Zombor, également appelé Gyula II ou Gylas, est un chef tribal hongrois du milieu du . Il se rend à Constantinople, où il est baptisé en 952 et reçoit le nom de baptême d’Étienne.
Biographie Origines gauche|vignette|Le père de Gyula II représenté dans la Chronica Hungarorum comme le troisième capitaine parmi les sept chefs des Hongrois.
Il descend d’une famille dont les membres portent héréditairement le titre de gyula, qui occupe le second rang parmi les chefs de la confédération tribale hongroise. Les historiens hongrois l’identifient à Zombor (Zubor), mentionné dans la Gesta Hungarorum du , bien que l’auteur anonyme de la Gesta présente Gyula (Gyyla/Geula) et Zombor comme deux frères. Selon les chroniques hongroises, l’ancêtre de sa famille est l’un des sept chefs conquérants qui occupent la Transylvanie au moment de la conquête hongroise du bassin des Carpates.
Souverain de Transylvanie L’historien hongrois Gyula Kristó estime que, vers 950, les domaines de Gyula se situent dans la région délimitée par les rivières Temes (Timiș), Maros (Mureș), Körös (Criș), Tisza et Tutisz — cette dernière étant inconnue, mais pouvant correspondre à la Béga —, car cet espace correspond à l’ensemble de la zone d’habitat de la Turkia (Hongrie) telle que la décrit l’empereur byzantin contemporain Constantin Porphyrogénète. L’historien américain d’origine roumaine Florin Curta estime possible que le gyula et le harka — titre d’un autre dirigeant de la confédération tribale hongroise — aient dominé la partie méridionale du bassin des Carpates, car la plupart des objets du d’origine byzantine découverts en Hongrie se concentrent au confluent de la Tisza et du Maros. Selon l’historien hongrois Péter Váczy, la tribu de Gyula se déplace en Transylvanie à son époque.
Gyula et sa tribu établissent leur centre dans l’ancien fort romain d’Apulum, situé dans l’agglomération plus tard connue sous le nom de Gyulafehérvár, aujourd’hui Alba Iulia, en Roumanie. Signifiant « château blanc du Gyula », le nom de la ville et de la forteresse fait référence à Gyula II. Sous sa direction, son clan constitue, selon l’historien Gyula Kristó, un « État tribal » au sein de la principauté de Hongrie, dominant les tribus du nord et du sud de la Transylvanie. Les différents groupes slaves, avars et surtout bulgares présents dans la région sont soumis par les Hongrois et intégrés à leur propre ordre socio-économique. Les recherches archéologiques, historiques et linguistiques montrent que Gyula étend son influence au sud de la Transylvanie, où plusieurs historiens avaient autrefois situé à tort la principauté bulgare du seigneur local Kean.
Baptême vignette|droite|Ruines d’une église chrétienne du à Alba Iulia, en Roumanie. Selon certaines théories, elle aurait servi de siège à la métropole de Tourkia, créée sous le règne de Gyula II.
Jean Skylitzès rapporte que, vers 952, Gyula se rend à Constantinople, où il est baptisé, l’empereur le relevant lui-même des fonts baptismaux. À la différence de cette datation à 952, l’historien roumain Alexandru Madgearu place la visite de Gyula à Constantinople en 948, lorsque les chefs Bulcsú et Termacsu sont également envoyés dans la ville comme ambassadeurs du grand-prince Fajsz. Durant son séjour à Constantinople, Gyula reçoit également le titre honorifique de patrice.
Un évêque nommé Hiérothée est donné à Gyula et l’accompagne lors de son retour en Turkia — c’est-à-dire en Hongrie. Gyula adopte ainsi la foi chrétienne, et plus précisément sa forme orthodoxe orientale de tradition byzantine. Selon des sources en vieux-slave, notamment la Chronique de Nikon, Gyula reçoit le nom chrétien d’Étienne (Stefan ou Stephanos).
Hiérothée, nommé évêque de Tourkia par le patriarche Théophylacte de Constantinople, convertit de nombreux Hongrois. Dans l’un de ses ouvrages rédigés à peu près à la même époque, Constantin Porphyrogénète associe la aux territoires situés à l’est de la Tisza, c’est-à-dire à la zone correspondant aux terres du gyula. De nombreuses découvertes de monnaies byzantines du , de boucles d’oreilles, de croix-reliquaires et d’objets similaires sont attestées dans la région de Szeged. Selon l’historien Paul Stephenson, ces deux éléments indiquent que les domaines de Gyula se situaient près du confluent de la Tisza et du Maros. À l’inverse, l’historien hongrois Gábor Thoroczkay estime que la mission de prosélytisme d’Hiérothée se déroule en Transylvanie, où Gyula aurait alors déplacé le centre de son pouvoir.
Les relations de coopération entre l’Empire byzantin et Gyula se maintiennent vraisemblablement jusqu’en 958, lorsque Constantin VII cesse de verser un tribut aux Hongrois à la suite de leur défaite à la bataille du Lechfeld. L’évêque Hiérothée doit alors quitter immédiatement la Hongrie.
Gyula II a un fils, Prokui — Gyula III —, qui lui succède comme chef tribal en Transylvanie, ainsi que deux filles, Karold et Sarolt. Cette dernière devient l’épouse de Géza. Leur seul fils connu, Étienne Ier, est couronné comme premier roi de Hongrie.
Notes et références
Annexes Bibliographie . . . .
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