armées russes est située à au nord de l'aéroport militaire d'al-Khadim ( ).
Toutes deux se trouvent en territoire contrôlé par l'Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar (Gouvernement de stabilité nationale).
Histoire
Contexte et construction de la base par les Émirats arabes unis En 2014, lorsque la seconde guerre civile libyenne éclate, les Émirats arabes unis apportent leur soutien au gouvernement de Tobrouk et de ses forces armées, l'Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar. Des raids aériens sont menés aux abord de Tripoli par des Mirage 2000 de la Force aérienne des Émirats arabes unis. La présence militaire émiratie se renforce, avec le déploiement de troupes.
En 2016, Les ÉAU installent une base aérienne à proximité de dans la partie est de la Libye, sous le contrôle des troupes de Haftar. Un petit nombre d'appareils est d'abord stationné, dont des Air Tractor AT-802 modifiés IOMAX (avions d'attaque au sol), des Wing Loong (drone de combat chinois) et des UH-60 Black Hawk. Des hangars et autres infrastructures sont construits. Les personnels déployés sur place sont chargés selon un analyste libyen du pilotage de drones et de missions de conseil stratégique.
Utilisation par la Russie (depuis 2018) À partir de 2018, la Russie utilise également la base d'al-Khadim, avec plusieurs atterrissages et décollages d'appareil de l'Armée de l'air russe (Tupolev Tu-154), souvent en provenance de la base de Hmeimim en Syrie. Certains coupent leur transpondeurs avant d'atteindre la base. En 2025, la cellule Info-Vérif de Radio France internationale retrace le parcours d'un Antonov An-124 de la 224e brigade volante russe parti de Hmeimim, avant de se poser à Al-Khadim, puis de faire escale à Bamako et Ouagadougou avant de retourner en Russie.
Alors qu'en 2020 la Russie considère l'homme fort de Benghazi comme , à partir de 2022 Iounous-bek Evkourov se rend plusieurs fois en Libye et les relations se réchauffent. La relation entre la Russie et les forces de Khalifa Haftar est perturbée par la mort du chef de Wagner Evgueni Prigojine dans le crash de son avion, mais se renforce par la suite. Khalifa Haftar est invité à Moscou en septembre 2023.
Le projet All Eyes on Wagner prouve la fréquentation de la base par au moins un employé de Gazprom et un militaire du 102e régiment de fusiliers motorisés. Les infrastructures sont notamment utilisées comme point de transit vers la République centrafricaine, pour des soldats, ingénieurs et techniciens miniers. Le camp de transit situé au nord de la base pourrait accueillir jusqu'à simultanément. En 2025 et 2026, d'autres installations russes voient également le jour, parmi lesquelles trois nouveaux hangars, une caserne, des logements pour du personnel militaire, ainsi qu'une potentielle tour de télécommunications.
Utilisation par la Turquie (depuis 2025) En octobre 2025 démarre sur la base la construction de bunkers souterrains abritant des installations de commande de drones de combat. Ils sont conçus pour accueillir des Bayraktar TB2 turcs et sont du même modèle que les infrastructures construites sur des bases près de Tripoli, en zone contrôlée par le gouvernement d'unité nationale, pourtant rival. Malgré le soutien affiché de la Turquie au gouvernement de Tripoli, le pays s'implante également dans le camp opposé. En avril 2026, une analyse OSINT d'images satellites confirme la présence de drones turcs Bayraktar TB2 et chinois Feilong-1 à partir de 2025, en violation de l'embargo sur les ventes d'armes imposé par l'ONU en 2011. La Turquie fait ainsi évoluer sa position dans le conflit, passant d'un soutien au gouvernement d'union nationale de Tripoli à des relations avec les deux belligérants et une proximité accrue avec les forces de Khalifa Haftar. Celles-ci voient leur position militaire et stratégique renforcée dans la crise libyenne.
Références
Liens externes
Aéroport d'al-Khadim sur OurAirports Aéroport d'al-Khadim sur World Airport Codes (enquête vidéo sur les bases aériennes étrangères en Afrique).
Catégorie:Base aérienne en Libye Catégorie:Fondation en 2016