Eléonore « Nora » Rozenbroek, née à Amsterdam le et morte à en Indonésie le , est une militante néerlandaise, fondatrice du mouvement féministe Dolle Mina. Elle participe activement aux actions spectaculaires du groupe à ses débuts. Elle reprend des études à la fin des années 1970 pour devenir pharmacienne. Dans ce cadre, elle se spécialise dans les médicament psychiatriques et contre le HIV.
Biographie
Famille et jeunesse Eléonore Margaretha Augustina Adriana Rozenbroek, dite Nora, est née le 28 décembre 1944 à Amsterdam. Elle est la fille de Meindert Rozenbroek (1909-1949), importateur, et de Selly Lobatto (1910-1979), infirmière et a un frère, de deux ans plus jeune.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Meindert Rozenbroek est emprisonné à Amersfoort et à Vught pour avoir falsifié des documents d'identité.
Selly Lobatto travaille alors comme infirmière à l'hôpital Hollandse Schouwburg, où elle aide à sauver des enfants juifs. Elle est elle-même d'origine juive.
Meindert Rozenbroek se suicide en 1949, alors que Nora a cinq ans. Selly Lobatto projette d'émigrer aux Etats-Unis avec ses enfants et s'y rend seule, en 1951, en vue de préparer leur arrivée. Nora et son frère sont placés, en attendant, auprès de la Fondation Berg, un foyer pour orphelins juifs, à Laren. L'émigration n'a finalement pas lieu et Nora Rozenbroek fréquente l'école primaire de la rue IJsselstraat, puis le lyceum Comenius d'Amsterdam pour ses études secondaires. A partir de 1963, elle étudie la biochimie à l' Université d'Amsterdam et, parallèlement, obtient une licence de philosophie et un diplôme d'études supérieures en médecine. Indignée que les postes de doctorat soient systématiquement attribués à des hommes, elle décide de militer pour l'égalité des droits entre les hommes et les femmes.
Féminisme et Dolle Mina Elle rallie le mouvement féministe Dolle Mina, dès ses débuts, en 1970. D'après plusieurs sources, dont l'historienne Selma Leijdesdorff (nl) et Nora Rozenbroek elle-même, c'est elle qui aurait trouvé le nom du mouvement, à partir de Ijzeren Mina (Mina de fer), surnom de la féministe Wilhelmina Drucker, adapté en Dolle Mina, Mina la folle.
Nora Rozenbroek est très active dans ce collectif et fait souvent office de porte-parole, dès la première action le 23 janvier 1970, l'occupation de l'école de commerce de Nijenrode qui n'inscrit que des élèves de sexe masculin.
Elle participe aux activités ludiques de Dolle Mina, comme la revendication du « droit d'uriner » durant laquelle les membres ferment les toilettes publiques pour hommes à l'aide de rubans roses en signe de protestation contre l'absence de toilettes publiques pour les femmes. .
En 1970, lors d'une action contre l'élection de Miss cinéma, le cinéaste Pim de la Parra, membre du jury est kidnappé par les féministes et c'est Nora Rozenbroek qui décide du moment de sa libération.
Après une action de Dolle Mina pour dénoncer le harcèlement de rue, en sifflant et interpellant les hommes dans le centre de la ville, Nora Rozenbroek déclare dans le journal Het Vrije Volk qu'elles souhaitent dénoncer l'absurdité du harcèlement masculin : .
Elle s'amuse à détourner le slogan de Dolle Mina concernant l'avortement : Baas in eigen buik! (maîtresse dans mon propre ventre) en Baas in eigen lab! (maîtresse dans mon propre labo), adapté à sa situation.
Elle quitte rapidement les Dolle Mina pour s'installer à Ibiza en 1971. Elle a une fille avec l'artiste américain Jesse Richardson. En 1974, elle retourne à Amsterdam avec sa fille qui nécessite des soins intensifs en raison d’un handicap. Elle devient rédactrice à l’ Encyclopédie Winkler Prins. Deux ans plus tard, elle rencontre le psychiatre Piet Bakker, qu'elle épouse en 1979 et avec qui elle a trois enfants. Sur ses conseils, Nora Rozenbroek commence des études de pharmacie en 1977.et, avec son aide financière, reprend une pharmacie sur le Vijzelgracht à Amsterdam.
Pharmacienne Elle se spécialise dans les médicaments psychiatriques et sa pharmacie devient référente pour plusieurs cliniques dont elle supervise les traitements médicamenteux. Elle produit du cannabis médicinal et fournit des médicaments expérimentaux contre le VIH.
Vers 1980, elle voyage en Indonésie, et s'engage dans le soutien aux centres de soin locaux en leur fournissant des médicaments. Elle y défend également les droits des patients séropositifs ou atteints du sida.
Soutien à Jean Le Mayeur Elle s'engage également dans la promotion de Jean Le Mayeur (1880-1958), un artiste belge qui vit et travaille à Bali. Elle s'implique dans le et la restauration de ses peintures.
Fin de vie Nora Rozenbroek décède d'un cancer du sein le 25 octobre 2012 à l'âge de 67 ans, à Sleman, Yogyakarta, en Indonésie.
Reconnaissance En 2013, l'historienne Els Kloek lance le projet 1001 Vrouwen uit de Nederlandse geschiedenis (1001 Femmes de l'histoire des Pays-Bas) pour mettre en lumière la vie de femmes remarquables de l'histoire des Pays-Bas. Elle publie le livre 1001 vrouven in de 20st eeuw la même année et le Musée d'Amsterdam organise une exposition sous le même titre. Nora Rozenbroek figure parmi ces femmes.
En 2025, le même musée, toujours dans une volonté de redonner de la visibilité aux femmes qui ont joué un rôle dans l'histoire de la ville, organise l'initiative Femmes d'Amsterdam – une ode, comprenant une plateforme internet, un livre et un podcast. Nora Rozenbroek fait partie de ces femmes honorées.
Références
Voir aussi
Bibliographie (Hommage nécrologique))
Pages connexes Féminisme aux Pays-Bas Dolle Mina
Liens externes
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