Edward Holland Hughes, généralement désigné sous les formes E. Holland Hughes ou Holland Hughes, né le et mort avant le , est un solicitor et dirigeant de football britannique. Figure du monde juridique et économique de Liverpool, il préside la Liverpool Law Society en 1957-1958 et exerce pendant de nombreuses années les fonctions de secrétaire et de conseiller juridique de la Football Pools Promoters' Association.

Élu au conseil d'administration de l'Everton Football Club en 1958, il devient progressivement l'un des principaux collaborateurs de John Moores. Président du comité des finances et régulièrement porte-parole du club, il succède à Moores comme président du conseil d'administration le . Sous sa présidence, Everton remporte la Coupe d'Angleterre 1966 et Goodison Park accueille plusieurs rencontres de la Coupe du monde de football 1966.

Holland Hughes démissionne de la présidence en mai 1967 et est remplacé par Jack Sharp.

Biographie

Origines et carrière juridique

Le registre des baptêmes de l'église St Bridget de Wavertree, dans l'actuelle ville de Liverpool, permet d'établir le nom complet et la date de naissance du futur dirigeant. Edward Holland Hughes, fils de John Holland Hughes et de Mary Eleanor Hughes, est baptisé le 25 mai 1902 ; le registre indique qu'il est né le 9 avril précédent et que sa famille réside alors au 77 Brookdale Road.

Hughes devient solicitor à Liverpool et fait carrière au sein du cabinet North, Kirk & Company, dont il est ensuite l'un des associés principaux. Des avis légaux publiés dans la London Gazette attestent son activité professionnelle sous son nom complet, Edward Holland Hughes, à la fin des années 1940. En 1964, la presse le présente encore comme l'un des principaux responsables de North Kirk and Company.

Sa place dans le milieu juridique local dépasse l'exercice de sa profession. La Liverpool Law Society le choisit comme président pour l'exercice 1957-1958, sous la forme « E. Holland-Hughes » dans la liste historique de l'institution. Les journaux de Liverpool rappellent régulièrement cette ancienne présidence lorsqu'il devient ensuite une personnalité de la direction d'Everton.

Football pools

Avant son entrée au conseil d'administration d'Everton, Holland Hughes est étroitement lié à l'industrie britannique des football pools. Il exerce pendant plusieurs années les fonctions de secrétaire et de solicitor de la Football Pools Promoters' Association, organisation représentant les sociétés de paris basés sur les résultats des matches de football.

Cette activité remonte au moins à l'avant-guerre. Dans les années 1930, l'association intervient dans le conflit qui oppose les promoteurs de pools aux instances du football professionnel à propos de l'utilisation des listes de rencontres. Une étude universitaire de Mark Clapson consacrée à l'histoire sociale des pools relève notamment une correspondance envoyée en 1936 par Holland Hughes au secrétaire de la Football Association, Stanley Rous, au nom des promoteurs. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la presse continue de le présenter comme secrétaire et conseiller juridique de l'association lorsqu'elle prend position sur l'avenir économique du football.

Son association avec ce secteur le rapproche professionnellement de John Moores, fondateur de Littlewoods et acteur majeur des pools britanniques. La presse de Liverpool qualifie plus tard Holland Hughes de proche associé d'affaires de Moores et précise qu'il est lié à l'industrie des pools depuis l'avant-guerre.

Entrée au conseil d'administration d'Everton

Holland Hughes se présente au conseil d'administration d'Everton en 1958. Sa candidature donne lieu à une controverse institutionnelle. Dans une lettre du 2 juin, la Football Association fait savoir au club qu'il n'est pas, à ce moment-là, éligible en raison de ses fonctions auprès de la Pool Promoters' Association. Hughes abandonne alors son secrétariat de l'organisation. La FA informe ensuite Everton qu'elle ne s'oppose plus à son élection.

Lors de l'assemblée générale du 19 juin 1958, plusieurs actionnaires demandent des explications sur la chronologie de cette démission, avant d'accepter la nouvelle position de la FA. Le scrutin conduit à la réélection de Jack Sharp et Colin Askham et à l'élection de R. A. Joynson et Holland Hughes. Ce dernier obtient 1 195 voix et entre ainsi au conseil d'administration.

Un programme officiel d'Everton de la saison 1958-1959 confirme sa présence parmi les administrateurs du club.

Sa démission de l'association des pools constitue une étape comparable à celle franchie peu après par John Moores. Lorsque celui-ci rejoint à son tour le conseil d'Everton en 1960, la presse souligne que Moores suit en quelque sorte l'exemple de Holland Hughes, qui avait renoncé à son poste dans l'industrie des pools avant d'entrer dans la direction du club.

Finances et modernisation du club

Holland Hughes prend rapidement une place importante dans l'administration d'Everton. Sa compétence professionnelle l'oriente particulièrement vers les questions financières et juridiques. Il devient président du comité des finances du club et, lorsque John Moores est absent, fait régulièrement fonction de principal porte-parole du conseil.

Cette responsabilité est visible dans la présentation des comptes du club. En 1962, il commente notamment l'évolution des dépenses d'Everton après l'abolition du salaire maximum des joueurs. Le club enregistre alors des recettes de plus de 265 000 livres et un bénéfice comptable, malgré l'augmentation des salaires et d'importants frais d'entretien de Goodison Park. Il demeure administrateur lorsque le club remporte le championnat d'Angleterre 1962-1963 et est réélu par les actionnaires en juin 1963.

Son apport est également juridique. En 1962, lorsque l'entreprise de construction Tysons propose à Everton de racheter Bellefield, le terrain d'entraînement utilisé par le club, le conseil charge Holland Hughes de négocier l'acquisition. Les procès-verbaux du conseil conservés dans l'Everton Collection montrent que l'opération aboutit la même année pour environ 25 000 livres. Bellefield devient ensuite pendant plusieurs décennies le principal centre d'entraînement d'Everton.

