Le blason de Paris est un blason faisant appel à la symbolique antique de la navigation sur la Seine pour représenter Paris, la capitale de la France.

Description Son blasonnement estPlaquette Symboles de Paris. Évocation d'histoire par Robert Louis (1902-1965). Imprimerie Imbert, Saint-Étienne (procédé typo-émail). Une version est reproduite en ligne sur la page « Histoire des armoiries de la ville de Paris » du site armoiriesdeparis.fr par Jacques Cuny. :

Le navire représenté figurait déjà en sur le sceau de la puissante corporation des Marchands de l'eau, et jusqu'aux nautes de Lutèce, corporation très importante dans la ville durant l'Antiquité gallo-romaine.

La devise de la ville, « » (), est également une référence à ce bateau.

Dans ses ornements extérieurs, il comporte également les décorations que la ville a été autorisée à faire figurer dans ses armoiries. : la Légion d'honneur (décrets des et ), la croix de guerre (citation du et décret du ) et la croix de la Libération (décrets des et ). Il est surmonté d'une couronne murale d'or à quatre tours, et encadré à dextre d'une branche de chêne et à senestre d'une de laurier. La devise est classiquement inscrite sur un listel en dessous.

Histoire De Lutèce au Paris royal Une nef, ou un vaisseau, qui ressemble fortement à la représentation d'une cogue, bien que fluvial, fut jusqu'à la Révolution de le symbole de la corporation des « marchands de l'eau », qui donna ensuite naissance à la municipalité de Paris. On a même pu faire remonter ce symbole aux nautes de Lutèce dès l'époque gallo-romaine, même si sa forme n'a pas toujours été la même.

Sainte Geneviève, patronne de Paris, compte la nef parmi ses attributs. En effet, au milieu du , elle avait organisé avec la corporation des Nautes des convois sur la Seine pour ravitailler Paris depuis Troyes et Meaux..

Une première mention d'armoiries de Paris apparaît dès lorsque Philippe Auguste, au moment de son départ pour la Terre sainte, donne pour premières armoiries à la ville de Paris . :

Le rouge était la couleur de l'oriflamme de Saint Denis, un étendard des rois de France en temps de guerre et qui symbolise le sang du martyr, alors que le bleu adopté par Philippe Auguste est une couleur rare et chère portée par la Vierge Marie...

C'est saint Louis qui reconnut pour la première fois officiellement le sceau de Paris. Ce sceau permettait de sceller les actes pris par le prévôt des marchands, désigné par ses pairs pour diriger la cité.

Selon d'autres sources, c'est le dauphin du roi de France, , qui ajouta au blason son chef semé de fleurs de lys, emblème du pouvoir royal, pour indiquer la suprématie de la royauté sur la capitale, après le siège de Paris de qui l'opposa au prévôt des marchands de Paris, Étienne Marcel..

Sur les sceaux du , on trouve la légende « » (Sceau des marchands de l'eau de Paris), toujours en vigueur jusqu'aux premières années du .

La transformation du sceau en véritable blason représentant un vaisseau surmonté d'un chef de fleurs de lys sans nombre est notamment attestée par les lettres patentes délivrées par le , qui citent elles-mêmes une ordonnance du ., avec pour description. :

Paris, capitale républicaine, impériale ou royale Entre-temps, lorsque la Révolution a aboli la noblesse par le décret du , elle a simultanément supprimé tous les emblèmes correspondants. La municipalité de Paris a rapidement obtempéré en décidant la suppression de ses propres armoiries dès novembre de la même année.

Il a fallu attendre le Premier Empire pour que les villes soient à nouveau officiellement autorisées à se doter d'armoiries. Pour Paris, cela s'est concrétisé par les « lettres patentes » accordées à la ville de Paris par le , dans lesquelles le chef du blason comporte trois abeilles d'or sur fond de gueules en lieu et place des fleurs de lys. On y voit de plus apparaître une étoile d'argent au-dessus de la nef, et la déesse Isis en proue de la nef.

