La famille Garat de Nedde est une famille française de la noblesse du Limousin et de la Marche, établie anciennement à Limoges puis, pour sa branche de Nedde, à Nedde, dans l'actuel département de la Haute-Vienne.

Deux lignées principales sont connues : celles de Saint-Priest-Taurion et de Nedde. Leur point de jonction ancien n'est pas établi avec certitude. Elles accèdent séparément à la noblesse au début du par l'exercice de charges royales anoblissantes.

La branche de Nedde acquiert en 1746 les terres de Nedde et de La Villeneuve-au-Comte. Elle demeure ensuite étroitement liée au château de Nedde, conservé par les Garat jusqu'en 1954.

Histoire

Origines et branches

Les Garat sont anciennement implantés à Limoges, où plusieurs membres acquièrent une importante fortune dans le commerce avant d'occuper des offices royaux. Leur origine antérieure reste incertaine. Une tradition ancienne les fait venir du Midi de la France, parfois plus précisément des environs de Bayonne.

Le point de jonction ancien entre les lignées de Nedde et de Saint-Priest-Taurion n'est pas établi avec certitude. Elles sont donc traitées séparément.

Cette famille ne doit pas être confondue avec les différentes familles Garat du Pays basque, auxquelles appartiennent notamment Joseph-Dominique Garat et plusieurs autres personnalités portant le même nom.

Branche de Saint-Priest-Taurion

La lignée de Saint-Priest-Taurion est représentée à la fin du par des négociants puis par des officiers royaux établis à Limoges.

Jean Garat, seigneur du Pré de Saint-Yrieix, baptisé le , épouse Barbe Froment. Il est pourvu par lettres données à Versailles le de la charge anoblissante de président trésorier de France au bureau des finances de Limoges. Il obtient des lettres d'honneur à Marly le .

Parmi ses fils, Raymond Garat entre dans l'ordre de Grandmont et en devient abbé général de 1744 à 1748.

Son frère François-Joseph Garat, baptisé le , devient avocat puis succède à son père comme trésorier de France. Il épouse le Marie-Anne Benoist de Lostende et acquiert la seigneurie de Saint-Priest-Taurion. Il possède également les terres du Pré de Saint-Yrieix, du Mazeau, de Moncocu et d'Ambazac.

Le , François-Joseph Garat acquiert de la famille Romanet le château du Mazeau ainsi que les fiefs du Monteil et du Manin. Le domaine reste dans sa famille jusqu'à la fin du , puis passe aux Bardoulat de La Salvanie par le mariage, célébré en 1799 à Ambazac, de Marie-Angélique Garat de Saint-Priest avec Jacques-François Bardoulat de La Salvanie.

Pierre-Joseph Garat, fils de François-Joseph, naît le . Chevalier et seigneur de Saint-Priest, il présente en 1750 des preuves de noblesse pour être admis parmi les chevau-légers de la garde du roi. Il épouse en 1769 Marie-Angélique Morel de Fromental de La Clavière.

Au début du , cette lignée est éteinte, tandis que la branche de Nedde reste représentée.

Branche de Nedde et accès à la noblesse

La branche de Nedde est suivie à partir d'un Raymond Garat, notable de Limoges. Son fils Raymond-Nicolas Garat, secrétaire de la Reine, épouse Isabeau Juge de Saint-Martin. La génération suivante est représentée par Raymond Garat, époux de Marguerite Ardant de La Grenerie.

Raymond Garat obtient en 1737 l'office anoblissant de secrétaire du roi dans la chancellerie près le parlement de Provence. Il meurt en charge en 1746.

Cette accession à la noblesse est distincte de celle de la lignée de Saint-Priest-Taurion, anoblie par la charge de trésorier de France exercée par Jean Garat depuis 1704.

Raymond Garat laisse plusieurs fils. François dirige le séminaire d'Avignon après des études de théologie à la Sorbonne, Joseph devient chanoine et docteur en théologie, Alexis exerce comme théologal à Limoges et Bernardin est curé dans la région parisienne.

