vignette|Blasons de Jehan de Clere, père et fils. D'argent à la fasce paillée, brisé pour le fils d'un lion passant de gueules dans la dextre du chef. Détail du folio 65v du Grand Armorial équestre de la Toison d'or. Par l’armorial au paillé, on désigne l'ensemble des armoiries comportant ce meuble héraldique rare, caractéristique de la Normandie. En héraldique, le paillé se compose d’anneaux d’or reliés entre eux par des arabesques, chaque anneau renfermant alternativement une aiglette ou un lionceau, eux aussi d’orMichel Pastoureau dans Traité d'héraldique, Grands manuels Picard, éd. 2003, p.106-108.. À l'origine, ce motif serait une représentation stylisée d’une étoffe orientale précieuse. Son sens originel s'étant progressivement perdu, le paillé a parfois été assimilé à un simple élément décoratif, à l'instar du diapré. Cet armorial réunit les armoiries dans lesquelles apparaît ce motif particulier.
Origine Le mot paillé provient du latin au sens de tenture, tapisserieLe glossaire de du Cange, le décrit par le terme , rideau, tenture.. Il désigne au Moyen-Âge une étoffe précieuse de couleur verte, parfois bleue, brochée de motifs entourés d'anneauxArmorial de France : composé à la fin du XVIII siècle ou au commencement du XIV par Jules Chifflet, 1920, p. 37., provenant d'orientRecherches sur le commerce, la fabrication et l'usage des étoffes de soie, d'or et d'argent de Francisque Michel, 1852, tome I, p. 275. (Lire en ligne)Une image de ce type d'étoffe illustre l'article Le tissu néogothique en Anjou, de Anna Leicher, paru dans le numéro 20 de Sociétés & Représentations en 2005. L'étoffe du chasuble MT 23475 du Musée des Tissus et des Arts décoratifs illustre aussi ce type d'étoffe. Fabriqué dans le deuxième quart du pour Allah Eddin Keikobad, sultan Seldjoukides d'Anatolie, sa fiche d'inventaire le rapproche par son bâti (samit) et ses motifs de la tradition des textiles de l'orient byzantin.
Les armoiries ont émergé entre la première et la deuxième croisade.
Le motif de cette étoffe précieuse et exotique a été adopté dans leurs armes par des familles normandes de retour des croisades. Ainsi, deux représentants de la famille Houdetot étaient à la première croisade (La Noblesse de France aux Croisades par P. Roger, 1845).
Évolution dans le blasonnement On peut distinguer deux périodes dans la façon de blasonner le paillé.
Dans la première, le mot paillé se suffit à lui-même et n'a pas besoin d'être explicité. On trouve ainsi : De vair avec la fasce paillée : Philippe Marmion dans le Glover's Roll of the Reign of King Henry III, D'argent à une fasce paillée : le sire de Clères (Héraut NavarreVoir http://www.armorial.dk/french/NAV_blazons.pdf ou https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9063216f/f9.item) Fascé d'hermines et de paillé de six pièces : le sire de la Roche-Tesson (Héraut Navarrehttp://www.armorial.dk/french/NAV_blazons.pdf ou https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9063216f/f9.item)
Dans un second temps, l'idée de paillé semble oubliée ou tombée en désuétude. Deux cas sont possibles, dans le premier la figure du paillé est restée, dans le second elle a évolué. Dans le cas où la figure est restée, le blasonnement a évolué ; le mot paillé ne se suffit plus à lui-même, la figure est donc décrite, expliquée. Par exemple, de Clères, qui était précédemment D'argent à la fasce paillée, devient dans l'Armorial Général de France en 1696 D'argent à une fasce d'azur diaprée d'un aigle et de deux lions d'or encerclés dans des cercles de même. La ville de Clères en Normandie mentionne aujourd'hui une bande d'azur diaprée d'or. Ensuite, la figure du paillé peut elle-même avoir évolué. Pour garder l'exemple de Clères, on retrouve chez La Chesnaye-Dubois, Robson et Rietstap, une fasce d'azur avec les lions et l'aigle d'or sans les cercles. De même les armes la famille Marmion où la fasce paillée devient frettée, puis une fasce simple sans motif. Dans ces deux cas la signification du paillé semble avoir été oubliée et son motif est donc remplacé par un autre plus canonique.
Familles et personnes FigureBlasonnement et commentaires Charles de Brisard Tiville Fascé d'azur et d'argent ; chaque fasce d'azur chargée d'une aigle d'or entre deux lions affrontés du même, renfermés chacun dans des cercles d'argent enchaînés du même ; et les fasces d'argent chargées de neuf hermines de sable, 4, 3, 2. Référence de 1862Armorial du Parlement de Paris - par M. Bonneserre de Saint-Denis (1862).
Le Nobiliaire de Picardie, en 1693, de Jean Haudicquer de Blancourt mentionne p. 74 les armoiries familiales : Fascé d'azur & d'argent de six pièces, l'azur diapré d'un Aigle & de deux Lions affrontés d'or, & l'argent chargé de neuf mouchetures d'hermines de sable 4.2.3.
Référence dans l'armorial d'Hozier : Marie Brisard, veuve de François Desmarets. Jehan de Caleville, Seigneur de Douville Écartelé aux 1 et 4 d'argent à trois molettes de gueules ; aux 2 et 3 d'argent à une fasce d'azur paillée d'or.Extrait du folio 68 verso du Recueil d'armoiries coloriées disposées selon un ordre méthodique, et généalogies diverses, BnF Gallica.
Individu n° 164 dans La cour amoureuse dite de Charles VI, Tome I, Étude et édition critique des sources manuscrites, armoiries et notices biographiques par Carla Bozzolo et Hélène Loyau, Éd. Le Léopard d'Or, Paris, 1982, . Georges de Caleville Écartelé aux 1 et 4 d'argent à trois molettes de gueules, brisé d'une bordure de gueules ; aux 2 et 3 d'argent à une fasce d'azur paillée d'or.Blason reproduit d'après la representation folio 65 recto du Recueil d'armoiries coloriées disposées selon un ordre méthodique, et généalogies diverses, BnF Gallica.
Frère du précédent, n° 165 dans La cour amoureuse dite de Charles VI, Tome I, Étude et édition critique des sources manuscrites, armoiries et notices biographiques par Carla Bozzolo et Hélène Loyau, Éd. Le Léopard d'Or, Paris, 1982, . Famille de Clères en Normandie D'argent à la fasce d'azur paillée d'or. Deux références dans le grand armorial équestre de la Toison d'Or, XVIe siècle, folio 65, et dans l'armorial Le BretonBlason reproduit d'après la représentation folio 65 verso de l'Armorial de l'Europe et de la Toison d'Or, BnF Gallica et Folio 13 de l'Armorial Le Breton.
Dans l’Armorial général de France (édit de novembre 1696) Généralité d'Alençon. par Gustave Prévost, Élection de Conches, suivant l'ordre du registre premier : 32. — Louis, chevalier, seigneur et marquis de Clerc [Clères] : D'argent à une fasce d'azur diaprée d'une aigle et de deux lions d'or enfermés dans des cercles de même..
Dans The British Herald, par Thomas Robson, 1830, Tome 1, p.406, le blason de la famille de Clere d'Ormsby dans le Norfolk est argent on a fess azur, three eagles displayed or. Ce même blason est représenté sur le portail du Birr Castle en Irlandevoir notamment le rapport de visite sur le blog Irish Heraldry.
Dans son dictionnaire de la Noblesse, tome 5, la Chesnaye-Desbois ne rapporte pas non plus plus les anneaux : D'argent, à une fasce d'azur, chargée de deux lions et d'une aigle à deux têtes, le tout d'or.
Voir aussi Jean-baptiste Rietstap, Armorial général, Tome 1, éd. 1884, p.433. Clére — Nom. D'am. à la fasce d'azur,chargée d'une aigle d'or entre deux lions du même. Famille de Houdetot D'argent à une bande d'azur paillée de trois médaillons d'or, celui du milieu figuré d'un lion, les deux autres d'une aigle.D'après le Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France, l'explication de leur armes, & l'état des grandes terres du royaume par François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, 1774, Tome VIII, page 131. Voir aussi Jean-baptiste Rietstap, Armorial général, Tome 1, éd. 1884, p.994.
