La bataille du lac d'Antioche eut lieu le , durant la première croisade. Alors que les croisés assiégeaient Antioche, la nouvelle parvint au camp croisé qu'une importante armée de secours, dirigée par Ridwan faisait route vers eux. Bohémond de Tarente rassembla tous les chevaux disponibles et marcha de nuit pour tendre une embuscade à l'armée musulmane. Après plusieurs charges de cavalerie victorieuses, les chevaliers croisés mirent en déroute l'armée musulmane, contraignant Ridwan à battre en retraite vers Alep.
Contexte Les croisés avaient entamé le siège d'Antioche le . Ils avaient vaincu une troupe de secours commandée par Duqâq de Damas le . Aussi, le gouverneur turc d'Antioche, Yâghî Siyân, avait envoyé son fils Shams ad-Dawla solliciter l'aide des émirs locaux. De même, après la défaite de Duqâq, ce dernier se rendit à Alep pour demander du renfort. Ridwan, le sultan seldjoukide d'Alep, rassembla ses forces pour porter secours à la ville assiégée. Parmi ses principaux alliés figuraient l'émir artukide Soqman ibn Ortoq et l'émir de Hama. Le chroniqueur du Albert d'Aix estime les effectifs de l'armée à , tandis que les croisés Étienne-Henri de Blois et , qui prirent part au siège, avancent le chiffre plus réaliste de , auquel se rallient les historiens modernes. Les sources arabes contemporaines confirment que l'armée d'Alep était bien plus nombreuse. Le , Ridwan était stationné à Harim, à une trentaine de kilomètres d'Antioche.
Les croisés risquaient d'être écrasés entre la garnison d'Antioche et l'armée de Ridwan. Pour faire face à cette menace, les chefs de la croisade décidèrent, pour la première fois, de nommer un commandant unique et le choix se porta sur le Normand Bohémond de Tarente. À ce stade du siège, les croisés ne disposaient que de très peu de chevaliers montés car la plupart des chevaux avaient déjà péri de faim au cours de ce long siège. Au lieu d'opter pour une stratégie défensive axée sur le Pont de Fer Bohémond choisit de passer à l'offensive, bien qu'il fût en infériorité numérique à près de douze contre un. Bohémond et les chevaliers sous ses ordres quittèrent le camp de nuit à la faveur de l'obscurité, car toute troupe traversant le Pont de Fer en plein jour aurait été repérée par les éclaireurs.
Bataille La bataille eut lieu sur une colline située entre l'Oronte et le lac d'Antioche, selon l'auteur anonyme de la Gesta Francorum et le chroniqueur contemporain Raymond d'Aguilers. D'autres chroniqueurs latins, tels qu'Albert d'Aix, Raoul de Caen et Pierre Tudebode, en livrent également une description.
Bohémond de Tarente organisa sa cavalerie en sept escadrons, conservant le sien en réserve. Ridwan avait positionné deux escadrons en avant de son corps de bataille principal. Le choix de Bohémond de déployer son armée sur une petite colline, entre la rivière et le lac, était risqué car un marécage s'étendait derrière lui et sur sa gauche, aussi la seule voie de retraite aurait été coupée si Ridwan était parvenu à faire une percée le long de la route. Après avoir envoyé des éclaireurs pour surveiller les mouvements de Ridwan, les cinq unités de tête de Bohémond chargèrent de flanc les deux escadrons adverses avancés. Le choc de la charge de cavalerie contraignit ces unités à battre en retraite et à se mêler au gros de l'armée turque alors que celle-ci tentait de se déployer. L'armée turque principale parvint à surmonter ce désordre et engagea les croisés dans un violent corps à corps. Les chevaliers commencèrent à vaciller, mais avant que la masse écrasante de l'armée turque ne menace de submerger les chevaliers en infériorité numérique, Bohémond comprit la gravité de la situation et lança sa réserve ; celle-ci écrasa les forces turques désorganisées et les mit rapidement en déroute.
La Gesta Francorum dépeint la bataille de manière saisissante :
Alors que les forces musulmanes sombraient dans une déroute chaotique, les croisés se lancèrent à leur poursuite jusqu'à Harim, tuant des milliers d'hommes et s'emparant de chevaux et de vivres. La garnison turque de Harim incendia le château et s'enfuit vers l'est avec Ridwan. Au cours de la bataille, Yâghî Siyân avait tenté une sortie contre le camp des croisés, mais celle-ci fut repoussée par Raymond de Saint-Gilles. Raymond d'Aguilers relate ainsi ce triomphe .
Conséquences Les pertes croisées furent légères et le risque calculé de Bohémond s'avéra payant. L'armée de Ridwan se disloqua et des milliers d'hommes furent tués lors de la déroute. Le commandement exercé par Bohémond permit aux croisés de tirer le meilleur parti de leurs ressources limitées au cours d'une bataille périlleuse. Sa tactique offensive, alliée à la cohésion et à la discipline de l'armée croisée, lui permit d'anéantir une force bien plus nombreuse qui s'attendait probablement à voir les croisés adopter une position défensive.
L'historien Thomas Asbridge indique .
Les croisés avaient réussi à repousser deux troupes de secours envoyées par Duqâq et Ridwan. L'arrivée d'une flotte de ravitaillement anglaise au port de Saint-Siméon en , conjuguée à la victoire sur Ridwan, remonta le moral des troupes et permit aux croisés de poursuivre le siège.
Bibliographie . . . . .
Références
Catégorie:Première croisade Catégorie:Bataille du XIe siècle Catégorie:Bataille de 1098 Catégorie:Bataille des Seldjoukides Catégorie:Antioche Catégorie:Bataille impliquant la principauté d'Antioche