Acquisition de Nedde

Le fils aîné, Raymond Garat, également appelé Laurent-Raymond, seigneur du Puy-du-Tour, poursuit la branche. En juin 1746, il acquiert de Charles de Montalembert les terres de Nedde et de La Villeneuve-au-Comte. La date de l'acte est publiée sous deux formes, les 25 et .

Les terres avaient auparavant appartenu aux Pierrebuffière, puis à la famille de Montalembert. Elles avaient été détachées en 1557 de la baronnie de Peyrat-le-Château. Des lettres de novembre 1655 avaient érigé l'ensemble seigneurial en marquisat.

Après l'acquisition, Raymond Garat porte les qualifications attachées aux terres de Nedde et de La Villeneuve. Des lettres patentes du lui reconnaissent le droit d'user de ces qualifications. Il est ensuite désigné comme marquis de Nedde, tandis que le titre de baron de La Villeneuve apparaît également dans la branche.

Il épouse Marie-Anne Faulte du Puy-du-Tour et meurt au château de Nedde en 1775, à l'âge d'environ soixante-treize ans.

L'implantation familiale est également visible dans le patrimoine religieux local. En 1766, son fils Raymond Garat est le parrain d'une cloche de l'église Saint-Martin, dont Jeanne-Martiale-Galiote de Turenne est la marraine. Des litres funéraires portant les armes des Garat de Nedde sont encore signalées dans l'église par l'Inventaire général du patrimoine culturel.

Alliance avec les Turenne d'Aubepeyre

Raymond Garat de La Villeneuve, fils de l'acquéreur de Nedde, sert comme capitaine au régiment de Cambrésis et est chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis.

En 1761, il épouse Jeanne-Martiale-Galiote de Turenne d'Aynac d'Aubepeyre. Cette union fait entrer les possessions d'Aubepeyre dans le patrimoine de la branche de Nedde.

Les domaines d'Aubepeyre comprennent alors des terres, moulins, prés et droits seigneuriaux administrés avec les autres possessions familiales.

Raymond Garat et Jeanne-Martiale-Galiote de Turenne ont plusieurs enfants. Plusieurs de leurs fils suivent une carrière militaire et émigrent pendant la Révolution française.

Révolution française

En 1789, plusieurs membres des deux lignées participent aux assemblées de la noblesse. Pierre Garat, chevalier et seigneur de Saint-Priest, Moncocu et Ambazac, ainsi que Raymond de Garat, baron de La Villeneuve, prennent part à l'assemblée tenue à Guéret. Pierre Garat participe également à celle de Limoges et Raymond Garat à celle de Montmorillon.

Pendant la Révolution, Raymond Garat de Nedde exerce des fonctions dans l'administration de la Haute-Vienne. Après la journée du 20 juin 1792, au cours de laquelle des manifestants pénètrent dans le palais des Tuileries, il fait partie des administrateurs départementaux qui signent une adresse de soutien à Louis XVI. Cette prise de position provoque l'opposition de la Société des Amis de la liberté de Limoges, qui demande la destitution des signataires.

L'émigration de plusieurs membres de la branche entraîne la vente d'une partie des possessions d'Aubepeyre comme biens nationaux. Le château de Nedde est également détérioré pendant la période révolutionnaire.

La branche est ensuite continuée par Bernardin-Cyrille Garat, marquis de Nedde, époux de Sophie du Authier.

Au , la branche reste liée à Nedde et à plusieurs propriétés du Limousin et de la Marche. Les membres de la famille sont fréquemment désignés sous la forme abrégée « de Nedde ».

Jean-Baptiste-Victorin Garat, dit Victor Garat, né en 1807, porte le titre de marquis de Nedde. Il meurt au château de Nedde le sans postérité. Il avait adopté et institué pour héritier son petit-neveu Alexandre-Raymond Garat.

Raymond-Joseph-Henri Garat, frère de Victor, naît en 1809. Il porte le titre de comte de Nedde, épouse Alexandrine de La Porte de La Morie et meurt le au château de La Dauge, dans la Creuse.

Son fils Alexandre-Raymond Garat naît à Felletin le . Adopté par son grand-oncle Victor, il porte après la mort de celui-ci le titre de marquis de Nedde. Il épouse à Nice le Marie-Raymonde-Henriette-Pauline-Edmée de Veillechèze de La Mardière et meurt le au château de La Dauge.

