L'Avenir ensemble (AE) est un parti politique de Nouvelle-Calédonie, classé au centre-droit de l'échiquier politique, formé officiellement lors de son congrès fondateur, le à Nouméa. Le , le président du Congrès, Harold Martin, est élu à la tête de ce nouveau parti et les statuts définitifs sont adoptés le , lors des deux premiers Congrès à Nouville (Nouméa). Le , lors du Congrès du parti, Harold Martin, seul candidat à sa succession, est réélu président du mouvement par voix sur votants, soit 94,7 % des votants et 60,9 % des adhérents. Le Congrès du parti, le , a permis l'élection, dans un contexte de division, de Didier Leroux à la présidence du mouvement, avec voix soit la quasi-totalité des votants, étant le seul candidat officiel. Il démissionne le après l'échec du parti aux élections provinciales du précédent, Harold Martin reprenant la tête du mouvement.

À la suite d'un rapprochement avec le Rassemblement-UMP dès 2009, et la participation à une liste commune avec ce dernier baptisée « Front pour l'unité » (FPU) aux élections provinciales de 2014, le parti tombe en sommeil à partir de 2014. Plusieurs de ses figures sont alors mises à l'écart par Harold Martin (Pascal Vittori qui forme son propre parti, « Tous Calédoniens », avec des élus municipaux de « Brousse », Isabelle Ohlen...), et d'autres rejoignent directement le Rassemblement (Grégoire Bernut, Jean-Yves Maléjac...). Le , Harold Martin, au titre de ce qui reste de l'Avenir ensemble, ainsi que plusieurs autres anciennes personnalités du mouvement (Didier Leroux, Pascal Vittori, Grégoire Bernut, Lionnel Brinon) signent la charte des valeurs communes visant à créer « Les Républicains de Nouvelle-Calédonie », coordination politique non-indépendantiste autour du Rassemblement et liée au nouveau grand parti de la droite métropolitaine, Les Républicains. En , il s'oppose à l'alliance contractée entre le Rassemblement et Calédonie ensemble pour participer à la création d'une nouvelle coalition appelée Les Républicains calédoniens. Celle-ci se transforme officiellement en parti politique le , et L'Avenir ensemble se dissout pour se fondre dans cette nouvelle formation.

Tendances du parti Composition lors de sa création Dissidents récents du RPCR Marie-Noëlle Thémereau : ancienne vice-présidente RPCR du Congrès. Elle a démissionné de ses mandats en 2001 pour critiquer la mainmise du RPCR et la prépondérance politique de la Province sud au détriment des autres échelons institutionnels sur le Territoire. Devenue en 2004 la de la liste Avenir ensemble et présidente du gouvernement de 2004 à sa démission en 2007. Incarne la tendance progressiste non-indépendantiste, a soutenu Lionel Jospin lors de l’élection présidentielle de 2002 mais a appelé à voter pour Nicolas Sarkozy lors de celle de 2007. Harold Martin : maire de Païta depuis 1995, a été exclu du RPCR dont il était l'un des poids lourds en 2003 parce qu'il avait maintenu sa propre liste aux municipales de 2001 contre le candidat officiel du parti. Devenu de 2004 à 2007 puis depuis 2009, le président du Congrès, il a été élu la même année président de l'Avenir ensemble, jusqu'en 2008. Il est de 2007 à 2009 président du gouvernement. Reste affilié à l'UMP et soutient notamment Nicolas Sarkozy. Philippe Gomès : maire de La Foa, a pris progressivement ses distances avec le RPCR et Jacques Lafleur par amitié pour Harold Martin, il rejoignit officiellement la liste Avenir ensemble fin et fut donc exclu du RPCR deux semaines avant les élections. Il est de 2004 à 2009 président de la Province sud. Il incarne avec Harold Martin l'électorat rural anti-indépendantiste. Réginald Bernut: ancien maire du Mont-Dore de 2001 à 2003, il a soutenu Harold Martin lorsque celui-ci a été exclu du RPCR en 2003, cette prise de position lui a valu à lui aussi une exclusion ainsi que son poste de maire. Il a été, de 2004 à 2007, du Congrès. Éric Babin : fut élu à la Province Nord et au Congrès de 1995 à 1999 sous l'étiquette RPCR, il fut en 2004 le seul élu Avenir ensemble de Province Nord et fut membre des gouvernements Thémereau puis Martin chargé de l'Agriculture. Philippe Michel : a été lui aussi exclu du RPCR lorsqu'il a apporté son soutien à Harold Martin. Il est depuis 2004 de la Province sud et est un proche de Philippe Gomès.

