Assirto Pacchioni, né le 5 avril 1886 à Mantoue, est un syndicaliste et journaliste italien.

Biographie

Militantisme subversif à Gênes Né à Mantoue en avril 1886 d'un père inconnu, Assirto Pacchion s'installe très jeune à Gênes, où il travaille comme ouvrier mécanicien puis comme typographe.

Inscrit au Parti socialiste italien (PSI), son nom fut bientôt connu de la police génoise comme « subversif » à surveiller assidûment. Une fiche de 1903 à son nom auprès de la préfecture de Gênes le définit comme « socialiste anarchique », le signalant pour d'intenses activités d'agitation antimilitariste en tant que membre de la Ligue nationale des futurs conscrits (Lega nazionale futuri coscritti).

Du syndicalisme révolutionnaire à l'interventionnisme Promoteur à Gênes du Fascio operaio d'inspiration syndicaliste révolutionnaire, il est à la même période correspondant et collaborateur du périodique L'Internazionale de Parme.

Membre fondateur de l'Unione Sindacale Italiana (USI), il intègre de son premier Comité exécutif en tant que représentant de la Chambre du Travail de Gênes. En 1914, il devient un « fervent interventionniste » et fonde, avec Luigi Maria Bossi, Maria Rygier, Amedeo Buttafava, Celso Casali et Eno Mecheri, le Fascio interventionniste de Gênes. Ce dernier n'atteignit « cependant pas l'objectif de susciter un vaste mouvement populaire en faveur de l'intervention et, à l'exception des travailleurs du port contrôlés par les socialistes autonomes, la classe ouvrière dans son ensemble resta hostile à la guerre ».

Syndicalisme national Réformé de l'armée après six mois de guerre en raison d'une « maladie contractée dans les tranchées », il adhère dès 1918 à l'Unione Italiana del Lavoro (UIL) et se consacre à temps plein à l'activité syndicale à Gênes, Milan, Bergame et Pavie.

Collaborateur de L'Italia nostra, il dirige à partir de janvier 1920 Il Sindacato operaio, journal dans lequel il mène la polémique contre Cesare Rossi et ceux qu'il accuse, dans son article « Il proletariato e la nazione » (24 janvier 1920) de « caméléonisme » et qui, selon lui, « ont voulu la guerre pour conduire le monde sur un terrain révolutionnaire et qui, au moment opportun, se rangent résolument contre toute tentative de ce genre ». Selon Mauro Canali, au terme d'une « polémique âpre, faite de réponses et de contre-réponses, Pacchioni lançait sa déclaration de guerre au fascisme » : « Rossi et ses associés ne croient plus à ces utopies ; ils pensent que, dans l’intérêt de la civilisation, il vaut mieux sauver la partie saine de la bourgeoisie. Qu’ils le fassent donc. Mais ils n’ont désormais plus aucun droit de se plaindre si, étant passés de l’autre côté de la barricade, ils trouvent en nous des gens disposés à les combattre résolument et sans aucun regret. »Accusant Il Popolo d'Italia et Rossi d'être passé du côté de la bourgeoisie, Pacchioni écrivait son article n'avoir « jamais pensé qu’en favorisant la guerre pour une prémisse essentiellement révolutionnaire, il faudrait un jour invoquer les carabines du roi pour massacrer les grévistes ». Dans ce même article, il continue à défendre son positionnement syndicaliste et la nécessité de l'« indépendance syndicale ».

Passage au fascisme et activité syndicale sous le régime Parmi les « fonctionnaires de l'UIL les plus actifs, ainsi que l'un des plus catégoriques dans la défense d'une ligne de classe », il apporte finalement sa contribution dès 1923 au développement des organisations syndicales fascistes en Ligurie. Il occupe sous le régime des fonctions dirigeantes au sein des syndicats de travailleurs portuaires de Gênes.

Dans une lettre datée de 1934 adressée à Guido Pighetti, Pacchioni louait les transformations apportées par le régime, notamment dans le domaine syndical : « Alors que l’ancien syndicalisme de classe, social-démocrate, avait, au fil des années, contribué dans une moindre mesure à la constitution des organisations portuaires à base coopérative, avec des finalités politiques et sociales extrêmement limitées, ce serait nier l’évidence des faits que de ne pas reconnaître au fascisme le mérite d’avoir radicalement transformé ces organisations, en leur confiant des tâches bien précises, conformes à la politique économique de l’État fasciste. Les travailleurs de notre emporium maritime subordonnent constamment, et en toute conscience, leurs intérêts particuliers à l’intérêt supérieur du trafic du port. » Dans la même lettre, Pacchioni félicitait le développement d'organismes de prévoyances et de protection sociale, à l'instar de l'Office de prévoyance et de la Caisse générale de mutualité, qui garantissent un « traitement décent en cas de maladie, d'invalidité et de vieillesse », gèrent les hospitalisations et envoient « les enfants dans les colonies de montagne et les camps scolaires ». Pacchioni également qualifia ces institutions de « légitime fierté de l’Organisation portuaire fasciste ». En conclusion, il écrivait : « À ce stade, et pour résumer, il vaut la peine de se demander si les travailleurs, en contrepartie de l’œuvre féconde et constructive accomplie par le fascisme, ont apporté leur dévouement sincère au Régime et au Duce. La réponse ne peut être qu’affirmative, car si les travailleurs ne peuvent prétendre au privilège de pénétrer dans l’essence spirituelle et doctrinale du fascisme, il n’en demeure pas moins un fait objectif et incontestable : les ouvriers italiens sont entièrement et, j’oserais dire, instinctivement attachés au Régime [...] Agir dans le silence, se rapprocher véritablement du peuple, créer des conditions économiques et morales qui rendent plus sereine la vie des travailleurs, aimer profondément le Duce, sans extériorités pompeuses, signifie véritablement faire de notre divine péninsule une nation puissante, redoutée dans le monde. »Il est toujours actif en 1943.

Notes et références

Sources

Franco Andreucci, Tommaso Detti, Il Movimento operaio italiano : dizionario biografico, 1853-1943, Vol.4, Editori riuniti, 1975.

Bibliographie

Matteo Pasetti, Tra classe e nazione. Rappresentazioni e organizzazione del movimento nazional-sindacalista (1918-1922), Carocci, 2008. Fabrizio Giulietti, Storia degli anarchici italiani in età giolittiana, FrancoAngeli Edizioni, 2012. Gaetano Perillo, C. Gibelli, Storia della Camera del lavoro di Genova : dalle origini alla seconda guerra mondiale, Editrice sindacale italiana, 1980.

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