À la mort d'Alexandre-Raymond en 1908, son fils François-Antoine-Joseph-Raymond-Robert Garat, né au château de Nedde en 1877, porte à son tour le titre de marquis de Nedde. Il avait épousé en 1903 Jeanne-Louise-Esther-Marie Lenormand.

Au début du , la branche de Nedde demeure la seule des deux principales lignées encore représentée.

Le château de Nedde reste dans la famille jusqu'à sa vente en 1954. Il est ensuite laissé à l'abandon et se dégrade fortement avant d'être restauré à partir de la fin des années 1980.

L'abandon du château fait l'objet en 1976 d'un ouvrage de Roland du Chalard intitulé Nedde ou l'agonie d'un château.

Noblesse et titres

Les deux principales lignées accèdent séparément à la noblesse par des offices royaux anoblissants.

Dans la lignée de Saint-Priest-Taurion, Jean Garat est pourvu le de la charge de président trésorier de France au bureau des finances de Limoges. Il obtient des lettres d'honneur le .

Dans la branche de Nedde, Raymond Garat obtient en 1737 l'office de secrétaire du roi dans la chancellerie près le parlement de Provence et meurt en charge en 1746.

L'acquisition de Nedde et de La Villeneuve-au-Comte intervient après cet accès à la noblesse. Les qualifications de marquis de Nedde et de baron de La Villeneuve sont ensuite portées par la branche en relation avec les terres acquises et les lettres patentes délivrées en 1746.

Preuves de noblesse

Pierre-Joseph Garat de Saint-Priest présente en 1750 des preuves de noblesse pour être admis parmi les chevau-légers de la garde du roi.

Les deux lignées figurent également dans le volume 89 de la collection Chérin, sous les entrées relatives à Saint-Priest et à « Garat de Villeneuve et de Nedde ».

La collection Chérin, conservée au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, rassemble des généalogies et dossiers constitués au lors de vérifications de preuves de noblesse, notamment pour l'accès à certaines charges, institutions ou honneurs.

Armes Les armes des Garat de Nedde se blasonnent ainsi : D'azur aux lacs d'amour d'or accompagnés de trois étoiles du même ; au chef d'or chargé d'un croissant d'azur.

Une variante donne le chef d'argent au lieu d'or.

Le Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne donne : D'azur à l'entrelacs d'or, accompagné de trois étoiles de même posées deux en chef et une en pointe, celle-ci surmontée d'un croissant renversé d'argent.

Propriétés

Château et terres de Nedde

Le château de Nedde constitue la principale demeure historique de la branche de Nedde. L'édifice actuel est construit à la fin du ou au début du à l'emplacement d'une forteresse médiévale. Le domaine passe des Pierrebuffière aux Montalembert, puis aux Garat en 1746.

Le château, sa terrasse et ses abords sont inscrits parmi les sites protégés le . Les vestiges du château sont classés au titre des monuments historiques le .

La famille conserve le domaine jusqu'à sa vente en 1954.

La Villeneuve-au-Comte

La Villeneuve-au-Comte est acquise avec Nedde en juin 1746. Elle fait partie de l'ensemble de terres dont les qualifications seigneuriales sont ensuite portées par Raymond Garat et ses descendants.

Aubepeyre

Les possessions d'Aubepeyre entrent dans le patrimoine de la branche par le mariage de Raymond Garat de La Villeneuve avec Jeanne-Martiale-Galiote de Turenne d'Aynac d'Aubepeyre en 1761.

Une partie de ces biens est vendue comme bien national pendant la Révolution après l'émigration de plusieurs membres de la famille.

Le Mazeau

Le domaine du Mazeau, à Saint-Priest-Taurion, appartient à la lignée de Saint-Priest. François-Joseph Garat l'acquiert le , avec les fiefs du Monteil et du Manin.

La chapelle du château est bénie en 1771. Le domaine passe en 1799 aux Bardoulat de La Salvanie par le mariage de Marie-Angélique Garat de Saint-Priest. Le château est détruit par un incendie en 1871 puis reconstruit.

Filiation simplifiée