vignette|Textile alindi. vignette|Femmes somaliennes portant de l’alindi.
L’alindi, également appelé Futa Benadir, est un textile traditionnel somalien à rayures colorées. Il est porté lors de cérémonies et de festivités. Une combinaison de couleurs, appelée midab boqoreed (« couleurs royales »), s’inspire à l’origine du pelage de certaines chèvres.
Histoire Mogadiscio est historiquement un centre de production textile dont les tissus sont exportés dans l’océan Indien, la mer Rouge et le golfe Persique. En 1330, Ibn Battûta décrit les textiles de la ville comme « sans égal » et mentionne leur exportation jusqu’en Égypte. Au , environ un habitant de Mogadiscio sur cinq exerce le métier de tisserand.
Au , les cotonnades produites en série à l’étranger, en particulier aux États-Unis, concurrencent la production locale. Les artisans utilisent alors davantage le coton cultivé dans l’arrière-pays du Benadir, en particulier le long du Chébéli. Le coton brut est transporté vers les villes côtières, égrené puis filé.
Dans les années 1840, les exportations maritimes annuelles de cotonnades somaliennes vers l’Afrique de l'Est sont estimées entre et pièces. Une partie de la production est aussi commercialisée jusqu’au sud de l’Éthiopie. Des coiffes et des châles sont exportés vers les régions voisines.
En 1920, plusieurs centaines de métiers à tisser, principalement utilisés par des hommes, sont recensés à Mogadiscio. La production existe aussi à Merka et alimente les marchés de Mombasa et Zanzibar. Dans les années 1950, plus d’un millier de foyers de la côte du Benadir pratiquent encore le tissage. Les textiles locaux deviennent alors des biens de prestige portés lors d’occasions particulières.
L’alindi reste associé au patrimoine vestimentaire somalien et aux cérémonies.
Production vignette|Tisserand somalien à Mogadiscio en 1882.
Des artisans de la région du Benadir, dont les Tunni, un clan des Rahanweyn, participent au tissage de l’alindi. Le tissu est appelé Kar Guri dans l’arrière-pays et toob Benadiri sur la côte. Il est consommé localement et exporté vers le sud de la péninsule Arabique et l’Égypte.
Le fil est teint avec des colorants végétaux, puis marqué au khôl et plongé dans un apprêt de farine et d’eau. La méthode appelée darisi consiste à tendre les fils entre deux bâtons verticaux jusqu’à leur séchage.
Le fil est ensuite enroulé sur une bobine en bois, le furfure, puis passé dans les lisses du métier à tisser. Les fils de chaîne sont tendus jusqu’à un crochet fixé au sol à plusieurs mètres du métier. À mesure que le tissu s’enroule sur l’ensouple, la chaîne est rapprochée et fixée successivement sur la corde.
Galerie
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Culture de la Somalie Histoire de la Somalie Tissage Textile africain
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