Marie Louise Bottineau Baldwin (née le à Pembina dans le Territoire du Dakota et morte le à Los Angeles en Californie) est une avocate, militante des droits des Amérindiens et une suffragette ojibwée issue de la tribu de Turtle Mountain. En , Baldwin est la première étudiante amérindienne à obtenir son diplôme du Washington College of Law de l'American University. Elle travaille au Bureau des affaires indiennes des États-Unis et est officier dans la Société des Indiens d'Amérique.
Famille et éducation Le grand-père paternel de Baldwin est l'explorateur Ojibwé (Chippewa)-Canadien français Pierre Bottineau. Sa grand-mère paternelle est la première épouse de Pierre, Geneviève « Jennie » LaRence. Son père, Jean-Baptiste Bottineau, est le deuxième des neuf enfants de Pierre et Jennie. Il devient avocat et militant pour la nation Ojibwé (Chippewa) au Minnesota et au Dakota du Nord. Sa mère est Marie Renville Bottineau.
Marie Louise Bottineau naît le 14 décembre 1863 sur le territoire ojibwé, qui allait plus tard faire partie du Dakota du Nord. Elle a une sœur nommée Lillian et une autre décédée en bas âge nommée Alvina Clementa. Elle s'identifiait ouvertement comme ayant un héritage mixte et, à l'âge adulte, se considérait comme une « Indienne française » ou une « Chippewa française ». En 1867, Marie déménage avec sa famille au Minnesota où elle fréquente l'école publique et l'Académie Saint-Joseph. Elle passe également du temps au St. John's Ladies College de Winnipeg au Canada. Plus tard dans sa vie, en 1912, elle s'inscrit au Washington College of Law, école de droit de l'American University, où elle termine un cursus de trois ans en seulement deux ans. Elle est la première Amérindienne et la première femme de couleur à obtenir un diplôme de cette université.
À 24 ans, Marie Bottineau épousa un homme d'affaires blanc nommé Fred S. Baldwin, mais le mariage ne dura que quelques années.
Défense des droits des Amérindiens Bottineau Baldwin consacre une grande partie de sa vie professionnelle à la défense des droits des Amérindiens. Dans les années 1890, elle s'installe à Washington, DC, avec son père pour défendre les droits territoriaux des Ojibwés de Turtle Mountain contre le gouvernement fédéral. En 1904, après que le Congrès eut réglé les revendications, Bottineau Baldwin accepte une nomination du président Theodore Roosevelt pour servir comme commis à l'Office of Indian Affairs (OIA) et est chargée de superviser les contrats gouvernementaux avec les réserves. Elle est l'une des deux seules personnes autochtones employées au bureau de Washington à l'époque. Bottineau Baldwin travaillera pour l'OIA jusqu'à sa retraite en 1932.
Bottineau Baldwin devient également une membre précoce et active de la Société des Indiens d'Amérique (SAI), une organisation de défense des droits autochtones fondée en 1911. En 1914, alors qu'elle siège au Conseil exécutif de la SAI, Bottineau Baldwin participe à une délégation auprès du président Woodrow Wilson, présentant un mémoire qui contestait le statut de tutelle de nombreux peuples autochtones. Lors d'un banquet après la réunion à la Maison Blanche, Bottineau Baldwin prononce un discours intitulé « Ce qu'une femme indienne a à dire pour sa race ». En 1915, Bottineau Baldwin est élue trésorière de la SAI, mais peu de temps après, elle commence à se sentir marginalisée et attaquée par d'autres dirigeants de l'organisation, notamment Zitkala-Sa (Gertrude Simmons Bonnin), qui remet en question la loyauté des employés autochtones du Service indien fédéral. Les tensions au sein de la SAI qui se sont accumulées dans une série de conflits et de pertes d'amitiés ont conduit Baldwin à se retirer de l'organisation et de la scène nationale de l'activisme autochtone en 1919.
Après ses études, Bottineau Baldwin est une oratrice influente pour la Société des Indiens d'Amérique. Ses sujets portaient principalement sur l'évolution de l'identité des Amérindiens jusqu'à l'époque moderne. En tant que l'une des rares femmes autochtones employées par le gouvernement fédéral de Washington et avocate, Bottineau Baldwin a attiré l'attention des médias.
