Tinguizi , né vers 1913 à Bilanga et mort le également nommé Tinguidji, de son vrai nom Boubacar Loumbo Sêdi, également Boubakar Lambousséri) est un conteur nigérien, griot de profession, appelé Djesseré.
Biographie Origines et formation Tinguizi appartenait à l'ethnie Gourmantché. Son année de naissance varie selon les sources : 1903, 1911, 1913 ou 1914. Ses parents étaient vraisemblablement originaires de Bilanga, s'installèrent à Téra avant sa naissance. Tinguizi étant né lors d'un séjour à Bilanga, puis s'établirent finalement à Dargol. Son père était agriculteur et sa mère chanteuse. Il apprit très tôt à jouer du molo, instrument à cordes répandu dans la famille de sa mère et typique de l'accompagnement des Djesseré. Tinguizi apprit le métier de Djesseré auprès d'un oncle maternelFanta Maïga, « Portrait d'un artiste : Tinguizi », dans Marie-Clotilde Jacquey (dir.), Littérature nigérienne (coll. « Notre librairie », n° 107), CLEF, Paris, 1991, p. 49–50.. Il fit également, comme son compatriote Koulba Baba, une formation auprès du griot malien Bazoumana Sissoko.
Carrière Tinguizi exerça d'abord à la cour du chef local de DoriSandra Bornand, Le discours du griot généalogiste chez les Zarma du Niger, Karthala, Paris, 2005, , p. 223., puis pendant vingt-six ans à la cour d'Amirou Mossi Gaïdou, alors chef local de Dargol. Après la mort de ce dernier, il entreprit de nombreux voyages avant de s'installer, en 1969, dans la capitale Niamey. L'Institut des sciences humaines (IRSH) de Niamey et la chaîne publique ORTN enregistrèrent nombre de ses récits.
Le 24 mars 2026,l'administrateur délégué de la ville de Niamey avait présidé une cérémonie de bapteme des rues et ronds-points ainsi qu'un avenu portant le nom de l'illustre Tinguizi.
Style et œuvre Tinguizi était un mâbo, un Djesseré dans la tradition des Fulbe. Dans ses épopées, il utilisait le fulfulde, le gulmancema et le zarma. Parmi les titres les plus connus de son œuvre variée figurent: Silamâka Ardo Macina, Fatimata Bidâni, Labidiédo, Doula Pendo, Mossi Gaïdou, Sambo Mama, Yowli Diawando Bokom, Dourowel Bâli Boulo, Boubou Ardo Galo, Hama Bodédjo Pâté, Hama Alla Seyni Gakoye et Sambo Thiam.
Fait très inhabituel pour un Djesseré, Tinguizi chantait ses épopées. Cette pratique n'est la norme que chez les conteurs traditionnels ouest-africains du corps des griots, perçus par les Djesseré comme un groupe de rang social inférieur. Le chant chez les adultes n'est en effet pas considéré comme un comportement honorable dans la culture songhaï-zarma, dans laquelle s'ancrent les Djesseré. Tinguizi n'en est pas moins considéré, aux côtés de Koulba Baba, Djéliba Badjé, Badjé Bannya, Nouhou Malio et Djado Sékou, comme l'un des grands maîtres des DjesseréHamadou Seini, Zarma-Songhoï Verbal Artistry and Expression: From the Epic to the Francophone Novel, with a Focus on Intertextual Dialogue Across the Genres, thèse, Université du Colorado, Boulder, 2013, p. 31 et 33 (PDF, consulté le 4 avril 2020)..
Pour approfondir Bibliographie Fanta Maïga, «Deux versions d'un même récit», dans Marie-Clotilde Jacquey (dir.), Littérature nigérienne (coll. «Notre librairie», n° 107), CLEF, Paris, 1991, p. 51–52. Fanta Maïga, «Portrait d'un artiste: Tinguizi», dans Marie-Clotilde Jacquey (dir.), Littérature nigérienne (coll. «Notre librairie», n° 107), CLEF, Paris, 1991, p. 49–50. Christiane Seydou, Silâmaka et Poullôri: épique peul raconté par Tinguidji, Armand Colin, Paris, 1972. Ousmane Tandina, «Construction identitaire dans deux épopées nigériennes: Labdeejo de Tinguizi et Sarraounia de Mamani», Mu Kara Sani, vol. 21, décembre 2014, p. 122–139.
Articles connexes Culture du Niger
Notes et références
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