Holland Hughes représente aussi régulièrement le club à l'étranger. Lors du tournoi international organisé en Amérique du Nord en 1961, il accompagne Everton et s'exprime publiquement après la finale perdue contre le Dukla Prague. En 1964, il est désigné comme administrateur responsable de la tournée australienne du club.

Il doit cependant interrompre son séjour après avoir été hospitalisé à Sydney pour des complications liées au diabète ; Fred Micklesfield prend alors la direction de la délégation pour la suite de la tournée. La presse précise à cette occasion qu'Hughes est candidat à un siège au comité de gestion de la Football League.

Conseiller juridique d'Everton

Parallèlement à son statut d'administrateur, Holland Hughes intervient comme solicitor du club dans plusieurs affaires sensibles. Cette double fonction est particulièrement visible en 1964, lorsqu'un journal dominical publie des accusations concernant une tentative présumée de corruption autour d'une rencontre entre Everton et West Bromwich Albion.

Le conseil d'administration demande alors à pouvoir entendre les enregistrements sur lesquels le journal affirme fonder son enquête. Holland Hughes, présenté par le Liverpool Echo à la fois comme administrateur et solicitor d'Everton, mène des entretiens avec les personnes concernées et rend publique la position du club.

Le mois suivant, il annonce que plusieurs joueurs d'Everton, dont Roy Vernon, Alex Young et Alex Parker, ont donné instruction d'engager des actions judiciaires contre le journal The People.

Cette activité contribue à faire de lui l'un des membres les plus visibles du conseil dans les dernières années de la présidence de John Moores.

Président d'Everton

Le , John Moores annonce aux actionnaires qu'il quitte la présidence d'Everton tout en demeurant administrateur. Le lendemain, lors d'une réunion spéciale du conseil, Holland Hughes est élu pour lui succéder. Jack Sharp devient vice-président.

Sa désignation est largement attendue. La presse locale souligne qu'il préside déjà le comité des finances, qu'il représente le club lorsque Moores est absent et qu'il entretient depuis longtemps des relations professionnelles avec son prédécesseur. Le 4 août, pour sa première rencontre avec les joueurs en qualité de président, Hughes insiste sur la continuité avec l'ère Moores et se présente comme un interlocuteur disponible pour l'ensemble de l'effectif. Quelques jours plus tard, il dirige la délégation du club lors d'une tournée de préparation en Norvège.

Son mandat coïncide avec une période sportive importante. Everton atteint la finale de la Coupe d'Angleterre 1965-1966 et bat Sheffield Wednesday 3-2 à Wembley le 14 mai 1966, remportant la compétition pour la troisième fois de son histoire. Holland Hughes est ainsi le président du conseil lors de ce succès.

La même période voit Goodison Park accueillir cinq rencontres de la Coupe du monde de football 1966, dont une demi-finale. Le choix du stade avait été annoncé plusieurs années auparavant et des travaux d'adaptation sont entrepris avant le tournoi. En août 1965, Hughes intervient publiquement à propos des coûts de relogement liés à certaines améliorations autour du stade, une dépense dont John Moores garantit personnellement le financement.

En janvier 1966, après une défaite à Blackpool, le départ de l'équipe est entouré par une foule de supporters mécontents. La presse rapporte que Holland Hughes condamne les incidents et qu'il réaffirme ensuite devant les joueurs la confiance du conseil envers l'entraîneur Harry Catterick. Les récits ultérieurs divergent sur la gravité exacte de l'épisode, mais l'intervention de Hughes témoigne du soutien institutionnel accordé au manager au moment où les résultats sont discutés.

Démission et fin de vie

Les listes rétrospectives donnent parfois à Holland Hughes une présidence allant jusqu'en juin 1968. Les documents internes et la presse contemporaine conduisent toutefois à une autre chronologie. Le relevé des dirigeants établi à partir des archives d'Everton donne Holland Hughes président pour les saisons 1965-1966 et 1966-1967, puis Jack Sharp dès 1967-1968.

Une rétrospective du Liverpool Echo publiée en 1970 fournit la précision décisive : Jack Sharp devient président en mai 1967, à la suite de la démission de Holland Hughes. Dans le même temps, George Watts est coopté au conseil. Le mandat présidentiel de Hughes doit donc être situé du 30 juillet 1965 à mai 1967.

Les sources consultées ne donnent pas de motif suffisamment établi pour attribuer cette démission à son état de santé, malgré l'hospitalisation qu'il avait connue en Australie trois ans auparavant.

La date exacte de sa mort n'a pas été retrouvée dans la documentation consultée. Un document des archives de Jersey conserve cependant une copie, provenant du District Probate Registry de Liverpool, du testament d'Edward Holland Hughes, domicilié à Edenholme, 19 Garth Drive, Liverpool, et professionnellement au 507 Corn Exchange Building, Fenwick Street. Le testament avait été établi le 18 mai 1961 et le dossier successoral porte la date du 4 juin 1968. Le Liverpool Echo le qualifie rétrospectivement de défunt en 1970. Faute d'un acte de décès ou d'une nécrologie identifiée, le jour et le lieu précis de sa mort ne sont pas retenus.

Place dans l'histoire d'Everton

La trajectoire de Holland Hughes est caractéristique de la transformation de l'administration des grands clubs anglais après la Seconde Guerre mondiale. Contrairement à plusieurs dirigeants issus principalement du commerce local ou de l'actionnariat historique du club, il apporte à Everton une compétence juridique professionnelle et une expérience acquise dans l'industrie des football pools.