La Restauration, par les lettres patentes de de , a ensuite rétabli les armoiries de Paris dans leur forme traditionnelle.

De à , de la Deuxième République au début du Second Empire, le chef d'azur semé de fleurs de lis a été remplacé par un semé d'étoiles. C'est qui a permis le retour du chef fleurdelisé de France.

Paris, ville décorée

Par décret du Décret du « autorisant la ville de Paris à faire figurer dans ses armoiries la croix de la Légion d'honneur », Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, de la 19 année, , . Le rapport en préambule du décret stipule : « La ville de Paris, depuis plus d'un siècle, a montré que ses habitants savaient défendre avec un égal dévouement nos frontières et nos libertés. Ses enfants se sont montrés en 1870-1871 les dignes émules de leurs ancêtres de 1792 et de 1814. Le Gouvernement estime qu'il est nécessaire de perpétuer ces souvenirs par un témoignage éclatant de la reconnaissance nationale. »., la ville de Paris est autorisée à faire figurer dans ses armoiries la croix de la Légion d'honneur, en conséquence de quoi ses armoiries sont, par décret du signé par le président Émile Loubet, réglées comme suitDécret du réglant les armories de la ville de Paris, Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, de la 20 année, , . :

Après la citation à l’ordre de l’armée du par Georges Clemenceaucitation à l’ordre de l’armée du par Georges Clemenceau, Journal officiel de la République française, , de la 51 année, , : « LA VILLE DE PARIS : Capitale magnifiquement digne de la France. Animée d'une foi patriotique qui ne s'est jamais démentie, a supporté avec une vaillance aussi ferme que souriante de nombreux bombardements par avions et par pièces à longue portée. A, de 1914 à 1918, ajouté des titres impérissables à sa gloire séculaire. »., valant attribution à Paris de la croix de guerre , un décret du donne la nouvelle description officielle des armoiries de ParisDécret du modifiant les armories de la ville de Paris, Journal officiel de la République française, , , . :

Une représentation conforme à ce décret est dessinée en 1924 par Antoine Constant Dilly (1882-1966), ancien élève de l'École Boulle à Paris, dessinateur, décorateur électricien, secrétaire général adjoint du Comité régional des Arts Appliqués de ParisDessin des armes de Paris, conformes au décret du 14 février 1924, signé « AC Dilly » et conservé dans les réserves du musée du Petit Palais (fiche sur le site des musées de la ville de Paris).

À la suite de la publication officielle des nouvelles armes de la ville de Paris réalisées par Antoine Constant Dilly, Montaudran, journaliste au Figaro, écrit le Le Figaro du 6 mai 1924, p. 5/8, sur RetroNews. :

Une version des armoiries de Paris dessinée et gravée par Jules Piel (1882-1978), également conforme au blasonnement de 1924 avec ses deux décorations, est utilisée pour un timbre-poste brun-rouge en vente du au Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, de la 60 année, , (sur Gallica)Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, de la 61 année, , (sur Gallica)Timbre de 1941 « Armoiries des villes de France (Première série) - Armoiries de Paris » sur le site Phil Ouest - Les timbres de France.timbre POSTE-1941-56 sur l'Encyclopédie du timbre en ligne.. Ce timbre est réédité en série limitée par La Poste en 2024 en couleur bleue, vendu inséré dans une affiche jaune des mêmes armoiriesLe Monde du 24 mai 2024.Paris PHILEX 2024 - Affiche des armoiries de Paris sur le site Phil Ouest - Les timbres de France..