L'Alliance Issue de la fusion de plusieurs partis opposés à Jacques Lafleur, dont surtout de la première dissidence d'importance au RPCR, formée à la veille des élections de 1995 et baptisée « Une Nouvelle-Calédonie pour tous » (UNCT), l'Alliance est créée en 1998. Contrairement à ce qui est généralement cru, il ne s'agit pas de l'antenne locale de l'UDF : en effet, si son leader Didier Leroux est le représentant officiel de François Bayrou et du parti centriste (et donc maintenant du MoDem) sur le Territoire, beaucoup des membres de ce mouvement sont membres de l'Union pour un mouvement populaire (notamment Sonia Lagarde, la de cette formation). Didier Leroux : président fondateur de l'UNCT puis de l'Alliance, représentant officiel de François Bayrou qu'il soutient lors de toutes les élections, il est depuis longtemps l'opposant anti-indépendantiste principal de Jacques Lafleur. Il a défendu le « non » au référendum sur l'accord de Nouméa en 1998 et a réussi à mettre pour la première fois Jacques Lafleur en ballottage lors des élections législatives de 2002. Il est de 2004 à 2007 membre du gouvernement Thémereau chargé des Affaires économiques et de la Fiscalité, puis candidat aux législatives de 2007 dans la face à Philippe Gomès au sein de son propre parti, il ne passe pas le premier tour cette fois-ci. Il est de 2007 à 2009 président du groupe Avenir ensemble au Congrès. Sonia Lagarde : vice-présidente de l'UNCT puis de l'Alliance, elle est néanmoins profondément chiraquienne et n'est pas adhérente de l'UDF mais de l'UMP. Elle a mené en 2001 la liste « Nouméa, c'est capital(e) » formée pour contrer la liste RPCR de Jean Lèques en réunissant des membres de l'Alliance et du Mouvement pour la France (MPF) local de Claude Sarran. Elle est depuis 2004 vice-présidente de l'Assemblée de la Province sud. Jean-Pierre Aïfa : ancien membre de l'Union calédonienne (UC) des origines, avant son orientation vers l'indépendance, il n'a jamais été membre du RPCR et a pendant longtemps fait figure d'autonomiste indépendant mais non-indépendantiste. À la tête de la Fédération pour une nouvelle société calédonienne (FNSC) jusqu'en 1999 (mais qui n'est plus vraiment active en dehors de sa commune après 1989), il est maire de Bourail de 1977 à 2001 puis depuis 2008 et fut président de l'Assemblée Territoriale, l'ancêtre du Congrès, à plusieurs reprises. Bernard Marant : maire de Dumbéa de 1983 à 2008, lui aussi a été un dissident précoce du RPCR (dès 1989, pour s'opposer aux accords de Matignon, il a toutefois soutenu ensuite l'accord de Nouméa), il a dirigé de 1989 à 1999 le petit parti divers droite Calédonie Demain. Robert Frouin : maire de Koumac, la seule commune non indépendantiste de la Province Nord, de 1988 à 2008, il avait quitté le RPCR en 1995 pour fonder le mouvement Développer ensemble pour construire l'avenir (DECA) qui a présenté des listes dans le Nord aux élections provinciales de 1995 et de 1999. Sylvie Robineau : ancienne de la liste « Nouméa, c'est Capital(e) » des municipales de 2001, elle est présidente du groupe Avenir ensemble au Congrès de 2004 à 2007 puis membre du Gouvernement Martin de 2007 à 2009. Pascal Vittori : fidèle de Didier Leroux dont il fut le suppléant pour les législatives de 2007, il est comme lui membre de l'UDF mais rejoint après 2007 le Nouveau Centre de Hervé Morin plutôt que le MoDem de François Bayrou. Il est de 2007 à 2009 membre du gouvernement Martin.

