Le Féminisme ou la Mort est un livre de la philosophe, essayiste et militante féministe française Françoise d'Eaubonne, portant sur l'écoféminisme. C'est dans cet ouvrage que d'Eaubonne a créé le néologisme écoféminisme, qui désigne un courant du féminisme qui fait le lien entre pensée féministe et pensée écologiste. En effet, d'Eaubonne s'attache dans ce livre à montrer le lien entre l'oppression des femmes et l'exploitation de l'environnement.
Le livre est publié pour la première fois en 1974 aux éditions Pierre Horay. Il est réédité en 2020 aux éditions Le Passager Clandestin. Une traduction anglaise de Ruth A. Hottell est publiée par Verso Books en 2022, et une traduction portugaise d'Anna Bracher est publiée par la maison d'éditions brésilienne Bazar do Tempo en 2025.
Contexte Françoise d'Eaubonne s'est engagée très tôt dans le militantisme, participant à la résistance anti-nazie pendant l'Occupation, puis en s'impliquant dans le Mouvement de libération des femmes après la guerre. Après avoir constaté les progrès du féminisme aux États-Unis ainsi que la participation de la France à la Ligue des droits des femmes, elle a estimé que le concept de féminisme devait être adapté à la société moderne.
Pour d'Eaubonne, certains événements survenus depuis 1974, année où elle a commencé à écrire, avaient illustré la nécessité de définir le lien entre les luttes environnementales et féministes, qu'elle nomme« le problème double ». À l'époque, les risques environnementaux liés à la menace de la guerre nucléaire étaient une de ses préoccupations principales. Elle mentionne également des problèmes émergents tels que la famine, la pollution et la déforestation qui nuisent à l'environnement à l'échelle mondiale.
Résumé D'Eaubonne commence par faire l'état du traitement des femmes à travers le monde, utilisant le terme « féminitude » pour décrire la tragédie universelle d'être une femme, discriminée par des puissances dirigées par les hommes. Elle poursuit en définissant deux menaces majeures de mort : la surpopulation et la destruction de l'environnement. Elle explique ensuite comment ces deux menaces sont alimentées par l’oppression des femmes et de leur corps ainsi que par l’exploitation de l’environnement par une société patriarcale..
Après avoir établi ce lien, d'Eaubonne appelle les féministes à l'action, soulignant la nécessité l'intégration de leur cause à l'environnementalisme pour pouvoir parvenir à un avenir de durabilité et d'égalité. Elle estime que cette exploitation parallèle est une question de vie ou de mort, suggérant qu’il ne s’agit pas d’une question de révolution, mais de « mutation » — un démantèlement des systèmes de pouvoir eux-mêmes.
D'Eaubonne propose des solutions à la surpopulation, telles qu'un meilleur accès à la contraception et à l'avortement. Cependant, elle estime que la véritable solution au problème réside dans la destruction du pouvoir masculin par les femmes au profit d'une société égalitaire. Selon elle, c’est cette « mutation » qui réparera le monde.
Critique Dans Le Féminisme ou la Mort, d'Eaubonne compare la discrimination des femmes à celle d'autres groupes marginalisés, notamment les homosexuels, les Juifs et les hommes noirs. Les critiques ont fait valoir qu'une telle comparaison est une simplification qui ne reflète pas l’ampleur du système oppressif dans la société moderne.
Le Féminisme ou la Mort a également été critiqué pour son manque d'intersectionnalité et sa vision étriquée des femmes et de l'environnement. Les critiques affirment que cela diminue la portée des idées exprimées dans l'article, car elles ne peuvent pas être appliquées universellement.
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