Défense du suffrage féminin Bottineau Baldwin participe aux efforts pour le suffrage des femmes dans le Dakota du Nord. En 1913, elle défile à Washington, dans le cadre du défilé national pour le suffrage des femmes. Plutôt que de créer un char allégorique en hommage aux femmes amérindiennes, comme le suggéraient les organisateurs du défilé, elle choisit de défiler en tant que femme autochtone moderne avec d'autres avocates et suffragettes. Bottineau Baldwin a également participé aux conférences du lac Mohonk en 1909, 1910 et 1912 pour représenter le Bureau des affaires indiennes. Là, Bottineau Baldwin s'est engagée dans l'élaboration de politiques publiques avec des dirigeants de différentes communautés. En tant que l'une des rares représentantes autochtones, Bottineau Baldwin a contribué à remettre en question le stéréotype de « » que les Anglo-Américains avaient des Amérindiens. Durant son séjour au , Bottineau Baldwin s’est intéressée au mouvement pour le droit de vote des femmes en participant activement à des conférences pour l’ et en s’engageant dans des « conversations féministes courantes ».
Le jour de sa remise de diplôme au , un journaliste a interrogé Bottineau Baldwin, lui demandant si elle se considérait comme une suffragette. En réponse, elle a ri du commentaire et a dit : « Saviez-vous que les femmes indiennes étaient parmi les premières suffragettes et qu'elles exerçaient le droit de révocation ? » Bottineau Baldwin était fière d'éduquer le public sur le patrimoine autochtone, y compris en ce qui concerne les droits des femmes.
Personnalité publique Bottineau Baldwin a d'abord soutenu l'assimilation des Amérindiens à la culture non-autochtone. Cependant, elle a également fortement mis en avant sa culture autochtone comme faisant partie intégrante de son identité lors de ses engagements publics. En tant que seule étudiante autochtone à fréquenter la faculté de droit, Bottineau Baldwin comprenait l'importance d'être comprise et respectée pour pouvoir se faire entendre. En tant qu'avocate et employée du Bureau des affaires indiennes, Bottineau Baldwin choisit de soumettre une photo d'elle-même en vêtements autochtones au lieu de ses vêtements modernes habituels pour son profil fédéral. Bottineau Baldwin a activement rejeté la notion d'assimilation que l'agence mettait en avant. Le portrait représente Baldwin comme une femme affirmant son identité autochtone tout en travaillant pour le gouvernement fédéral. Lors de ses apparitions publiques, Bottineau Baldwin inspire les membres des communautés autochtones en sensibilisant la population à dépasser les stéréotypes diffamatoires concernant les Amérindiens. De 1910 à 1912, elle est invitée comme oratrice officielle aux cérémonies de remise de diplômes financées par le Bureau des affaires indiennes. Le Bureau des affaires indiennes finance ses voyages parce qu'il pensent que la présence de Bottineau Baldwin en tant que « femme autochtone qui a réussi » impressionnerait les diplômés. La tenue traditionnelle ojibwée de Bottineau Baldwin a contribué à véhiculer une « identité indienne moderne » lors de ses apparitions publiques et de son travail avec la Société des Indiens d'Amérique.
Bottineau Baldwin a stratégiquement promu son programme politique lors de ses apparitions publiques. Elle a attiré l'attention des médias en raison de la « fascination du public » pour sa présence culturelle.
Mort et héritage Bottineau Baldwin déménage à Los Angeles en 1949. Elle y est décédée d'un accident vasculaire cérébral en 1952 et a été enterrée au Forest Lawn Memorial Park. Une bourse Marie Bottineau Baldwin a été créée par l'association étudiante du Washington College of Law. En 2020, lors de la commémoration du centenaire de la ratification du dix-neuvième amendement, la revue Minnesota History a appelé à une plus grande reconnaissance publique de Marie Louise Bottineau Baldwin et d'autres suffragettes autochtones.
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