La rafle de Pexonne est une opération de représailles menée par les forces allemandes le dans le village de Pexonne, en Meurthe-et-Moselle, alors que la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin et que les forces allemandes se replient devant l'avancée alliée.

Au cours de cette opération, sont arrêtés et rassemblés sur la place de l'Église. Vingt-huit d'entre eux sont finalement libérés, trois sont fusillés et 81 sont déportés dans des camps de concentration nazis, notamment au camp de Mauthausen et dans ses camps annexes. Selon les recherches historiques consacrées à l'événement, 65 des meurent en déportation.

L'opération est dirigée par le capitaine SS , responsable d'un kommando de la Sipo-SD présent dans le secteur de Baccarat. Les arrestations sont effectuées dans le contexte de la lutte contre les maquis et de la répression exercée par les forces allemandes dans les Vosges et le sud-est de la Meurthe-et-Moselle.

Contexte À l'été 1944, la situation militaire allemande se dégrade rapidement après le débarquement de Normandie et le débarquement de Provence. Dans l'Est de la France, les mouvements de Résistance prennent une importance croissante et les maquis se développent dans les secteurs forestiers et montagneux des Vosges..

Pexonne se trouve à proximité de plusieurs zones utilisées par les résistants. Le maquis de Pexonne constitue alors un important foyer de Résistance et rassemble plusieurs centaines d'hommes armés.

À partir du mois d', les forces allemandes multiplient les opérations contre les maquis et les populations civiles soupçonnées de les soutenir. Le kommando dirigé par Erich Wenger est installé à Baccarat à partir du . Il participe à plusieurs opérations de répression dans la région.

Rafle du 27 août 1944 Arrestation des habitants Le dimanche , le kommando commandé par Erich Wenger fait irruption à Pexonne.

Les habitants sont arrêtés dans le village puis conduits vers la place située devant l'église Saint-Pierre-aux-Liens. Au total, sont pris en otages. Les personnes arrêtées ne sont pas toutes des résistants : la rafle touche largement la population civile du village.

Les otages sont ensuite conduits à Baccarat, où se trouve le siège du kommando Wenger. L'objectif est notamment de rechercher d'éventuels membres ou soutiens du maquis.

Exécutions et déportations À l'issue de l'opération, le sort des otages est différent selon les personnes. sont libérés. Trois autres sont fusillés. Les restants sont déportés vers le système concentrationnaire nazi.

La majorité des déportés est dirigée vers le camp de concentration de Mauthausen. Plusieurs passent ensuite par différents camps et kommandos, notamment Melk, Ebensee et Gusen.

Selon les recherches historiques consacrées à la rafle, 65 des ne survivent pas à leur déportation.

Parmi les victimes figure notamment Émile André, agriculteur à Pexonne, déporté au camp de Natzweiler-Struthof puis transféré à Melk, où il meurt le . Raymond Anzenberger, coiffeur du village, est également déporté à Natzweiler et meurt en déportation en .

Bilan humain Le bilan humain de la rafle de Pexonne est de arrêtées, dont , et , parmi lesquelles 65 meurent en déportation.

Mémoire vignette|Calvaire, monument de 65 victimes civils déportés, fusillés.

La mémoire de la rafle de Pexonne est notamment entretenue par la pose de Stolpersteine. En 2024, les 27 premiers pavés sont installés sur la place du . En , 27 nouveaux Stolpersteine sont inaugurés, portant leur nombre à 81 dans la commune, en mémoire des déportés après la rafle.

Un projet de maison des Déportés, également envisagé sous le nom de « Mémorial de la rafle du », prévoit la réhabilitation de l'ancienne école primaire. Le lieu doit présenter l'histoire de la rafle, de la Résistance locale et de la déportation, notamment à travers un parcours chronologique, une reconstitution d'une salle de classe de l'époque et des expositions temporaires. Le projet prévoit également un parcours mémoriel dans le village ainsi que des liens avec le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, où les déportés de Pexonne furent les derniers à avoir franchi le portail avant la libération du camp.

Notes et références

Catégorie:Massacre perpétré par les forces allemandes en France durant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Déportation en Europe Catégorie:Résistance française Catégorie:Histoire de Meurthe-et-Moselle Catégorie:1944 en France Catégorie:Août 1944 Catégorie:Occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale