L’Encyclopédie du Mouvement wallon est une encyclopédie en quatre « tomes », publiée en français de 2000 à 2010, par l'Institut Jules-Destrée sous la direction de Paul Delforge, Philippe Destatte et Micheline Libon, et consacrée au Mouvement wallon.

Présentation L'ouvrage contient la biographie d'une longue liste de militants wallons qui ont œuvré pour la reconnaissance de la Wallonie politique depuis la fin du , qu'il s'agisse de Premiers ministres, de lauréats du Prix Francqui, de parlementaires, de syndicalistes, de bourgmestres de grandes villes, de résistants assassinés, d'écrivains, ou d'autres. Certaines notices d'à peine deux lignes sont consacrées à des militants obscurs. : parfois, seul le nom de famille est connu ou seul un fait est notoire. Denis Ghesquière note que pour Philippe Destatte, ces modestes notules signifient que et estime lui-même que ce foisonnement de patronymes

L'encyclopédie retrace aussi tous les événements importants qui ont jalonné la voie de l'autonomie wallonne, et comprend des articles consacrés aux différents partis politiques ou mouvements qui ont été importants à un moment ou un autre pour la Wallonie.

La période couverte dans les trois premiers tomes (A à Z) va de 1880 à 1980, ce qui signifie que les personnes qui ont pu se révéler comme engagées dans le mouvement wallon de manière publique et significative après 1980 – tels Paul Ficheroulle ou Jacques Dubois – n'y figurent pas nécessairement. Ceci sera en partie rectifié avec la publication, en 2010, d'un tome 4, consistant en une biographie de 425 « parlementaires et ministres de la Wallonie » de 1974 à 2009.

Le Mouvement wallon ne s'est pas contenté de se mobiliser sur des matières touchant aux problèmes communautaires au sens restreint du mot, mais, comme cela apparaît dans l'Encyclopédie, s'est également toujours intéressé aux problèmes de société et aux problèmes nationaux et internationaux : instruction obligatoire, politique industrielle, politique sociale, contrôle des holdings, politique des alliances militaires, décolonisation du Congo, Question royale, laïcité de l'État, résistance à l'occupant, politique européenne, politique culturelle (dont Jules Destrée fut l'un des initiateurs), politique communale, investissements publics, unification des réseaux d'enseignements, police et gendarmerie, armée, etc.

Dans les trois premiers tomes de l'encyclopédie, qui comptent près de pages, on trouve un total de entrées. Une édition, considérablement revue et augmentée par rapport à la version papier, a été publiée sur CD-ROM. Un tome 4, complémentaire, a été publié en 2010. Paul Vaute écrit dans La Libre Belgique que cela a représenté « dix années de travail, une soixantaine d'universitaires et un budget global de quelque 66,7 millions (1,65 million d'euros), avec l'appui du gouvernement wallon et de la Communauté française (Fonds de la recherche fondamentale et collective d'initiative ministérielle)Paul Vaute Le mouvement wallon en 1.800.000 mots dans La Libre Belgique du 11 janvier 2001. Lire en ligne Le mouvement wallon en 1.800.000 mots.»

Tome I (A-E), publié le , Tome II (F-N), publié le , Tome III (O-Z), publié le éd. sur CD-ROM, publiée le , Paul Delforge, Encyclopédie du Mouvement wallon, tome IV : Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), 2010, 600 pages.

Réception critique Universitaire L’Encyclopédie du Mouvement wallon est considérée par des historiens tels que Chantal Kesteloot, Maarten Van Ginderachter et Lode Wils comme un outil indispensable à la connaissance de ce mouvement et comblant une lacune relevée en 1981 par l’historien et homme politique Hervé Hasquin.

Celui-ci, comme le rapporte Le Soir, lors de l'édition de l'encyclopédie en format électronique, souligne à quel point cette recherche est « fondamentale » et ce qu'elle représente comme « atouts supplémentaires », pour les chercheurs, les curieux ou les journalistes passionnés « par l'émergence de l'identité wallonne Christian Laporte, Mouvement wallon électronique dans Le Soir du 5 mai 2003. Lire en ligne Mouvement wallon électronique..»

Maarten Van Ginderachter estime néanmoins que l'ouvrage a un « profil ambigu », à la fois scientifique et militant, et considère que si l’historiographie engagée n’est pas critiquable en soi, . Il note aussi que la ligne entre militants et chercheurs « est parfois bien tenue ». Il critique la définition du militant wallon et la méthodologie de l'insertion des militants, qui ne dit « nulle part qu'ils doivent être actifs dans le Mouvement » ce qui permet aux encyclopédistes d'intégrer une « longue liste de petits militants — dont le prénom est parfois ignoré — qui ont droit à une notice pour un unique fait d'armes».

Selon Chantal Kesteloot, elle-même auteure de plusieurs notices, lEMW , notamment les rapports du Mouvement wallon avec l'État belge ou avec le Mouvement flamand. Elle juge que ce dernier est implicitement considéré comme l’.

Elle établit aussi un parallèle entre l'''EMW et la première version de l' : ..

Geneviève Warland dans La Revue nouvelle compare lEMW avec la Nieuwe Encyclopédie van de Vlaamse beweging (Nouvelle encyclopédie du mouvement flamand), parue en 1998. Pour elle, la première contient surtout des noms de personnes, des « réalités sociales et politiques de même que quelques notions historiques » tandis que la seconde, « des articles plus conceptuels », comme Natievorming (Construction de la nation) ou De Naties in België anno 2000 : concepten en perpectieven (Les nations en Belgique en 2000 : conceptions et perspectives), qui ne s'appliquent pas au seul cas flamand mais vise la Wallonie et d'autres paysGeneviève Warland, « Nationalismes : le débat ,des historiens belges » dans La Revue nouvelle, p. 60-69, p. 61. lire en ligne : le débat ,des historiens belges. .

Selon cette auteure, les historiens belges s'entendent sur le fait que la Belgique n'est pas une pure et simple construction de la diplomatie européenne, sur le caractère construit et évolutif de la nation. Ce qui les différencie, c'est, chez les Flamands, le recours à un concept anglo-saxon plus formel du nationalisme défini « par un degré élevé d’intégration communautaire résultant d’un réseau de relations sociales » et, du côté wallon et francophone, le recours à la distinction d'Ernest Renan entre nation civique et nation ethnique, reposant sur des valeurs : « politiques pour la nation civique (liberté et volonté de vivre ensemble) et culturelles pour la nation ethnique (histoire, culture et langue)Geneviève Parkland, article cité, p.68..»

Lode Wils pointe un et considère que . Il estime que l’histoire scientifique du Mouvement wallon reste à écrire. Par exemple, la tendance à l'objectivité de Paul Delforge, le coordinateur scientifique de l'EMW et auteur de la plus grande partie des notices, est néanmoins limitée par le recours fréquent à des citations issues de la littérature propagandiste, qu'il prend parfois à son compte.

L'Université de Liège met cette encyclopédie au nombre des instruments de recherche qu'elle conseille dans le domaine de l'histoire contemporaine de la Belgique, de la Flandre et de la WallonieHistoire contemporaines, notamment p. 58. Le Cercle d'Histoire de l'Université libre de Bruxelles fait de mêmeEncyclopédie de l'histoire contemporaine.

Le département d'histoire contemporaine de l'université de Liège considère que, avec les volumes La Wallonie, le Pays et les Hommes, « sur de nombreux sujets » ces ouvrages sont actualisés par l'Histoire culturelle de la Wallonie Histoire contemporaines, p. 58..

Médiatique Pour Manu Ruys, ancien éditorialiste du Standaard, : ainsi, la volonté de ne pas entacher l’histoire du Mouvement wallon par le fascisme expliquerait le rejet d’un article détaillé sur la collaboration écrit par l’historien Alain Colignon et la grande concision de l’article finalement retenu. Il pense que l'approche de l'ouvrage qu'il estime « wallingante », ne porte cependant pas atteinte à sa valeur d'ensemble.

Dans Le Soir, Christian Laporte — par ailleurs contributeur à l'''EMW — relève que d'aucuns soulignent que « l'extrême droite et les fascistes wallons» en sont « quasi absents », mais il poursuit : « Faux ! Pour les auteurs, on n'a nullement fait l'impasse sur certains wallingants qui avaient mal tourné, mais il est vrai que la Légion Wallonie peut difficilement être classée dans le Mouvement wallonHistoire L'encyclopédie est, enfin, complète Le Mouvement wallon de A jusqu'à Z dans Le Soir du 4 juillet 2001Histoire L'encyclopédie est, enfin, complète Le Mouvement wallon de A jusqu'à Z.»

Paul Vaute, dans la libre.be, doute que les nombreux groupements répertoriés dans l'EMW aient eu chaque fois une « base réelle ». Il y décèle également « parfois un peu de flou à la frontière entre démarche de chercheurs et démarche de militants.. »

José Fontaine, directeur de la revue Toudi et un des rédacteurs du Manifeste pour la culture wallonne, regrette l’absence d’une notice consacrée à la culture wallonne, mais considère que l’intérêt de l’ouvrage est et de permettre la mise en récit de l’histoire du Mouvement wallon et de la Wallonie en général.

Notes et références

Annexes Bibliographie . . . . . . . . . .

Articles connexes Encyclopedie van de Vlaamse Beweging La Wallonie, le Pays et les Hommes Histoire culturelle de la Wallonie

Liens externes Présentation de l'encyclopédie du Mouvement wallon sur le site de l'Institut Destrée

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