En 1942, un dessin des armoiries de Paris fut réalisé par le dessinateur héraldiste Robert Louis (1902-1965) dans le cadre des travaux de la Commission d'héraldique urbaine de la Seine instituée par arrêté du , dont il est membreBulletin municipal officiel de la Ville de Paris, de la 61 année, , (sur Gallica) ; Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine, 99 année, 1942, — Mois de juillet, (sur Gallica) . L'arrêté préfectoral du « déterminant les armoiries des communes du département de la Seine » approuve ces travaux mais donne en son article 1 le blasonnement de toutes les communes de la Seine sauf de celle de Paris. L'article 2 précise que : « Les dessins des armoiries, tels qu'ils sont annexés à l'exemplaire original du présent arrêté, font autorité. Toute représentation qui en sera faite devra être rigoureusement conforme à ces dessins ».

Dernière modification des armes de Paris, le décret du , signé par le président de la République, Vincent AuriolDécret du portant définition des armories de la ville de Paris, Journal officiel de la République française, , , .. Ce décret incorpore, aux armoiries de la ville, la croix de la Libération, décernée par le général de Gaulle, le Décret du par le général de Gaulle, Journal officiel de la République française, , de la 77 année, , décrétant que « la Croix de la libération est décernée à la ville de Paris pour le motif suivant » : « Capitale fidèle à elle-même et à la France, a manifesté, sous l'occupation et l'oppression ennemies, et en dépit des voix d'abandon et de trahison, sa résolution inébranlable de combattre et de vaincre. Par son courage en présence de l'envahisseur et par l'énergie indomptable avec laquelle elle supporta les plus cruelles épreuves, a mérité de rester l'exemple pour la nation tout entière. Le 19 août, conjuguant ses efforts avec ceux des armées alliées et françaises, s'est dressée pour chasser l'ennemi par une série de glorieux combats commencés au cœur de la cité et rapidement étendus en tous les points de la ville. Malgré de lourdes pertes subies par les Forces françaises de l'intérieur levées dans son sein, s'est libérée par son propre effort puis, unie à l'avant-garde de l'Armée française venue à son secours, a, le 25 août, réduit l'Allemand dans ses derniers retranchements et l'a fait capituler. ».. Les nouvelles armoiries sont ainsi réglées :

La blasonnement des armes de est donc reconduit, seule la croix de la Libération est rajoutée.

Antoine Constant Dilly et Robert Louis réalisent une mise à jour de leur dessin respectif des armoiries de la ville de Paris afin d'intégrer la croix de la Libération[Page « Fluctuat nec mergitur », l'histoire de la devise de Paris], sur le site de la mairie de Paris, montrant le dessin des armoiries de Paris, avec ses trois décorations, signé « AC Dilly ».. Robert Louis estime que sur le blason dessiné par Dilly : . Il précise que les armes de son dessin sont et qu'elles s'énoncent comme suit :

Ce blasonnement est publié dans le Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris en dans le cadre d'une question de M. Taittinger, conseiller de ParisBulletin municipal officiel de la Ville de Paris, de la 86 année, , (sur Gallica).

Le décret de 1949 est cependant le dernier texte officiel définissant les armoiries de la ville de Paris.

Le dessin de Robert Louis est utilisé en particulier en pour le timbre postal 0,30 franc Blason de Paris et, dans sa version grandes armoiries, par la Mairie de Paris en pour la carte de paiement du stationnement Paris cartePhoto sur le site Heraldry of the world. Ancienne carte n°3 (15 €) en vente depuis 2007 sur le site Delcampe, indiquant au dos que les cartes n°1 & 2 (libellées en franc, émises avant le passage à l'euro de 2002) restent valables..

Galerie au fil du temps

Utilisation actuelle On le trouve, en diverses versions de son dessin, sur de nombreux équipements publics parisiens, parmi lesquels l'hôtel de ville, les mairies d'arrondissement, les gares parisiennes, les ponts, les écoles et collèges parisiens, les petites « fontaines à boire de la Ville de Paris » dites fontaines Wallace, les colonnes Morris, les bancs Davioud et autres mobiliers urbains parisiens. Il est aussi repris de manière stylisée dans le logo de la Mairie de Paris.