Trois références dans l'armorial d'Hozier : N. de Houdetot, écuyer, seigneur du Hestray, Geneviève de Houdetot, veuve de Claude Mallier, chevalier seigneur de Houssay et Charles de Houdetot, lieutenant du Roi d'Infanterie. Frédéric-Christophe d'Houdetot, baron de Houdetot et de l'Empireinstitution de majorat attaché au titre de baron de Houdetot au profit de Frédéric, Christophe d'Houdetot, accordée par lettres patentes du , signées à Schoenbrunn. D'argent à une bande d'azur paillée de trois médaillons d'or, celui du milieu figuré d'un lion, les deux autres d'une aigle ; au canton des barons conseillers d'État brochant.. De vair à la fasce paillée.Glover's Roll of the Reign of King Henry III (Marmion). See also "Textiles and texture in heraldry", Abridged from “Heraldry in practice” by T. R. Davies, Coat of Arms No.110, Summer 1979..
Dans l'armorial Glover's Roll of the Reign of King Henry III, au milieu du XIII siècle, les armes de Philippe Marmion sont blasonnées De vair à la fasce paillée. Dans les armoriaux ultérieurs, le paillé est interprété comme fretté ou complètement absent. Ainsi dans The British Herald, Tome II, en 1830 par Thomas Robson, on trouve p.431 : MARMION, [Leic] vair, a fesse .., fretty ... [..] Marmyon, or Marmion, [Fonteney, Normandy and Warw.] vair, a fesse gu. Marmyon, [Warw.] vair, a fesse gu. fretty or. Jean Maskarel de Hermanville D'argent à la face d'azur diaprée d'or de trois pièces, celle du milieu chargée d'un aigle à deux têtes aussi d'or, les deux autres chacune d'un lion affronté du même, le tout accompagné de trois roses de gueules.Jean-baptiste Rietstap, Armorial général, Tome 2, éd. 1887, p.170.
Deux références dans l'armorial d'Hozier : N. de Mascarel Bogefroy, écuyer et Marie Suzanne Mascarel, femme de Pierre de Pierrellé, écuyer gendarme de la garde du roi. Jean, fils de Jean II, comte de Roucy (1260) Fascé d'un paillé et d'un vairé, brisé d'un franc-quartier.
Les couleurs ont été reprises de la maison de Coucy, l'or du franc-quartier est arbitrairePhoto du sceau D1023 des Archives Nationales par Michel Pastoureau ; illustration 106 du Traité d'héraldique de Michel Pastoureau, Grands Manuels Picard, 1979.. Famille Tesson. Fascé d’hermine et de sinople, le sinople paillé d'aiglettes et de lionceaux d'or.Blason reproduit d'après la représentation folio 65 verso de l'Armorial de l'Europe et de la Toison d'Or, voir aussi Jean-baptiste Rietstap, Armorial général, Tome 2, éd. 1887, p.896.
Deux références dans l'armorial d'Hozier : Isaac tesson, écuyer seigneur de la Chataigneraie et Jacques Tesson, écuyer. 100 px Yvain d’Ussenel, chevalier de la Table Ronde. D’or aux deux fasces paillées de gueules.Ce sunt les noms, armes et blasons des chevaliers companions..., BnF MS 5024 folio 7 verso. Détail..
Variante : D'or paillé d'aiglettes et de lionceaux de gueulesArmorial de la Table Ronde, BnF MS 4976, folio 60 rectoArmorial de la Table Ronde, Bibliothèque Municipale de Lille MS 329, page folio 37 rectoLa devise des armes des chevaliers de la Table ronde, Bibliothèque Municipale de Rennes, page 058Le blason des armoiries, BnF p.139..
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Notes et références
Notes
Références
Bibliographie et sitographie
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Annexes
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