Tous d'ici

« Tous d'ici » est un petit parti « accordiste » (plutôt que de se positionner clairement pour ou contre l'indépendance, prône une pleine réussite de l'accord de Nouméa, et donc de la construction d'un destin commun et d'une citoyenneté néo-calédonienne) créé pour les élections municipales de 2001 à Nouméa. Il avait alors monté une liste commune avec la Fédération des comités de coordination indépendantistes (FCCI) et obtenu une seule élue, la présidente de Tous d'ici Isabelle Ohlen. Isabelle Ohlen, membre de « Génération calédonienne » puis de l'UNCT en 1995, de « Renouveau » en 1998 et finalement présidente fondatrice de « Citoyens pour construire » en 1999 et de « Tous d'ici » en 2001. Conseillère municipale de Nouméa de 2001 à 2008, elle est la du Congrès de 2004 à 2007.

Des représentants syndicaux Alain Song : président de 1996 à 2004 de l'Union territoriale de la Confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres UTCFE-CGC, représentant des syndicats de la fonction publique, il est de 2004 à 2007 membre du gouvernement Thémereau chargé de la Formation professionnelle, de l'Emploi et de la Fonction publique. Il a pendant longtemps été membre du RPCR. Alain Descombels : représentant syndical des petits patrons, ancien président de la Fédération des petites et moyennes entreprises (FPME). Ancien proche du RPCR, il s'en était éloigné lorsqu'il voulut, contre le candidat officiel du parti, briguer la présidence de la chambre de commerce et d'industrie. Il avait ensuite pris la tête en 2002 des opposants à la réforme de la CAFAT, la Sécurité sociale locale, qui portait sur la création du très impopulaire Régime unifié d'Assurance maladie et maternité (RUAMM). À l'approche des élections provinciales de 2004, il a créé son propre parti, l'éphémère Union pour une majorité démocratique en Calédonie (UMDC), avant de rejoindre l'Avenir ensemble. Il est de 2004 à 2009 président de Promosud, l'entreprise chargée de gérer les affaires économiques de la Province sud et est également vice-président du groupe Avenir ensemble au Congrès.

Une indépendantiste Christiane Gambey : indépendantiste issue du parti Libération kanak socialiste du grand chef de Maré Nidoïsh Naisseline, elle est pour l'ouverture néanmoins du monde kanak à la modernité. Elle est de 2004 à 2009 de l'Assemblée de la Province sud. Seule indépendantiste de l'Avenir ensemble, elle est de ce fait la seule à ne pas suivre le reste de son groupe et à choisir ainsi de ne pas respecter l'accord-cadre passé avec le Rassemblement-UMP en 2007. Elle vote ainsi blanc alors à la fois pour l'élection du président du Congrès pour ne pas apporter son soutien à Pierre Frogier, le leader du Rassemblement-UMP qui est élu avec les voix des deux grands partis anti-indépendantistes, et lors de la désignation du Sixième Gouvernement de Nouvelle-Calédonie le pour ne pas avoir à voter pour la liste commune RPCR-Avenir ensemble.

Issus de la société civile jusque-là apolitique Raymond Koteureu : Mélanésien anti-indépendantiste, il est surtout issu du milieu confessionnel, ayant été très actif au sein de l'enseignement chrétien calédonien. Monique Millet : institutrice jusque-là totalement retirée du monde politique. Anne-Marie Siakinuu : enseignante d'origine wallisienne, benjamine des élus Avenir ensemble, elle se bat pour une meilleure insertion des communautés wallisiennes dans la modernité et au sein du Destin commun. Elle est depuis 2004 présidente de la Commission permanente du Congrès.

L'opposition Martin-Leroux/Gomès